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articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).
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DOCTEUR FOLAMOUR, de Stanley Kubrick (1964)
Humeur à avoir : Jalil Lespert est une motivation en soi mais sinon, avoir envie d'un film tendre et sympathique.
Humeur à avoir : attentive
Là aussi, un film que je voulais voir depuis un petit moment. Un film colombien. Il s'agit bien d'une fiction autour d'une réalité sociale. Toutefois, beaucoup de la réussite de ce film tient au
personnage principal, à son charisme, un air renfrogné qui s'illumine, se rembrunit, s'impatiente, se révolte, poursuit sa route.
Maria n'est pas à proprement parler une indocile, elle fait des choix, parfois de façon irresponsable, comme toutes jeunes femmes de son âge, les assume courageusement, quoi qu'il en soit, ainsi
soit-il. Nous suivons ces choix jusqu'à le terre promise, les Etats-Unis, des promesses plein les poches et déjà lucide des déceptions à son actif. Je ne crois pas qu'il y ait de fatalité, juste
différents possibles qui n'ont rien d'idéal, un compromis à trouver, un équilibre acceptable.
Maria accepte ou n'accepte pas et, ce qui est touchant, c'est qu'il y a autant de l'enfant que de l'adulte dans cette attitude. Elle prend ainsi de l'altitude, n'est plus la représentante
d'une condition sociale, mais bien 'Maria, pleine de grâce', en conciliant ces deux parts d'elle-même, il n'y a pas de renoncement.
Humeur à avoir : paradoxale, c'est à dire cynique à la tentation romantique.
J'avais déjà reçu de chaleureuses
recommandations sur ce film, recommandations que je ne démentirai pas aujourd'hui. Ce film est remarquable à plusieurs titres. Le synopsis pourrait n'être qu'un film de zombie .. quoi que,
les films de zombie ont souvent une forte connotation politique qui permet une double lecture.
Toujours est-il que 28 jours plus tard, permet les questions poupées russes, les questions qui s'emboitent les unes aux autres, en cachant toujours une de plus dure et cruelle pour
arriver néanmoins à l'essentiel.
L'esthétique est sans artifices, ce qui est assez étonnant pour un film du genre, inspirée, avec des envolées poétiques contrastant avec la réalité de l'ensemble obtenu par un tournage en vidéo
numérique.
Dans le décor urbain, il dresse un portrait d'après-guerre, de décor apocalyptique déserté de l'humain. Et l'humain, on le cherche, c'est le noyau du film, ce que cache nos questions poupées
russes. On le cherche dans ces constructions dénuées de sens dès lors que le citadin n'y est plus, on le retrouve un peu, dès lors qu'on se rapproche d'une nature splendide (la campagne anglaise
et ses vastes étendues d'un vert affolant), insensible aux traumas, unique survivante au fléau.
L'humain, on le rend nostalgique des conventions sociales qui le définissent, quand les rescapés tentent un simulacre d'apéro dans une ville mortifère, ou quand ils peuvent faire des
courses sans restriction aucune oubliant, presque, dans l'enthousiasme, de choisir avec soin leur bouteille de whisky.
L'humain, on n'y croit plus, même quand on est vivant, on s'y raccroche, désespérément, à l'intérieur de la cellule familiale.
Perdu dans un face à face abyssal, l'humain ne supporte pas le tête à tête avec soi-même et veut être au moins deux, ou se croire sauvé par l'acte copulatoire à tendance reproductive, il lui
faut une finalité, un espoir, se trouver ou se perdre, mais surtout pas survivre.
Être ou ne pas être, ou disparaître dans une fureur de vivre.
Humeur à avoir : avoir un gros besoin de positif, je trouve que quelque part ce film ramène à l'essentiel, idéal donc en cas de cafard.
" Cléo, belle et chanteuse,
attend les résultats d'une analyse médicale. Chez elle ou dans les rues de Paris, elle vit sa peur filmer en temps réel. Son amant, son musicien, une amie puis un soldat lui ouvrent les yeux sur
le monde ... "
Je continue dans ma série des Varda. Cléo est un film en temps réel, filmé dans l'ordre chronologique, ce qui donne à l'ensemble, un je ne sais quoi de volé au temps et à la fiction. On suit Cléo dans l'attente de ses résultats médicaux, deux heures d'attente où tout est remis en question. Jeune femme d'apparences, vivante parce que belle, elle ne se définit que par le regard des autres, l'image d'une jeune femme gâtée, immature, quelqu'un de léger en somme, qui n'a pas de poids, ni réellement dans sa vie, ni dans celle des autres. La caméra glisse sur son visage, l'entoure la caresse, la sublime, la fige, image.
Puis vient un second temps. Elle sort et n'est plus celle qui est regardée mais celle qui regarde. Elle devient vie intérieure qui se fond à la vie parisienne.
Paris comme intérieur féminin ... capitale majestueuse, pleine de vie, intemporelle dans sa beauté, une ville de solstice d'été, qui quitte le printemps pour commencer un nouveau cycle, une ville où il est possible de croiser des vieillards, des étudiants des beaux arts, des bonimenteurs inquiétants, des amoureux, un atelier de scultpure où toute l'attention est portée, silencieusement, vers un corps de femme nue.
Cléo regarde comme elle n'a jamais regardé puis rencontre un être aux palabres lunaires qui lui permet de s'ancrer à cette terre : un soldat en permission. Ils vont s'accompagner dans ces quelques minutes qui vont boucler ces deux heures d'attente, il y a de la magie dans leur présence commune, la magie d'exister et de se voir vivants, dans ce présent.
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