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articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).
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TNT - Festival C'est de la danse contemporaine - samedi 31
janvier 20h30
"La Nature est une somme infinie dont les éléments ne s'additionnent pas pour former un tout, une puissance au nom de
laquelle les choses existent une à une, sans possibilité d'unification qui l'exprimerait toute entière, une affirmation du mutliple et du divers comme sources de joie".
Je n'ai pas vu Haha. Si je devais faire un bilan, dans l'ordre chronologique des créations, je citerai : May B, Cendrillon, Coppelia, Umwelt, Turba. Autant dire que c'est peu dans le
répertoire de la dame que j'ai toujours considéré comme une visionnaire. Suffisant pour sentir qu'il y a une grande cohérence dans les oeuvres et une évolution, qui tend vers quoi ? Là, c'est
plus difficile à dire.
Je ne sais pas si je cherche tant à comprendre Turba que Maguy Marin, comme un promeneur solitaire, qui face à une bouteille jetée en mer, se prête à de drôles de rêveries.
Je l'y vois telle une membrane qui vibre aux échos de ce monde, d'ici et d'ailleurs, saturée d'images. Le terme même d'images est un peu figée et trop statique, il y manque la qualité impressive
et sa force presque incantatoire.
La qualité vibratoire et visuelle sont deux traits qui saisissent dans les pièces de Maguy Marin et notamment les plus récentes. Il y a un élan cyclique, continu et hypnotique. De suite, on se
situe dans le le pressentiment, le fatum, l'inéluctabilité. Si le vent du nord rend fou, ici, le souffle est plein de sensations visuelles fantasmagoriques, brillamment orchestrées
et impérieuses.
C'est une expérience. La scénographie est somptueuse. La richesse de ce qui se joue sur scène me perd le plus souvent. Et pourtant, au-delà de tout argument, j'ai l'intuition qu'il s'y joue
quelque chose de majeur.
Je ne crois pas non plus, que les éléments de la nature ne s'additionnent pas pour former un tout et ne soient que la somme infinie d'éléments distincts : face à la mort, sûrement, pour le
reste, il y a, comme devant une pièce de Maguy Marin, une conscience du vivant qui saisit l'ensemble, se saisit soi-même, et se perd dans les méandres de sa Nature avec tout ce
bagage.
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Conception et réalisation : Maguy Marin, Denis Mariotte ;
En étroite collaboration avec : Ulises Alvarez, Yoann Bourgeois, Jordi Gali, Peggy Grelat Dupont, Sandra Iché, Matthieu Perpoint, Cathy Polo, Jeanne Vallauri, Vania Vaneau, Vincent Weber, Yasmine
Youcef ;
Musique : Franz Schubert, Denis Mariotte;
Textes extraits de : Lucrèce, De rerum natura;
Lumières : Judicaël Montrobert;
Costumes et mannequins : Montserrat Casnova, assistée de Claudio Verdejo, Martin Peronard;
Eléments de décor : Louise et Michel Gros;
Son : Antoine de Garry
Théâtre de la Cité internationale - Paris - Du 2 au 25 octobre
Vu le 11 octobre
Tant sur la bible (feuille de soirée) que sur le dossier de presse téléchargeable sur le site du Théâtre de la Cité internationale, Denis Cooper, l'auteur du roman Closer qui a inspiré
cette pièce, est très nettement mis en avant.
Alors certes, le texte. Je n'ai pas lu le roman en question donc, de façon tout à fait intuitive, je reste sceptique. Il ne s'agit pas d'une lecture du roman mais bien d'un montage et d'une mise
en scène inspirés du texte. Le texte pour ma part est resté fuyant. Tout ce que je peux réellement en retenir, c'est l'effet tiroir d'un récit fragmenté, où fantasme, fiction et récit amènent le
trouble.
Dès lors, il s'agit de mettre en scène le trouble, de l'appuyer, par-delà les mots et l'histoire. Le pari est presque réussi, presque et pas de façon tout à fait satisfaisante.
Le premier leurre, l'heur, est la qualité de l'interprète dont la présence androgyne, le charisme est exceptionnel dans le carcan scénique qui est posé ; figure de face, stature frontale et
regard fixe, statue au débit monocorde qui appuie certaines nuances de soupçons rouge violence, au physique de plus en plus criant dans la lumière devenant progressivement clinique. Elle
porte et incarne le trouble, nous capte et nous enveloppe. Toutefois ce carcan assourdit un peu sa présence. Le défilé des phrases tirées des commentaires de la star académie en fond de scène ne
sont qu'un effet de style, une vélléité de mise en perspectives, ajoute des mots au texte sans réellement produire de reliefs, ils sont juste inutiles.
La toute fin, pic tardif, d'une progression certes effective mais un peu molle, laisse une légère frustation. Le trouble n'est pas monochrome, à peine gris, parfois teinté de piquées rouges. Le
trouble aurait voulu hurler, l'a tenté, l'a frolé.
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Dedans Dehors David
d'après le portrait 2 du roman Closer de Dennis Cooper
mise en scène et installation David Bobée
traduction Thierry et Jean-Luc Mengus (éd.P.O.L.)
avec Fanny Catel-Chanet
Théâtre de la Cité internationale : Lien internet
Article de Guy d'Un
Soir ou un Autre : Lien
internet
Les images du site ne sont pas libres de droit. Merci au Théâtre de la Cité internationale pour ce visuel.
