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articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).
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Il se trouve que j'ai une fascination pour une profession : le métier de 'chef'. Ce n'est pas la gourmande qui parle, ça va bien au-delà.
Je regarde tous les documentaires, avec une préférence pour la carte postale gourmande qui en plus, nous fait voyager. Il y a certes le côté artistique de l'alchimiste mais ce n'est pas ça non
plus. Il s'agit d'un ensemble qui va de la hiérarchie et dureté de ces coulisses au fonctionnement presque militaire, à un savoir faire qui part de l'artisanal pour
arriver au sublime avec une connaissance étendue de ce qui touche à la nature et à l'intime, un savoir faire sans applaudissements qui se cache dans les cuisines dont ils sont les
éminences grises, de l'abnégation de cette profession aux horaires barbares, un métier qui allie souvent un physique de colosse à des mains de prestidigitateur... il s'agit de
tout ça, qui participe à ce que j'appelle 'le secret'; être chef.
Et bien j'ai trouvé le livre de tous mes voeux, qui me permet d'entrer un peu dans le secret, de découvrir la folie de ces chefs, leur résistance pour préserver le merveilleux, leur inventivité
pour étendre tous les jours le spectre gustatif de nos papilles. Un livre lumineux qui m'amène en Italie, et plus particulièrement enToscane (n'y aurait-il pas là, l'explication à mon
attirance intuitive pour cette partie de l'Italie ?) avant de me laisser aux portes de la France. Je poursuivrais seule le reste du chemin.
Synonpsis : "un écrivain, à l'âge honorable de cinquante ans, s'engage comme marmiton dans la cuisine du restaurant branché du célèbre Mario Batali à New York. Prend'il goût à la servitude
volontaire ou aux horizons sans fin de l'exploration gourmande ? Toujours est-il que, guidé par la passion, il en vient à traverser l'Atlantique pour s'initier à la fabrication des pâtes
fraîches, puis à la découpe de la viande chez un boucher talentueux mais excentrique en plein coeur de la Toscane, dans les collines du Chianti... "
Extrait
Dans une main, le boucher tenait un grand couteau à scie à la lame étincelante, plus sabre de militaire qu'instrument de boucherie. Un homme de haute taille, un mètre quatre-vingt-dix, mais il
s'agissait d'un effet d'optique, à cause de la position surélevée sur l'estrade, qui lui donnait l'air d'un personnage de dessin humouristique, un homme des cavernes de cartoon. (Solvet
s&clum in favilla ! : Qui réduira le monde en cendres!) Il avait des battoirs énormes. Je crois bien que je n'en avais jamais vu d'aussi gigantesques. Ses mains étaient hors de
proportion avec le reste de son corps. On aurait dit qu'elles lui mangeaient la moitié des bras. Des doigts exagérément longs. Il portait des sabots et des chaussettes roses, un bandana rose
autour du cou et une chemise rose - serrée, lui moulant presque les épaules, qu'il avait carrées et hyperdéveloppées, ce qui lui donnait une allure de bossu. Il avait les cheveux en brosse,
d'épais sourcils, un grand nez, de grosses lèvres. Un visage aux traits accentués. Il approchait de la cinquantaine comme moi.
Et moi de penser : Eh bien, voilà Dario Cecchini, au moment même où il s'aperçut que je le regardais. Il éteignit la musique et demanda le silence. la pièce se tut : "Nel mezzo del cammin di
nostra vita, tonitrua-t-il, mi ritrovail per una selva oscura, ché la diritta via era smarrita." Même moi je reconnus le premier tercet de La Divine Comédie : "Au milieu du chemin de notre
vie / Je me retrouvais par une forêt obscure / Car la voie droite était perdue." Au milieu du chemin de ma vie, en effet. En étais-je vraiment arrivé là ? Perdu sur la route de l'enfer
?
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