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Maguy Marin (Mettre en scène - novembre 2005 - Rennes)
Une forêt urbaine est matérialisée par des pans de plexiglas qui secoués par un souffle, bruissent et ouvrent le spectacle. Le souffle se répercute en matière sonore insupportable et constante
qui ne marquera que de micro pauses durant toute l'heure du spectacle. Ces miroirs qui se reflètent tantôt eux-mêmes, tantôt les acteurs de cette pièce posent un dispositif scénique qui
constituent la trame essentielle du spectacle.
Les acteurs (au sens "personnages qui entrent en action") passent d'un pan de plexiglas à un autre et montrent une action : mettre une veste,
manger une carotte, se jetter dans les bras d'un tiers, actions qui se déclinent à l'infini avec un jeu de reflets, hypnotique. Maguy Marin met en scène l'insupportable d'un quotidien urbain,
froid, absurde, annihilant, anonyme, saturant, la multiplicité des actions qui peuvent composer la journée du tout un chacun sans qu'elles ne prennent de sens, exécutées par une armée d'humains,
qui fuient ainsi le temps, qui courent vers l'asphyxie.
Cette pièce a provoqué de véritables réactions de répulsion du public : pas tant à Rennes, mais au théâtre de la ville à Paris et à Lyon, les spectateurs sont allés jusqu'à tenter d'arrêter le
spectacle.
Le spectacle était à la hauteur de son propos, ne laisse pas indifférent. Un monde insupportable, un spectacle insupportable.
Néanmoins, il est de plus en plus rare de trouver des spectacles qui arrivent à dénoncer l'homo désenchanté, en réinventant un espace où l'art se conjugue avec le sacré. A quand un devoir de
mémoire qui rapelle cette faculté si particulière à l'humain de lutter contre sa condition de mortel au lieu de la subir comme nous avons subi ce spectacle, malgré ses quelques clins d'oeil
fantasmagoriques?
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