Mea Culpa

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 "Empty moves se nourrit des actions et mouvements inspirés par les paroles et phonèmes lus par John Cage au Teatro Lirico de Milan et enregistrés en public le 2 décembre 1977."

   

 La bande sonore inclue le texte de Cage et les réactions plutôt vives du public milanais lors de l'enregistrement. Bien que la partie 'musicale' soit un peu fatiguante sur la longueur, j'ai beaucoup aimé ce parti pris, l'intégration dans l'oeuvre d'un élément délibérément ingrat, assumé comme tel qui finit par créer néanmoins un rythme proche d'un flux continue au débit lent, hypnotique, à la distanciation matérialisée par l'indifférence et l'opiniatreté de Cage au moment de la performance. Amener de la danse là-dessus m'a renvoyée à une actualité dans la création contemporaine brulante : notamment aux créations de Maguy Marin et au parti pris d'Umwelt par exemple (qui a amené des réactions du public très violentes) mais aussi à la question du public et du rapport des créateurs à leurs spectateurs, du dilemme entre démagogie stérile de création et création autiste du public.

 Il n'empêche que dans le cas d'Empty moves le pari est assez réussi. La danse s'affirme dans une absence totale d'intentions, dans la même distance que son fond sonore, avec le même esprit potache pas ostensiblement affiché mais distillé dans une attitude d'ensemble.

 La danse de Preljocaj est belle, sans la culpabilité du beau de la création contemporaine, un 'je m'en fous' qui s'enorgueillit de technicité et d'une écriture chorégraphique ininterrompue, très bavarde. Dans ce débit verbal du mouvement, s'en dégage néanmoins quelque chose d'assez épuré et d'une futilité nécessaire.

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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /2007 08:28
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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