Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Visuel du Blog : Cécile Urbita

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

Suite aux nombreux échanges de mails avec mes ami(e) bloggers - Un Air de Théâtre avec Yann, Clémence et Laura, le Tadorne avec Pascal Bély, Un Soir ou un Autre avec Guy Degeorges, Images de danse avec Jérôme Delatour, à la réunion qui eût lieu le samedi 11 octobre 2008, il apparaissait de façon bien plus nette que l'anonymat ne semblait pas se justifier.

En effet, la création de ce blog au départ motivé par une simple mise au propre de notes jetées sur papier, à partager par curiosité, s'est révélé, comme ceux de mes compères, avoir une audience, soulever questions, motiver des échanges, s'inscrire dans un réseau, dans une dynamique, liés aux spectacles, où l'anonymat ne permet pas d'aller au bout de ce procédé d'honnêteté et de sincérité qu'est l'écriture de ce type de blog profondément subjectif et personnel, assumé et défendu comme tel parce qu'une individualité peut avoir aussi, un avis senti et éclairé.

A partir de là, il me faut me présenter :

Née en 1981, je ne suis pas trop vieille.

Dès le plus jeune âge, j'ai pratiqué la danse, ayant une maman danseuse. Mais mes premiers amours furent pour le théâtre.
Le premier coup de coeur fut à Montpellier où, pour fêter le bac, je fis le festival de danse Montpellier. C'est très précisément à ce moment là que je sus que je voulais travailler dans le milieu culturel, être partie prenante de ce qui, pour moi, donnait sens.
Après un parcours des plus académiques; un passage par Sciences Po Bordeaux avant une spécialisation dans le management culturel et des stages en France, Navarre et Belgique, dans des structures toutes aussi différentes les unes que les autres, une première expérience d'administratrice d'une compagnie de danse, j'ai voulu poser mes valises dans mon cher sud ouest : la culture certes, mais le vin rouge, le foie gras et autres nourritures terrestres sont aussi des motivations essentielles !
Je voulais expérimenter quelques unes de mes convictions profondes au sein d'un projet : Le Pas Perdu, un lieu de résidence pour les compagnies de danse professionnelles et de découverte pour tous les publics. Je décidais de créer ma propre occasion de faire pleinement quelque chose qui me passionne puisque le "manque d'expérience" ne me permettait pas dans un premier temps de postuler pour les offres d'emploi les plus intéressantes.
Drôle  d'expérience qu'être jeune porteur de projet ! Il faut aimer très fort et faire beaucoup de compromis, c'est être parent et amant, lucide et désespérément attachée au sujet de toutes ses pensées.
Les résultats sont encourageants même si beaucoup, énormément reste à faire. Lieu d'expérimentations et de liberté, c'est une aventure merveilleuse, d'amour et d'eau fraîche.
Je travaille donc en parallèle pour le Festival Musique sur ciel où je découvre avec tout autant de plaisir la musique de chambre, baroque et contemporaine, d'autres codes et d'autres impératifs.

Et pendant tout ce temps le blog : une parenthèse d'oxygène où j'essaie de garder un regard neuf, spontanné et surtout le plaisir. Aussi étrange que cela puisse paraître, même en étant passionnée, le plaisir peut s'émousser par le "regard professionnel", voir même se culpabiliser, où ne pas s'assumer. Le blog représentait aussi l'espoir de susciter, de partager ses impressions de spectateur, de prolonger l'éphémère. Malheureusement, les lecteurs, trop rarement, entament cette discussion via les commentaires.

L'écriture est vite devenue un autre terrain d'exploration des spectacles, jusqu'à ce qu'il y ait un petit passage à vide. Heureusement, entre-temps il y a eu des rencontres, avec d'autres bloggers et maintenant de nouveaux terrains à explorer. Mais j'y reviendrai ...



Jeudi 23 octobre 2008
- Par Sarah Barreda - Publié dans : Clochettes - Voir les 3 commentaires
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Le Silence

J'ai laissé le blog lettre morte depuis maintenant de nombreuses semaines. Créé il y a presque trois ans, je me suis essouflée. C'est extrêmement difficile d'écrire sur le spectacle vivant, par essence un mode d'expression qui n'inscrit pas sa trace dans la forme figée des mots. Au départ, sans autre prétention que de mettre en ligne comme on met au propre ses notes sur les spectacles, écrire s'est vite transformé en exercice qui permettait de verbaliser et donc de donner corps à mon regard de spectatrice, de prolonger ainsi le souvenir d'un moment fugitif. Au fil de ces trois années toutefois cet exercice enrichissant m'a "séchée". J'ai eu la désagréable sensation de radoter alors même qu'il ne s'agissait pas du tout des mêmes spectacles. Les mots, leur richesse, leur limite, ma faiblesse.

De même, l'exigence d'écriture quotidienne pour garder le blog vivant est devenue une contrainte qui ne m'a pas poussée vers plus de rigueur et d'exigence dans l'écriture même. D'où cette pause salutaire et nécesssaire.

