Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Visuel du Blog : Cécile Urbita

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

25 janvier à Mazamet - Festival C'est de la danse contemporaine


undefined  La pâte C de la B. En soi toute une charte qui va de la musique Baroque portée par une voix magnifique live, à la virtuosité des interprètes, un brin de folie parfaitement maîtrisé (n'y voyez aucun paradoxe), une scénographie, un brassage esthétique (théâtral, chorégraphique, circassien, musical), un attrait pour
 les extrêmes, un discours politique ou du moins engagé.

C'est un spectacle réussi bien qu'il y ait quelques longueurs, un goût de déjà vu chez les C de la B dans la maîtrise des états
extrêmes

Toutefois, l'entrée en matière, l'effet de groupe dans les balancés donnent tout de suite le ton, un souffle qui ne peut laisser indifférent. La gestuelle, souvent éblouisssante pour les parties dansées, un peu plus convenu dans le langage circassien (accro-portés), prend en effet toute sa force dès que le groupe s'en mêle. Les Ballets C de la B sont une communauté d'individus, des présences et des corps, chacun inscrits dans une singularité (mais aussi une histoire comme on a déjà pu le découvrir lors du merveilleux film Par ci Pal là) qui ne s'annihilent pas en s'additionnant, au contraire, s'appuient les uns les autres de leurs convictions et technicité d'interprètes, transmettent une énergie, une dynamique.

Le cauchemar de Darwin apparaît dans quelques rapports de force. Il y a une volonté certaine du chorégraphe de dénonciation. Il choisit de ramener le propos à des confrontations individuelles. Pourquoi pas. Là où on gagne une autre dimension à mon avis, en tout cas dans le propos, est plutôt, dans ce choix récurrent de la musique baroque.

Pourquoi ce choix, de plus en plus constant, chez les chorégraphes, de ce répertoire musical ? Presque une évidence. La beauté certes. Ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas, je crois la réponse essentielle. Il me semble, que la musique romantique et baroque est comme un écrin qui a traversé le temps, dont la richesse est complexe, et la beauté lumineuse et donc, elle est en soi comme une forme d'évidence. En soi, ce répertoire est rassurant parce que cette perfection là, cette universalité là existe. Dès lors, on peut y cogner les angoisses contemporaines, les angoisses créatives. De nouveau, je peux y retrouver ma dualité beauté/pathétique. Pour jouer les métaphores musicales, on peut y tenter toutes formes de contrepoint : face à ce répertoire musical, les petites comme les grandes choses prennent du relief.
Les créateurs peuvent s'y casser la figure mais quoi qu'il en soit, ils peuvent se consoler, parce que la tentative est presque aussi belle qu'un tableau de Boticelli.


Parfois, aussi, le dialogue établit une grande compréhension de ces différences, soit d'une incapacité, soit d'une sublimation, du panache dans l'espoir comme le désespoir.

Dimanche 27 janvier 2008
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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J'ai lu récemment le dernier opus de Zadie Smith : "De la Beauté". Le titre peut intriguer. A tort l'éditeur s'est cru obliger de préciser que le livre aurait aussi bien pu s'appeller "De l'amour". "De la beauté" nous plonge dans une tranche de vie d'une famille afro-britannique. Le métissage, la question identitaire et pluriculturelle sont des questions que creusent avec pertinence et humour cette jeune écrivaine. 

Elle nous présente une famille et un couple notamment : Kiki, une personnalité lumineuse et entière, une épouse et une mère qui, tout en ayant une grande lucidité et les pieds sur terre, garde en elle un besoin d'absolu et le porte merveilleusement bien. Toutefois son époux adultère casse cette foi en la trompant. Il trahit son couple en introduisant la médiocrité dans leur histoire. C'est pourquoi "De la Beauté" va si bien au livre. Bien qu'il s'agisse d'histoires de couples et de familles qui auraient pu se réduire à un "De l'amour", il est ici question d'aspiration et d'inspiration, du besoin d'être dans le vrai, de porter haut sa vérité, d'où l'importance du personnage de Kiki et celui, pourtant plus discret de l'épouse Kipps.
J'ai mieux compris ce titre à l'aune des deux derniers spectacles que j'ai vu. Dans Assoiffés, on plonge dans l'histoire d'un adolescent idéaliste et mort alors qu'il a trouvé une réponse à son flot d'interrogations. Le ressort énergique et l'humour de la pièce repose entre autres sur l'ambiguité adolescente : un entre deux, enfant/adulte, tiraillé entre l'exaltation passionnée, entière, sans concession, le sublime, et la contamination des réalités, la tranformation du corps, l'incertitude, la maladresse, le pathétique. La quête de la beauté tout au long de la pièce est comme la recherche d'un vaccin à une mort imminente. La mort néanmoins arrivée, le personnage principal, sauvé par Norvège, peut gagner la postérité.

