Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Visuel du Blog : Cécile Urbita

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

Dimanche 9 novembre - Scène Nationale d'Albi

Alors, je sais. Les phrases sont toutes trouvées et il me suffit de citer le Monde (janvier 2008) " Le théâtre de la pauvreté ahurie (...) Le déséquilibre, le dérisoire, la maladresse dégagent chez Trottola une magie douce (...)."

Pourquoi cette impression de déjà vu, l'impression qu'il y a, en nouveau cirque, toute une série de productions qui utilisent un univers similaire et des ficelles assez identifiables. Essayons de creuser cela :

- Chapiteau et technicité : c'est un espace intéressant qui permet une grande proximité avec le public, un espace d'intimité qui met en valeur les numéros et qui même, invite au numéro. Le cirque Trottola composé de très bons techniciens, sert une série de numéros (jonglage, accro-portés ...) avec un véritable savoir-faire. Les propositions qui se doivent et se veulent décalées ("nouveau cirque") sont toutefois, sur ce point, assez frileuses, faites de petites trouvailles mais sans réelle surprise. Le jeu est présent mais ne convainc pas. Ils ont des physiques, jouent de ça, mais maladroitement. Pour Bonaventure, on est assez loin du Boudu. La subtilité se veut dans les regards et les silences tandis que la façon de se déplacer trace le trait définitif et limité de la recherche corporelle qui définit les personnages. Dès lors, ils s'appuient sur cette proximité avec le public pour créer une complicité toute trouvée, évidente et impulser un rythme croisière au spectacle, ponctué des rires des enfants, sensibles à la signature Tex Avery (bien plus cartoon que Keaton d'ailleurs) un brin paresseuse des épisodes.

- De bric et de broc : le nouveau cirque est trop souvent, justement, ce théâtre de la pauvreté "ahurie". Dans la critique du Monde, c'est un compliment, malheureusement, cette constance dans les oeuvres circassiennes tend vers la caricature. La présence souvent importante de la performance physique en cirque pourrait amener une approche intéressante de la notion de "labeur". Dès l'introduction de Volchok avec ces ballots - fardaux, j'ai cru, qu'il y aurait là, matière à creuser le sujet. Mais on en reste à une succession de petits sketchs, joliment mis en musique. Des petits sketchs gentils. Pourquoi cette absence d'ambition ? Pourquoi ? Je sens chez ces interprètes, de la facilité. Je leur en veux d'autant plus, que Trottola peut prétendre à d'autres exigences. Ils ont ouvert une voie qu'ils se doivent de dépasser.

Volchok, toupie : où est l'ivresse, le vertige de la toupie, la fulgurance ludique ? En équilibre assuré et confortable, Volchok déçoit.
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Scène nationale d'Albi : lien ICI
Porté acrobatique et clown : Bonaventure Gacon
Trapéziste, voltigeuse en porté acrobatique : Titoune
Jongleur : Mads Rosenbeck
Musiciens : Pierre Veyser et Géraldine Schenkel
Musique originale : Bastien Pelenc et Thomas Barrière

Mercredi 12 novembre 2008
- Par Sarah Barreda - Publié dans : Cirque - Voir les 1 commentaires
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le-cirque-invisible.jpg  Dimanche 25 novembre - Scène nationale d'Albi

Je connaissais le travail de leur fils James, homme orchestre, tisseur d'univers oniriques très imagés. Après avoir vu ses parents, je comprends mieux la filiation, notamment avec sa mère.

Jean-Baptiste Thierrée propose de courtes séquences, bâties sur un absurde de même nature, dans l'auto-dérision du numéro attendu, de ficelles découvertes, de valises et costumes étonnants, bestiaire animalier docile et magique. C'est étonnant de voir cet homme sans âge, à la chevelure abondante et blanche, sautillant, généreux de son propre amusement sur de petites et grandes choses.
Victoria Chaplin, silhouette gracile et souple, femme orchestre, qui sait tout faire et notamment proposer de petites séquences rêvées où costumes, décors, ustensiles se transforment en bêtes chimères ou insectes géants.

C'est un moment très agréable. J'avoue une préférence pour les créations du fiston, qui amène des pièces moins découpées en numéros bien qu'établies également sur une succession  d'images, intégrant la douce folie de ses parents dans une plus grande cohérence de sensations.

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Mardi 27 novembre 2007
- Par Sarah - Publié dans : Cirque - Voir les 0 commentaires
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cie-claudia-n.jpg  Grenier à sel - Avignon juillet 07

J'ai mis une jupe
part d'un texte déconstruit ne prenant cohérence que quand le personnage quitte son nez rouge. 

A partir de là, Claudia Nottale compose un clown au féminin, d'où ses inquiétudes, le titre, son jeu de jambes. La clown ose quelques prises à partie du public, tente une mise en scène dépouillée, centrée sur son personnage et son alter ego; la chaise rouge.

Toutefois l'absence d'un texte intelligent, consistant, amène un spectacle bancal, un monologue long, dont le jeu clownesque s'est trouvé enfermé dans dans des vélléités fatiguantes pour combler le vide.