Les bloggers s'organisent

Pendant cette petite pause personnelle, les bloggers du spectacle vivant dont vous trouverez les liens ci-contre, se sont organisés et ont développé cette notion de blog culturel. Ils ont poussé cette envie jusqu'à la création d'un site internet qui nous mette tous en réseau : "Un Air de Théâtre". Beaucoup de questions ont surgi : le rôle des blogs culturels, leur positionnement, leur déontologie ...
La qualité de ces initiatives ont nourri la remise en question qui couvait déjà depuis un petit moment du côté de Clochettes.

Clochettes et la culture

J'ai donc fait un petit point sur ce que je voulais faire de ce blog, sur mon envie et le cadre que je voulais me fixer :

- Je n'écrirai pas sur tout mais présenterai éventuellement des brèves sur ce qui ne fera pas l'objet d'un article.

- Tout en gardant le parti-pris subjectif des articles, je vais essayer de mettre un peu plus de rigueur dans l'argumentation pour retrouver un enjeu, un défi dans ce travail d'écriture et ainsi trouver dans la tenue de ce blog quelque chose qui redevienne plus enrichissant que stérilisant dans mon rapport au spectacle.

- Pour pousser la logique du parti-pris subjectif éclairé, je vais assumer la signature des articles de mon nom et prénom quand j'en serai l'auteur.

- de par mes fonctions, de par l'activité du blog, j'ai envie de croire en un "spectateur-citoyen" : la culture est un enjeu. Face aux difficultés économiques du secteur, face aux difficultés tout court du secteur, il est important d'avoir une vision plus globale de ce qui se passe, de nourrir le débat sur les politiques culturelles, les initiatives associatives, institutionnelles et privées. C'est pourquoi il me semble intéressant, avec cet outil modeste qu'est le blog, d'alimenter ces sujets au sein de l'espace public. Cela fera sûrement l'objet d'une nouvelle rubrique.

- l'outil des spectateurs : et si le temps ne me fait pas défaut comme trop souvent, j'essaierai de rendre plus systématique et visible, les programmations qui dans ma région d'implantation font l'objet des articles !
       Allez au spectacle, prenez ce risque, prenez le risque de trouver des questions, réponses, impressions, expressions inattendues. Venez dans les théâtres, cafés, hangars, friches où le monde ne bouge pas qu'au rythme d'une pulsation anesthésiante.

Mercredi 1 octobre 2008
- Par Sarah Barreda - Publié dans : Clochettes - Voir les 2 commentaires
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Hasard, concours de circonstances, convergences de préoccupations. En peu de temps, j'ai vu No country for old men des fères Cohen et inspiré d'un livre de Mc Carthy, lu la Route  de Mc Carthy et vu la Ballade sauvage de Terrence Malick (me souvenant du même coup un peu de la ligne rouge et un peu mieux  du Nouveau Monde).

La nature, sauvage, objet de fascination, duelle

Fascination : attraction, attrait, aveuglement, éblouissement, envoûtement, magnétisme, séduction

En France, le rapport à la nature est, je crois assez différent. Peut-être que l'influence de Rousseau a été assez forte pour que la nature soit vue comme un facteur de liberté, d'épanouissement de la nature humaine. Entre-temps, les Français, sagement, cultivent leur jardin, la nature devient presque synonyme de campagne, voire même de villégiature. 

Aux Etats-Unis, la tradition, au berceau des pionniers, semble toute autre. Les Etats-unis et leurs grands espaces, une nature qui se manifeste dans ses excés et renvoie l'humain à sa fragilité. Une nature qui s'étale sur des kilomètres, non domestiquée. C'est un drôle de miroir de conscience : elle apparaît souvent grandiose et notamment dans ses manifestations les plus monstrueuses. Les américains, que ce soit par le cinéma et la littérature sont passés maître dans son évocation. 
Il est dès lors étonnant de souligner certains paradoxes, de notre point de vue franco-français : étonnant d'opposer une amérique souvent perçue comme infantile et artificielle et de l'autre ces oeuvres citées de Malick et Mac Carthy où les espaces dépouillent l'humain.
Je ne cite pas ces deux bonshommes au hasard. Tous deux, ne font pas dans l'idéalisme (je maintiens cette affirmation pour ce qui concerne Malick). Le mélange est plus tortueux : une forme de lyrisme sombre dans les descriptions, par le côté hors proportions des descriptions des espaces où la projection noire des pulsions humaines et d'une mortalité sans apparâts est mise en perspectives.