Théâtre de la Cité internationale - Paris - du 06 au 11 octobre
2008
Vu le lundi 06 octobre
To do is to be - Descartes
To be is to do - Nietzsche
Do be do be do - Sinatra
Est-ce les influences américaines de Mark Tompkins ou ma vision franco-française ? Dans Empty Holes, j'ai trouvé une forme hybride de comédie musicale, de soap opera, l'artifice et
l'énergie bon enfant, décomplexée, que ne se permet pas de façon aussi spontannée un citoyen de la vieille europe.
L'oeuvre date de 1983, période bénie de la danse contemporaine où les forces créatives partaient tout azimut et dessinaient les contours des identités artistiques qui allaient marquer les
décennies suivantes. Est-ce mon jeune âge, l'excès de certaines formes très-trop conceptuelles qui me font voir dans Empty Holes, la trace de cette liberté très datée 80 ? Pour Mark
Thompkins vraisemblablement, ce solo marque quand même les sources de son identité artistique, de ses obsessions.
Le solo, s'ouvrant sur la silhouette d'un homme qui marche et chante, tisse de façon intéressante plusieurs éléments de mise en scène : les ombres chinoises, la musique live chantée, la narration
absurde et à tiroir. Ces élements ont certes vieilli mais gardent une certaine vivacité. La vision du couple qui s'en dégage, sous une coquille artificielle et dérisoire, reste tendre et
sensée.
Le plus étonnant dans cette pièce où deux personnages s'incarnent via la voix, des poupées plastiques, des ombres, c'est l'absence justement d'incarnation physique et corporelle. Doris et John se
diluent dans l'immatérialité de leur réalité fictive tandis que l'interprète se fond dans son rôle de jukebox et de marionnettiste.
Empty holes, le do be do be doux-amer.
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Concept, texte, chansons et interprétation : Mark Tompkins
en collaboration avec :
Dramaturgie et mise en scène Gérard Gourdot
Lumière Alain de Cheveigné
Théâtre de la Cité internationale - Lien internet
Article de Guy sur Un Soir ou un Autre - Lien internet
6 février au Théâtre Garonne
(Not) a Love Song est une véritable surprise. Dès le premier abord, un côté chic assez pétillant,
toujours trop élégant pour aller vers un kitsch plus convenu.
L'écriture riche et fouillée, complexe, m'a destabilisée. Les trois interprètes (et pas n'importe qui : Vera Mantero, Miguel Gutierrez, claudia Triozzi, accompagnés de Vincent Segal) amènent une
esthétique qui tisse toute une série de références et clins d'oeil dans un ensemble très cohérent mais jamais prévisible. Ils se situent dans une forme de démonstration par le pastiche, le
décalé, des tableaux très visuels avec des poses et des pauses et une connivence avec les spectateurs sur ce qu'ils affichent nous montrer, une sorte d'effet miroirs permanent et semble-t-il pour
eux, assez jouissif. La bande-sonore live remplit l'espace, les interprètes sans jamais jouer ostentoirement la carte de la performence, pourtant bien présente, prennent ces compositions
avec légèreté, mais toujours dans une très grande maîtrise des enchaînements et de la partition rythmique.
En vérité, il est bien difficile de faire face à (Not) a love Song, en une seule fois. C'est un spectacle qu'il faudrait voir au moins deux fois pour bien l'appréhender, pour ne pas
céder parfois à une saturation de tous ces signes, sons, sens.
Certes l'influence musicale et cinématographique est assumée comme telle, il n'empêche que (Not) a Love Song dépasse la simple addition des citations ou de l'exercice de style. C'est une
oeuvre non identifiée mais dont l'identité est, je crois, unique.
19 octobre - Théâtre Garonne Toulouse
Je dois tout d'abord préciser par honnêteté que je suis partie à l'entracte de cette pièce qui durait trois heures. Si Young People ... avait été programmé un chouilla plus tôt, je
serais sûrement restée, mais là, je n'aurais pas été réceptive à la deuxième partie.
Young People, old voices, laisse tourner une bande sonore de très belles musiques de Ferré, Pablo Casals, Judy Garland, déjà en elles-mêmes très chargées d'émotions et d'un brin de
nostalgie.
Dessus, il met en scène, par différents tableaux, des jeunes gens tout droit sortis d'un film de Gus Van Sant. Plutôt beaux, encore un peu modelés par la pudeur adolescente, un entre deux
innocent et chargé d'une certaine tension.
Certains moments sont d'une beauté et d'une magie incroyables, imbibés de la présence des interprètes, dans une bulle atemporelle, une orchestration de l'anecdotique qui vole vers une gorge
serrée ou de jolis instants de jubilation simple.
D'autres s'enlisent dans une narcissique lenteur, les poses à la prévisibilité stérile pour ne pas dire prétentieuse, tendant alors vers un pathos un peu trop fabriqué pour y croire
réellement.
Young People old voices aurait très bien pu se terminer à la fin de la première partie. Il restait une heure et demi. Complaisance ou irrevérence incontournable, je ne saurai pas.
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