Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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 31 janvier 07 - Le Parvis - Tarbes - Festival C'est de la danse contemporaine

 

 J'attendais avec impatience de rencontrer cette pièce du répertoire.

La scène est noire, derrière un pan de taule noire, deux portes de chaque côté et deux portes centrales.

 Des personnages entrent, des hommes et femmes de poussière blanche, les traits figés, aguisés et dessinés en des expressions austères, intenses, à la frontière. Leurs postures sont toutes aussi caractérisées, pauvres ères, vieux ou fous. Les mouvements de groupes comme ceux de la solitude, tournent en rond. Les corps se heurtent, les pieds frottent le sol, le sol se martèle, les glottes musicalisent des onomatopées syncopées d'une absence de phrase qui pourrait presque se deviner.

 Ils se font violence, ritualisent leurs pulsions sexuelles et leurs rencontres en des mouvements bruts qui s'orchestrent sur une musique de fanfare, musique qui ouvre comme une fulgurance de beauté des parenthèses vocalisées d'un allemand rugueux et noble.

 Comme ses personnages, May B prend posture et la tient jusqu'au bout. Très visuel, théâtral, l'influence de Beckett digérée de la pâte de Maguy Marin qui, à l'éclairage d'Umwelt, pièce à priori très différente, reste néanmoins très cohérente.

 Le corps de ballet se déploie, assure des effets de groupes et d'individualités, se fige et reprend, grogne ses onomatopées, la scène est magnifique, les tristes ères le sont malgré eux, de la beauté des pauvres et des fous, de ceux qui deviennent beaux à force de souffrance et de misère, de ceux qui deviennent touchants à défaut de rendre le genre humain moins fragile, au contraire.

 Dans la seconde partie, où les références littéraires deviennent encore plus visibles, ou ils tentent quelques habits moins cliniques, le temps se dilate dans les effets de marche, la succession des images et nous fait définitivement basculer dans une réalité vivante où des caractères de fiction mais universels se prêtent à rire et manger, mais surtout marcher, valise à la main, dans un va et vient continu. Une ritournelle allemande tourne en boucle, un homme se fige dans une marche, regard au public, suspend quelques questions, une silhouette de jeune fille ferme les portes centrales.

Mesuroblog - clochettes : ☼ ☼ ☼ ☼ ☼ ☼
("Mesuroblog" en référence aux blogs du Tadorne, d'Un soir ou un autre et d'Images de danse)


Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /2007 16:53
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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