Spiritualité, cynisme, rédemption

A la fin de la Ballade sauvage, je me suis dit : Malick fait du panthéisme romantique dark. Panthéisme parce que la nature nous dépasse, on ne sait pas de l'homme ou de la nature qui va être mangé. Dans la route Mc Carthy fait la synthèse, ce duel titanesque se résout par la présentation d'un univers apocalyptique. Le roman commence sur cette image, la nature est morte, l'homme est mort, on recherche les reliquas de vie chez l'un et chez l'autre avec désespoir. Malgré tout, il y a dans ces oeuvres une âme, une vision qui, sans compromis, n'en est pas moins nourrie d'une forme de spiritualité, voire même de rituels qui se révèlent au fil des pages ou des plans qui lèchent le mystère de la création et de notre monde. 

Romantique aussi parce que face à ces immensités de solitude dans ces cadres naturels, les rapports humains peuvent apparaître anecdotiques et en même temps, l'humain ne se retrouve que dans les vestiges de relationnel qu'il arrive à préserver. Les relations amoureuses, filiales, sont mises à dures épreuves parce que plus aucun jeu n'est possible. Les codes et normes sociales sont hors sujet. 

Dark parce que, sans être désespérée, dans ces oeuvres, on se sent comme ces personnages : au milieu du désert, sans savoir où se planquer. Le personnage de Javiem Bardem dans No country for old men est intéressant parce qu'il cristallise ces différents points. Je l'ai vu comme la Fatalité même. Non pas la mort mais la fatalité. Il agit selon des règles sans cohérences, sans morales mais implacables qui se fondent dans la marche du monde : une mort bête et cruelle, comme toute mort peut-être. Lui même est soumis à un accident, la boucle est bouclée, personne n'échappe à la fatalité, tôt ou tard on l'incarne, au mieux, elle se drape du terme destinée.

Il y a beaucoup de paramètres incontrôlables et une nature profonde (mentale et environnementale) que nous n' apprenons à connaître que face à l'adversité.

C'est beau et terrible : on y retrouve la bible, la mythologie, écologisme et films d'horreur, guerre et tsunami, anticipation et histoire. C'est une convergence de cauchemars et de textes fondateurs.
Comment tuer Gorgone ? undefined

Dimanche 2 mars 2008
- Par Sarah - Publié dans : Clochettes - Voir les 0 commentaires
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J'ai lu récemment le dernier opus de Zadie Smith : "De la Beauté". Le titre peut intriguer. A tort l'éditeur s'est cru obliger de préciser que le livre aurait aussi bien pu s'appeller "De l'amour". "De la beauté" nous plonge dans une tranche de vie d'une famille afro-britannique. Le métissage, la question identitaire et pluriculturelle sont des questions que creusent avec pertinence et humour cette jeune écrivaine. 

Elle nous présente une famille et un couple notamment : Kiki, une personnalité lumineuse et entière, une épouse et une mère qui, tout en ayant une grande lucidité et les pieds sur terre, garde en elle un besoin d'absolu et le porte merveilleusement bien. Toutefois son époux adultère casse cette foi en la trompant. Il trahit son couple en introduisant la médiocrité dans leur histoire. C'est pourquoi "De la Beauté" va si bien au livre. Bien qu'il s'agisse d'histoires de couples et de familles qui auraient pu se réduire à un "De l'amour", il est ici question d'aspiration et d'inspiration, du besoin d'être dans le vrai, de porter haut sa vérité, d'où l'importance du personnage de Kiki et celui, pourtant plus discret de l'épouse Kipps.
J'ai mieux compris ce titre à l'aune des deux derniers spectacles que j'ai vu. Dans Assoiffés, on plonge dans l'histoire d'un adolescent idéaliste et mort alors qu'il a trouvé une réponse à son flot d'interrogations. Le ressort énergique et l'humour de la pièce repose entre autres sur l'ambiguité adolescente : un entre deux, enfant/adulte, tiraillé entre l'exaltation passionnée, entière, sans concession, le sublime, et la contamination des réalités, la tranformation du corps, l'incertitude, la maladresse, le pathétique. La quête de la beauté tout au long de la pièce est comme la recherche d'un vaccin à une mort imminente. La mort néanmoins arrivée, le personnage principal, sauvé par Norvège, peut gagner la postérité.

D'une certaine manière, le même questionnement semble traverser Basso Ostinato. Le pathétique est bien présent, s'exprime physiquement jusqu'à l'écoeurement pour le spectateur. Il y a comme une négation de la Beauté et par là même l'inspiration de la pièce, l'aspiration de nos angoisses.

Il ne s'agit donc plus de crise adolescente mais d'une crise, avec l'opposition entre beauté et pathétique. Le pathétique n'est plus une douleur en soi, paradoxalement si on en revient à l'étymologie du terme, c'est la perte de la beauté qui nous fait souffrir désormais.
Il ne s'agit plus d'une posture esthétique, il s'agit bien d'une question qui vise nos vies, nos choix de vie. Au delà de toute dialectique cartésienne, c'est devenu une question de foi.

Dimanche 20 janvier 2008
- Par Sarah - Publié dans : Clochettes - Voir les 1 commentaires
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Mercredi 21 novembre 2007
- Par Sarah - Publié dans : Clochettes - Voir les 0 commentaires
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