Et quand l'ennuie s'en mêle, le jeu devient une caricature de lui-même, de la gesticulation, de l'artifice.

Je suis allée voir cette pièce, suite aux rumeurs favorables des rues avignonnaises, c'était le dernier jour de sa représentation. Il se peut que la fatigue , le mutisme du public, n'aient pas aidé l'interprète. Il n'en demeure pas moins que de mon point de vue, il n'y avait pas de texte.

Lundi 23 juillet 2007
- Par Sarah - Publié dans : Cirque - Voir les 0 commentaires
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 Mercredi 21 mars 2007

 J'ai vu ce spectacle il y a deux ans (voir ici). Je n'en ai pas une vision réellement différente mais j'ai pu l'apprécier avec plus d'attention encore.

 Dans le petit monde du cirque, il  y a la sempiternelle question du "nouveau cirque", "mais qu'est ce donc que cette bête là ?". Le duel des Anciens contre les Modernes. Le nouveau cirque revendique une recherche dans la mise en scène, le refus du "numéro" ou alors dans une finalité autre que la simple technicité. Les anciens s'attachent à la tradition et ce qu'ils apportent en héritage aux modernes. Le débat se complique quand parmi la gente du nouveau cirque, il y a vraisemblablement un malentendu, ils s'entourent d'artifices d'une certaine actualité (nouvelles technologies, musique live, costumes peu conventionnels) pour faire croire qu'ils sont nouveau cirque et cacher une absence de recherche artistique. Ils ne sont pas cirque traditionnel mais peut-on leur reconnaître pour autant le label 'nouveau cirque'?

 Avec Johann Le Guillerm, le débat se présente d'une toute autre façon.

 Il y a d'abord la présence revendiquée et assumée de l'héritage du cirque traditionnel : la piste, ce cercle qui définit l'espace spectaculaire et qui finit même par devenir un langage à part entière puisque la circularité est au coeur de la recherche de Le Guillerm.

 Le Guillerm reste attaché au 'numéro' et à la prouesse technique, hallucinante chez cet interprète. Toutefois, il utilise cet héritage pour le révolutionner de l'intérieur (révolution, étymologie qui renvoie encore à la notion du cercle).

 Il joue des effets symptomatiques du numéro :

- l'attente de la conclusion qui lui permet d'amener un autre rapport au temps mais également une approche toute en nuance de la construction même du numéro,

- la succession des séquences qui deviennent comme autant de tableaux attachés aux matières brutes, de bois, de fer, de sable,

- la peur du spectateur attachée à la prouesse qui lui permet d'ancrer son personnage.

 Le numéro en soi n'a plus d'importance : tout se joue sur son installation, l'installation est l'acte performatif, tandis que la performance aboutie n'est qu'un des morceaux du puzzle de son abécédaire circonvolutif. Il se décline dans un univers de volumes dont le cadre spectaculaire s'inspire d'une culture indigène ou primitive tout autant que circassienne.

 Son personnage, être humain au râle animal et aux impatiences nerveuses, maîtrise le temps, son art, construit son environnement, des machines à son image, bêtes à apprivoiser qui se faisant, trouve le centre du Secret, sa résolution, dans un éternel recommencement.

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Vendredi 23 mars 2007
- Par Sarah - Publié dans : Cirque - Voir les 0 commentaires
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 TNT - Dimanche 14 janvier

  

 Le Boudu entre. Dans l'obscurité, faiblement éclairées, une table de bois, une chaise.

 Je crois qu'un personnage de clown tient d'un art très fin de l'observation. Qui aime observer ses congénères sait, le plaisir qui se trouve, presque imperceptible, anguille au regard, renard à capturer : une rondeur dans le mouvement, une inquiétude dans le doigté, un papillonement dans les yeux, une nervosité dans les jambes, une interrogation aux sourcils, une exclamation sur les lèvres, un vibrato dans la gorge.

 Le boudu est un dessin d'enfant : un personnage rond, aux bras et jambes batons, étonné et colérique, phrases saccadées, onomatopées puis fleuves, il gigote et trafique, s'énerve.

 Un personnage méchant.

 Sa méchanceté n'est qu'une illusion dans cette caverne aux vérités brutes.

 Il est seul, visage joues et barbe, bonnet de rien, coups à bout de chaussures et poêlon. Impulsivité agressive, il se polie à la poésie, se mélancolie à la musique tandis que la conscience de la mort le vide, amère, constante, présente, chiante, triste, trou qui pourrait presque aspirer ce ventre rond, aux gargouillis d'ogre et trémolos, à l'énergie gargantuesque. Presque.

 Vient un rire qui ne se rit pas, un sourire qui se piaffe en souffrir, une tendresse primaire pour ce rebut.

 Il nous catharsise et nous aboie, à force de chutes "senties" , que nous appartenons à sa caverne.

 Musique.

Dimanche 14 janvier 2007
- Par Sarah - Publié dans : Cirque - Voir les 0 commentaires
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