D'une certaine manière, le même questionnement semble traverser Basso Ostinato. Le pathétique est bien présent, s'exprime physiquement jusqu'à l'écoeurement pour le spectateur. Il y a comme une négation de la Beauté et par là même l'inspiration de la pièce, l'aspiration de nos angoisses.

Il ne s'agit donc plus de crise adolescente mais d'une crise, avec l'opposition entre beauté et pathétique. Le pathétique n'est plus une douleur en soi, paradoxalement si on en revient à l'étymologie du terme, c'est la perte de la beauté qui nous fait souffrir désormais.
Il ne s'agit plus d'une posture esthétique, il s'agit bien d'une question qui vise nos vies, nos choix de vie. Au delà de toute dialectique cartésienne, c'est devenu une question de foi.

Dimanche 20 janvier 2008
- Par Sarah - Publié dans : Clochettes - Voir les 1 commentaires
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12 janvier au Théâtre Garonne


undefined   C'est une pièce très bien écrite, qui ne se laisse pas deviner tout de suite.


Deux hommes entament une discussion avec un ballet classique en arrière-plan, sur un petit écran. 

La discussion est assez banale, dérisoire.

Tandis que la discussion se fragmente, un troisième homme s'élance dans un débit chorégraphique ininterrompu. Se répètent, se déclinent, des bribes de phrases, un rythme en ossature, des gestes attachés à la discussion s'échappent. Le duo devient trio.

Les hommes au fur et à mesure des tableaux revêtent un costume, jusqu'au détail du foulard dans la poche apparente de la veste, alors même qu'ils s'enlisent dans leur condition de "tube" qui crache et vomit, avale et régurgite, leur condition d'organes destinés à se faire manger par les asticots, condition d'asticots.

Caterina Sagna, désosse une synthaxe, et agite le signifiant sans signifié, avec des réminiscences de sens. Ce vertige fait peur, il nous ancre avec brio et intelligence, avec la précision d'un scalpel lors de cette coupe chirurgicale, dans le pathétique. Le chirurgien qui détient le masque est l'art. Cruel. Deux antipodes qui se regardent. L'humain et son désespoir de sublimation. Des danseurs qui parlent de danse pour n'évoquer que l'anecdotique scatologique.

La scène se couvre de bandes noires pour soigner ses plaies, ces mots, ses maux.

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Dimanche 20 janvier 2008
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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Scène nationale d'Albi, le jeudi 10 janvier 2008 à 20h30


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J'ai ressenti un peu la même chose que lorsque je vais au Théâtre des Doms voir les productions théâtrales belges, si ce n'est qu'ici, ils sont québécois : une irrépressible énergie, une urgence, une modernité qui mérite d'être mieux définie.

Pourquoi moderne ? De par son sujet, son traitement ? Une quête initiatique sur fond de crise adolescente, un besoin de quête de sens dans une époque désenchantée avec un je ne sais quoi de cinématographique voire même de feuilletonesque type les "experts au quebec"? un croisement des arts qui sert à faire ressortir une contemporanéité protéiforme ? avec un savant mélange de désordre revigorant aux tonalités pops ou discos ? L'urgence même semble bien d'époque ; une course contre le temps, une impatience dans le fond et la forme avec une narration épileptique qui ne peut pas s'attarder, ni ne veut, ni ne saurait.

La mise en scène ne s'essoufle pas d'ailleurs, elle en joue, ne se pause que pour cet instant où les spectateurs se rassemblent pendant de longues minutes, avant d'applaudir.

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Dimanche 13 janvier 2008
- Par Sarah - Publié dans : Théâtre - Voir les 0 commentaires
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