Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
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Avec le temps va

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dans quel état ..

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 (auteur Toulousain, plus connu pour son ouvrage Une vie française)

 Voici un petit livre qui se lit très vite, qui a le bonheur d'être mordant et drôle à la fois. Même si les nouvelles sont parfois assez inégales, Jean-Paul Dubois installe une atmosphère amère sans être réellement désespérée, l'humour agit comme un décapant à des brèves qui se délectent des aspérités d'un quotidien tendu entre banalité et faits divers.

Ce serait plus un livre d'automne que de printemps mais n'attendez pas jusque là. Et si vous êtes dans les travaux et le bricolage, lisez impérativement du même auteur "Vous plaisantez, Monsieur Tanner".

 - Une nouvelle au choix -

 95 X 68,57

Comment je referais le monde si j'en avais le pouvoir ? Je vais sans doute te décevoir, mais je le réduirais à une pelouse bien tondue de 95m par 68,57m avec de chaqe côté des poteaux espacés de 5,65m reliés par une barre placée à 3m de hauteur. Autour du terrain, je mettrais des tribunes bondées de types enthousiastes. Au centre, je poserais un ballon ovoïde de 425g, et, de part et d'autre de la ligne médiane, deux équipes de quinze gars soudés comme des parois de coffre-fort et souples comme des bracelets de montre. Au coup de sifflet de l'arbitre, tout le monde se mettrait à vivre. On serait à tour de rôle sur le terrain. Quand on jouerait, à la mi-temps, on s'assiérait dans l'herbe en suçant des quartiers d'orange, en remuant les cuisses pour décongestionnait les muscles et en regardant des filles souriantes assises sur les gradins. Oui, je me verrais bien vivre dans un monde comme ça pendant soixante ou  soixante dix ans. Ensuite, le moment venu, après un plaquage sévère ou une cravate, soutenu par le coach ou le soigneur, je sortirais du terrain sans faire d'histoire, sous les applaudissements de la foule. Et puis, seul dans les vestiaires, j'attendrais la fin du match.

Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /2007 11:32
- Publié dans : Livres - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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 C'est vraiment un très beau film, il y avait longtemps que je n'avais pas vu un film susceptible de me marquer.

  

 " En 1984 à Berlin-Est, dans un centre de formation de la toute puissante et redoutable STASI (police secrète du régime), des étudiants écoutent avec attention le cours de l'officier Gerd Wiesler sur les méthdes d'interrogatoire. Le personnage est précis, méticuleux, sans faille. Le genre de type qui pourrait être archiviste ou balayeur, le genre qu'on ne remarque pas mais qu'on devine redoutable. Un ancien camarade d'université, devenu son supérieur, le Lieutenant Grubitz, lui confie la tâche de surveiller un célèbre écrivain de théâtre très en vue et réputé acquis au parti."

 Deux hommes semblent s'opposer de par leur caractère et leur mode de vie : Gerd et le dramaturge. Et pourtant, tous deux sont brillants, impliqués dans un métier auquel ils donnent un sens qui va au-delà. Dans ce contexte politique particulier, ils vont éprouver leur engagement et leurs convictions, le médiateur sera une femme, tour à tour leur force et leur faille. L'art est également au centre du huis-clos, plus qu'un catalyseur, il devient le garant d'une humanité vivante et fragile, l'espace des incertitudes.

 Il y a beaucoup de pudeur dans ce film où les personnages ne sont pas monolythiques, mais tissés de tout ce qui peut nous lier les uns aux autres, dans ce qui a de plus noir comme dans ce qui constitue les hommes bons.

Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /2007 10:14
- Publié dans : Cinéma - Par Sarah
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 Mercredi 21 mars 2007

 J'ai vu ce spectacle il y a deux ans (voir ici). Je n'en ai pas une vision réellement différente mais j'ai pu l'apprécier avec plus d'attention encore.

 Dans le petit monde du cirque, il  y a la sempiternelle question du "nouveau cirque", "mais qu'est ce donc que cette bête là ?". Le duel des Anciens contre les Modernes. Le nouveau cirque revendique une recherche dans la mise en scène, le refus du "numéro" ou alors dans une finalité autre que la simple technicité. Les anciens s'attachent à la tradition et ce qu'ils apportent en héritage aux modernes. Le débat se complique quand parmi la gente du nouveau cirque, il y a vraisemblablement un malentendu, ils s'entourent d'artifices d'une certaine actualité (nouvelles technologies, musique live, costumes peu conventionnels) pour faire croire qu'ils sont nouveau cirque et cacher une absence de recherche artistique. Ils ne sont pas cirque traditionnel mais peut-on leur reconnaître pour autant le label 'nouveau cirque'?

 Avec Johann Le Guillerm, le débat se présente d'une toute autre façon.

 Il y a d'abord la présence revendiquée et assumée de l'héritage du cirque traditionnel : la piste, ce cercle qui définit l'espace spectaculaire et qui finit même par devenir un langage à part entière puisque la circularité est au coeur de la recherche de Le Guillerm.

 Le Guillerm reste attaché au 'numéro' et à la prouesse technique, hallucinante chez cet interprète. Toutefois, il utilise cet héritage pour le révolutionner de l'intérieur (révolution, étymologie qui renvoie encore à la notion du cercle).

 Il joue des effets symptomatiques du numéro :

- l'attente de la conclusion qui lui permet d'amener un autre rapport au temps mais également une approche toute en nuance de la construction même du numéro,

- la succession des séquences qui deviennent comme autant de tableaux attachés aux matières brutes, de bois, de fer, de sable,

- la peur du spectateur attachée à la prouesse qui lui permet d'ancrer son personnage.

