Théâtre Garonne
D'après les Dramuscules de Thomas Bernhard, le Tg STAN déplace toutes attentes vers un terrain non balisé. Les Dramuscules pointent les médiocrités dues au racisme, au nazisme, à toutes formes
d'intolérance, dont les conséquences et la cruauté peuvent apparaître en filigramme ou au contraire frontales de crudité.
Face à ce texte, le Tg Stan choisit une arme toute autre que l'extrême gravité contenue dans les textes. Citons Staline : "un peuple heureux n'a pas besoin de rire", quel dogme grimaçant de
l'annihilation de l'humain dans les totalitarismes !
Avec le Tg Stan, le rire est le fil conducteur qui amène cette liberté, liberté artistique mais aussi finesse de la compréhension et rappel de réalités persistantes. Parce que c'est bien
pour ça que les textes touchent. L'Histoire s'est diluée dans un quotidien parfois peu glorieux, l'actualité peut en témoigner.
Ce "déplacement" se joue sur un mélange de folie, de grivoiserie, de pincement, de décadence, de mise en scène versatile avec ces scènes qui se suivent et s'applaudissent tout autant qu'elle
se rient ou se mordent.
Parfois le Tg Stan nous perd, même si les interprètes nous tiennent. Ils atténuent la contamination de l'horreur par une forme de grotesque, un côté ubuesque ou jarriesque dans le traitement de
leurs personnages : pas des caricatures ou marionettes mais un entre-deux : une silhouette déformée de l'humain, une ombre, sa face obscure. Celle qu'il faut éloigner par la force d'un
rire.
Mercredi 13 février 2008
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Par Sarah
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Scène nationale d'Albi, le jeudi 10 janvier 2008 à 20h30
J'ai ressenti un peu la même chose que lorsque je vais au Théâtre des Doms voir les productions théâtrales belges, si ce n'est qu'ici, ils sont québécois : une irrépressible énergie, une urgence,
une modernité qui mérite d'être mieux définie.
Pourquoi moderne ? De par son sujet, son traitement ? Une quête initiatique sur fond de crise adolescente, un besoin de quête de sens dans une époque désenchantée avec un je ne sais quoi de
cinématographique voire même de feuilletonesque type les "experts au quebec"? un croisement des arts qui sert à faire ressortir une contemporanéité protéiforme ? avec un savant mélange
de désordre revigorant aux tonalités pops ou discos ? L'urgence même semble bien d'époque ; une course contre le temps, une impatience dans le fond et la forme avec une narration épileptique qui
ne peut pas s'attarder, ni ne veut, ni ne saurait.
La mise en scène ne s'essoufle pas d'ailleurs, elle en joue, ne se pause que pour cet instant où les spectateurs se rassemblent pendant de longues minutes, avant d'applaudir.
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Dimanche 13 janvier 2008
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Par Sarah
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Samedi 6 octobre 2007 (et oui! pendant LA première mi-temps du 15/All black) - Théâtre Garonne - Toulouse
J'ai suivi les conseils de Pascal, le Tadorne pour composer ma saison toulousaine et je suis donc allée voir De mal en peor.
La troupe argentine de Ricardo Bartis a répété dans
l'appartement même du metteur en scène, ce qui a amené des contraintes spatiales posées comme des éléments scénographiques : un lieu clos, un intérieur de maison dont on devine d'autant mieux les
pièces cachées que nous les avons visitées avant la représentation, un lieu de vie donc où cohabitent deux familles.
'Lieu de vie' ou de 'survie'. Nous serions en occident, il s'agirait d'un drame à la tragédie sérieuse mais nous sommes en amérique du sud et sans perdre de leur réalité, les drames ont une
vitalité contagieuse, passionnée, débordante, englobant larmes et rires.
"Comme toujours dans les répétitions, nous avons expérimenté des manières de jouer - cela procède de notre enquête poétique - et nous avons retenu le ton de
la parodie pour incarner le dramatique éclatement des valeurs qui structurent l'ordre social en Argentine à la fin du 19e siècle : la famille, le mariage, le travail, l'argent, la politique.
C'est à partir de ce carrefour louvoyant qui interroge l'essence même du comportement argentin, que le jeu a développé ses potentiels. Ses cabrioles" 'Ricardo Bartis
Ainsi dans cette vision théâtrale, le drame est social, le jeu est parodique, l'oxymoron est poétique. Le finesse de ce mariage, dont beaucoup tient aussi me semble-t-il au tempérament sud
américain, amène une réponse peu commune, si drames et malheur il y a, ils sont vécus pleinement.
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Lundi 8 octobre 2007
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Par Sarah
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Théâtre des Doms - Juillet 07
Deux interprètes sur scène et six ou sept postes
de télévision. La pièce retrace une discussion d'avant-pendant-après repas de mariage, au sein d'une famille pas tout à fait ravie de l'événement, avec pour seul intrus ; le témoin du marié qui
ne comprend pas tout à ce qui se passe.
Sujet parfaitemet maîtrisé au cinéma : la famille et ses secrets et ses tabous. Il y a d'ailleurs dans le jeu des discussions entre amants, amis, parents, quelque chose de tout à fait naturel, de
très cinématographique, de très dogma. La présence des écrans de télé comme têtes de personnages ne gêne pas l'action au contraire, il deviennent des acteurs à part entière dans cette fiction
théâtrale.
L'intrigue se resserre autour du dîner, se devine. La famille, ses médiocrités, ses perversités dans une mise en scène qui la joue piano-staccato, avec un humour jaune-amer, très
citroné.
Mercredi 25 juillet 2007
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Par Sarah
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Théâtre des doms - Avignon juillet 07
Ils sont fous ces belges ! Le groupe Toc, fidèle à
lui-même paraît-il, a régalé cette année le off d'une pièce étonnante.
Michèle Mercier est décédée, s'en suit les commentaires de trois couples : les rats qui l'ont bouffée, les proches qui l'ont aimée-détestée et les voisines qui l'ont espionnée.
Passant comme dans un cluedo dans les différentes pièces de l'appartement, le spectateur avance dans les obsessions et fantasmes de ces névrotiques personnages.
Le texte est un régal et magnifiquement porté par une mise en scène sous jus électrique : un mélange du découpage MTV avec une grande impression de rapidité, un débit mitraillette pourtant
interprété différemment par chaque personnage, des arrêts nombreux qui figent la pièce régulièrement pour lui donner ce côté saccadé et ses respirations dans un grand sens de composition de
l'image avec une musicalité très pop rock.
C'est sûrement ces deux aspects qui lui donnent cette redoutable efficacité et actualité.
Puis un goût certain, qui me semble toujours très belge, pour le politiquement irrevérenvieux, joyeusement gore et sexe, l'humour décalé, un peu con, franchement brillant.
Mardi 24 juillet 2007
-
Par Sarah
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