Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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DVDthèque

  undefined DOCTEUR FOLAMOUR, de Stanley Kubrick (1964) 
ou de la différence entre la guerre chaude et la guerre froide.

A voir en V.O. pour les performances de Peter Sellers qui compose pas moins de trois des rôles principaux.

Enfin un film de guerre qu'on peut regarder, nous les filles! C'est un excellent film, très drôle, avec une très belle photographie noir et blanc, des personnages hilarants. L'histoire en quelques mots: un général américain pète une durite et décide de déclencher "le plan R", c'est-à-dire:
1) de couper toute communication entre lui et le Pentagone
2) d'ordonner à toute l'aviation américaine de lancer toutes ses bombes nucléaires sur la Russie...
Au président des Etats-Unis de se débrouiller pour arrêter la machine de guerre, éviter que le monde entier n'explose, avec l'aide:
a) d'un savant fou aux relents nazis,
b) d'un colonel qui n'attend que ça, de tout faire péter,
c) d'un président russe ami mais néanmoins porté sur la bouteille.
 
Stanley Kubrick, en imaginant avec humour et second degré comment la guerre froide aurait pu déraper, égratigne l'image de l'armée américaine (dirigée et composée de types pas très fins). Cela dit, la Russie (décrite à travers les poncifs habituels de la vodka, des espions et du président complètement inconscient) n'est pas en reste. Au final c'est l'humanité en général qui en prend un coup, dangereuse à force de puérilité, prête à renouveler l'expérience de la guerre froide même après l'apocalypse.

Publié par Christel
Dimanche 2 mars 2008 7 02 /03 /2008 18:17
- Par CHRISTEL - Publié dans : DVDthèque - Voir les 1 commentaires
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virgil.jpg  Humeur à avoir : Jalil Lespert est une motivation en soi mais sinon, avoir envie d'un film tendre et sympathique.

Virgil est un petit film français sans prétention mais réellement efficace avec des effets miroirs entre personnages intéressants, une jolie mise en valeur des personnages secondaires, des changements de ton bien menés, une modernité dans la façon et une vraie tendresse sur le fond.
L'histoire est menée avec beaucoup de rythmes,  l'humour amène du piment à des situations qui auraient pu prendre une tournure pathétique.

Les personnages tant masculins que féminins ne sont pas très bavards, mais sont très physiques, de par leur présence et mode d'expression. La boxe est secondaire mais omniprésente dans les rapports humains.
Jalil Lespert et Léa Druckert sont formidables, dans leur attirance farouche, leurs maladresses, leur façon de s'apprivoiser toutes griffes dehors et avec entêtement.
Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /2007 08:54
- Par Sarah - Publié dans : DVDthèque - Voir les 0 commentaires
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maria-pleine-de-gr--ce.jpg  Humeur à avoir : attentive

Là aussi, un film que je voulais voir depuis un petit moment. Un film colombien. Il s'agit bien d'une fiction autour d'une réalité sociale. Toutefois, beaucoup de la réussite de ce film tient au personnage principal, à son charisme, un air renfrogné qui s'illumine, se rembrunit, s'impatiente, se révolte, poursuit sa route. 

Maria n'est pas à proprement parler une indocile, elle fait des choix, parfois de façon irresponsable, comme toutes jeunes femmes de son âge, les assume courageusement, quoi qu'il en soit, ainsi soit-il. Nous suivons ces choix jusqu'à le terre promise, les Etats-Unis, des promesses plein les poches et déjà lucide des déceptions à son actif. Je ne crois pas qu'il y ait de fatalité, juste différents possibles qui n'ont rien d'idéal, un compromis à trouver, un équilibre acceptable. 

Maria accepte ou n'accepte pas et, ce qui est touchant, c'est qu'il y a autant de l'enfant que de l'adulte dans cette attitude. Elle prend ainsi de l'altitude, n'est plus la représentante d'une condition sociale, mais bien 'Maria, pleine de grâce', en conciliant ces deux parts d'elle-même, il n'y a pas de renoncement.

Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 11:02
- Par Sarah - Publié dans : DVDthèque - Voir les 1 commentaires
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Humeur à avoir : paradoxale, c'est à dire cynique à la tentation romantique.