 Le numéro en soi n'a plus d'importance : tout se joue sur son installation, l'installation est l'acte performatif, tandis que la performance aboutie n'est qu'un des morceaux du puzzle de son abécédaire circonvolutif. Il se décline dans un univers de volumes dont le cadre spectaculaire s'inspire d'une culture indigène ou primitive tout autant que circassienne.

 Son personnage, être humain au râle animal et aux impatiences nerveuses, maîtrise le temps, son art, construit son environnement, des machines à son image, bêtes à apprivoiser qui se faisant, trouve le centre du Secret, sa résolution, dans un éternel recommencement.

 ☼ ☼ ☼ ☼ ☼

Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /2007 11:11
- Publié dans : Cirque - Par Sarah
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 Festival Rebonds - Albi - 16 mars

 Premier solo  - Une rose est une rose avec Simone Gomis

 Une danseuse est plantée dans le sol, jambes tendues. Son centre ainsi harnaché déploie le haut du corps dans une circularité qui gagne en vitesse et donc en puissance, tandis que quelques gestes tentent de s'échapper pour finir aspirés par cette rotation. Arrivé à une sorte de transe, on a l'impression que ce corps sculpté de muscles, un cyclone qui déplace l'air pour retourner à la terre, entre dans une écriture chorégraphique cosmographique.

 Deuxième solo - La formule des hanches avec Aline Azcoaga

  Tandis qu'une lune coupe la verticalité en deux, une femme évolue dans une danse qui a un grand sens de la découpe, des séquences chorégraphiques liées dans une même tension se succèdent comme autant d'intensités qui s'auto-contrôlent par l'usage très subtil des silences.

Dès lors, le geste, plein, d'une extrême précision, s'apprécie comme un élément d'une grande rareté : concis, beau, essentiel.

Se dessine dans l'identité chorégraphique d'Heddy Maalem, les enjeux suivants : une danse au corps maître et délicat ; puissant sans user de force. Des interprètes ayant une 'expressivité de présence ' c'est à dire dotés d'une corporéité charismatique. Et enfin, une danse, dont les mouvements suivent une partition singulière, sans fioritures, à la beauté non ostentatoire mais saisissante, véhiculant une lecture toute aussi essentielle que multiple, évidente et impénétrable.

   Troisième solo - Reconstruction de Venus avec Laia Llorca Lezcano

Une femme nue évolue sur la musique qui amène comme un éblouissement, la nudité dans son aveuglant dénuement. Dans un geste de 'sublimation', mains tendus vers le public, elle semble capter les énergies tout autant qu'elle semble s'offrir. Ce solo en deux temps, joue sur le regard, l'acte de regarder un corps. Cet aller-retour (regardant-regardé), par la nudité de l'interprète, est réduit à l'essentiel, un corps bouge, on le regarde, un corps sexué qui ne s'impose pas comme tel sur le fil de l'intime mais se regarde presque au sens pictural : une blancheur irréelle, des lignes mouvantes, tandis que la danse finalement l'habille et le quatrième mur crée la distance.

   La pratique de l'ombre - Serge Anagonou et Shush Tenin

 Ce duo masculin m'a renvoyée à l'humain et à la notion de solitude qui sous-tend ces pièces. L'homme qui porte l'homme, un face à face qui s'appuie sur cet apprentissage; s'aimer, s'accompagner, s'abandonner, se suivre, se prendre par la main, se laisser guider...

La puissance se mêle à une grande fragilité chez Heddy Maalem.

Nous en revenons à la solitude et au regard, aux interprètes et à leurs spectateurs.

Il paraît que nous ne sommes jamais seuls, point d'existence sans cet extérieur, le regard d'autrui qui nous définit mais également cet intérieur, son propre regard sur soi-même.

Jolie mise en abîme qui fait traîner l'écho de ces instants, longtemps.

 ☼ ☼ ☼ ☼ ☼ ☼

Samedi 17 mars 2007 6 17 /03 /2007 10:56
- Publié dans : Danse - Par Sarah
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 Albi : vendredi 9 mars, vendredi 20 avril, vendredi 11 mai

Une jolie initiative à souligner : concerts de musique de chambre gratuits dans des coins inattendus de la ville

 Le programme des vendredis à venir

 Vendredi 20 avril  : "Improvisation et musique du XX siècle"

 La Barroquerie - chemin du séminaire du roc à 18h30 / Chostakovitch improvisation avec la participation de Jean-François Zygel

Espace nautique Atlantis, route de cordes à 18h30 / percussion autour de Piazziolla, Koppel

Auditorium du Bon Sauveur, 1 rue Lavaziere à 20h30/ Improvisations, Bartok, Ravel avec la participation de Jean-François Zygel

Gymnase Rochegude, av Frédéric Mistral à 20h30/ Trios de Chostakovitch, Ravel, Shedrin

 Vendredi 11 mai : "Résistances, Formes et libertés"

 Auditorium de la Maison des Compagnons du Devoir, 2 rue Maréchal Lyautey à 18h30/ Bach (père et fils)

Centre d'apprentissage technique de jarlard, 71 rue Ampère à 18h30 / Bach, Charvet "la musique et le divin"

Eglise de la Madeleine, rue de la Madeleine à 20h30 / Messiaen "Quatuor pour la fin du Temps" avec la participation de Marie-Christine Barrault

 

Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /2007 08:47
- Publié dans : Musique - Par Sarah
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