28-jours-plus-tard.jpg  J'avais déjà reçu de chaleureuses recommandations sur ce film, recommandations que je ne démentirai pas aujourd'hui. Ce film est remarquable à plusieurs titres. Le synopsis pourrait n'être qu'un film de zombie .. quoi que, les films de zombie ont souvent une forte connotation politique qui permet une double lecture. 

Toujours est-il que 28 jours plus tard, permet les questions poupées russes, les questions qui s'emboitent les unes aux autres, en cachant toujours une de plus dure et cruelle pour arriver néanmoins à l'essentiel.

L'esthétique est sans artifices, ce qui est assez étonnant pour un film du genre, inspirée, avec des envolées poétiques contrastant avec la réalité de l'ensemble obtenu par un tournage en vidéo numérique. 
Dans le décor urbain, il dresse un portrait d'après-guerre, de décor apocalyptique déserté de l'humain. Et l'humain, on le cherche, c'est le noyau du film, ce que cache nos questions poupées russes. On le cherche dans ces constructions dénuées de sens dès lors que le citadin n'y est plus, on le retrouve un peu, dès lors qu'on se rapproche d'une nature splendide (la campagne anglaise et ses vastes étendues d'un vert affolant), insensible aux traumas, unique survivante au fléau. 
L'humain, on le rend nostalgique des conventions sociales qui le définissent, quand les rescapés tentent un simulacre d'apéro dans une ville mortifère, ou quand ils peuvent faire des courses sans restriction aucune oubliant, presque, dans l'enthousiasme, de choisir avec soin leur bouteille de whisky. 
L'humain, on n'y croit plus, même quand on est vivant, on s'y raccroche, désespérément, à l'intérieur de la cellule familiale.
Perdu dans un face à face abyssal, l'humain ne supporte pas le tête à tête avec soi-même et veut être au moins deux, ou se croire sauvé par l'acte copulatoire à tendance reproductive, il lui faut une finalité, un espoir, se trouver ou se perdre, mais surtout pas survivre.

Être ou ne pas être, ou disparaître dans une fureur de vivre.

Samedi 13 octobre 2007 6 13 /10 /2007 14:39
- Par Sarah - Publié dans : DVDthèque - Voir les 3 commentaires
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 Humeur à avoir : avoir un gros besoin de positif, je trouve que quelque part ce film ramène à l'essentiel, idéal donc en cas de cafard.

 

 " Cléo, belle et chanteuse, attend les résultats d'une analyse médicale. Chez elle ou dans les rues de Paris, elle vit sa peur filmer en temps réel. Son amant, son musicien, une amie puis un soldat lui ouvrent les yeux sur le monde ... "

 Je continue dans ma série des Varda. Cléo est un film en temps réel, filmé dans l'ordre chronologique, ce qui donne à l'ensemble, un je ne sais quoi de volé au temps et à la fiction. On suit Cléo dans l'attente de ses résultats médicaux, deux heures d'attente où tout est remis en question. Jeune femme d'apparences, vivante parce que belle, elle ne se définit que par le regard des autres, l'image d'une jeune femme gâtée, immature, quelqu'un de léger en somme, qui n'a pas de poids, ni réellement dans sa vie, ni dans celle des autres. La caméra glisse sur son visage, l'entoure la caresse, la sublime, la fige, image.

 Puis vient un second temps. Elle sort et n'est plus celle qui est regardée mais celle qui regarde. Elle devient vie intérieure qui se fond à la vie parisienne.

 Paris comme intérieur féminin ... capitale majestueuse, pleine de vie, intemporelle dans sa beauté, une ville de solstice d'été, qui quitte le printemps pour commencer un nouveau cycle, une ville où il est possible de croiser des vieillards, des étudiants des beaux arts, des bonimenteurs inquiétants, des amoureux, un atelier de scultpure où toute l'attention est portée, silencieusement, vers un corps de femme nue.

 Cléo regarde comme elle n'a jamais regardé puis rencontre un être aux palabres lunaires qui lui permet de s'ancrer à cette terre : un soldat en permission. Ils vont s'accompagner dans ces quelques minutes qui vont boucler ces deux heures d'attente, il y a de la magie dans leur présence commune, la magie d'exister et de se voir vivants, dans ce présent.

Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /2007 10:16
- Par Sarah - Publié dans : DVDthèque - Voir les 0 commentaires
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