Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Visuel du Blog : Cécile Urbita

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

 

(Rennes 2005)

Sur scène, le dispositif scénique ne se laisse pas tout de suite deviner. L'espace est tout d'abord vide de toute présence:les 2/3 sont occupés par des fils suspendus aux bouts desquels pendent des socles immobiles, il reste 1/3, bizarrement "bas de plafond". Et au milieu des socles une branche d'épine. Au sol, des bouteilles d'huile.

Pendant que les spectateurs prennent place, une femme entre sur scène et va s'assoir sur une chaise de bar.

Devant nous et derrière elle, des bouteilles d'alcool, des verres.

La femme est d'une présence discrète.

Elle n'impose pas à l'espace salle le début de l'hégémonie de l'espace scène.

Ca prêterait presque à sourire quand, à posteriori, on pense à l'évolution du spectacle, à sa provocation, et notamment cette scène:une masturbation frontale, yeux dans les yeux, à laquelle s'ensuit les roulés boulés impudiques, d'huile et de sueur de la danseuse, sur fonds de transe pulsionnelle. A ce moment-là, ce sont les spectateurs qui aimeraient devenir transparents pour ne pas se sentir pris au piège de leur voyeurisme passif. Mais cette impression ne dure pas.

Petit à petit, chaque bouteille trouve son socle, la femme prend son temps pour les y mettre. Déjà, une métaphore sexuelle se dessine.

Elle chante par moment, les bribes d'une chanson populaire qui se loge, elle, tout de suite dans la tête.
Le périple de cette chanson est en soi très intéressant:au début, elle comble les vides, au fur et à mesure que la tension augmente, la chansonnette est étouffée, à la fin, elle permet néanmoins de respirer, de prendre de la distance, voire même une distance complice de ces scènes, vues dès lors comme une espièglerie délicieusement vicieuse.

Les bouteilles une fois suspendues paraissent flotter dans l'air. Tout de suite deux impressions:la liberté de cette sensation d'apesanteur et l'effet compressé du découpage spatial. Je serais presque claustrophobique pour l'interprète. Mais elle, visiblement, elle s'en fout. Elle est libre et le sera de plus en plus, quand elle enlèvera petit à petit ses vêtements, pour en revenir à l'état d'impureté originel. Eve solitaire qui fécondera, toute seule comme une grande, ses compléments, ses moitiés, aux doux noms de machos méditerranéens. D'ailleurs la pièce pourrait se lire comme un joyeux pied de nez féminin. Et si Dyonisos était une femme?

Au début, je me demandais quel sens donner à cette couronne d'olivier. La figure christique était inappropriée. Non, c'est une figure dyonisiaque, figure d'ivresse qui ne trouve sa consécration qu'en tant qu'ivresse sexuelle et rituelle et s'incarne merveilleusement dans un corps de femme:un corps tout en muscles, sans rondeurs, les seins raturés par un trait noir accusateur de leur absence. Mais vient l'huile d'olive et son côté lubrifiant qui fait la femme terriblement femme, une animale de féminité.

Elle se tortille au sol, le cygne du début qui n'arrivait pas à prendre son envol et s'en amusait, libéré de toutes contraintes, s'écrase au sol et devient hybride:mi volatile, mi poisson, mais toujours aussi femme. Cette chimère féconde de petites olives transparentes, sécrétion précieuse qui donne à la boisson la saveur qui lui manquait.

A la question terriblement existentielle "et maintenant que fait-on?", Kubrick laissait pour réponse dans son film posthume; "Fuck". Réponse sous forme de pirouette prononcée de la bouche d'une femme. Jan Fabre, semble t-il, en arrive à la même conclusion.

Samedi 24 décembre 2005
- Par Safran - Publié dans : Danse - Voir les 2 commentaires
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(Bruxelles - août 2004)

Quel bonheur le festival Brigittines! Niché dans la chapelle du même nom réaménagée en salle de spectacle (on a beau vouloir désacraliser l'art, certains lieux semblent faits pour accueillir des spectacles), le festival se construit autour de la thématique "décaler le réel".

Brutalis est né <i>"de la rencontre entre le dessin et la danse, de la matière noire et du corps. S'en suivent des états intemporels partagés par d'autres présences, celles de la musique et de la trace, de la lumière et de la matière."

Ce solo, tout en émotions contenues, est jeté à la face du spectateur comme une donnée brute : de chair, de sang, organique, pas tout à fait humain, proche de l'insecte, violent et parfois doux, l'acte poétique ici transpire la matière corporelle.

Ce corps, on ne le reconnaît pas vraiment. Le jeu de lumières est tel, que la vision se trouble et tend à faire croire qu'il s'agit d'une peinture aux couleurs fauves.

C'est une pièce où tout n'est que matières, où le spectateur frissonne de toucher ainsi du regard cette intimité organique et picturale.

Samedi 24 décembre 2005
- Par Safran - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 (Bruxelles août 2004)

Le dispositif scénique est tout à fait original. Les danseurs sont disposés chacun sur un socle de lumière et prennent tout l'espace de la chapelle. Les spectateurs peuvent aller et venir comme bon leur semble et profiter de cette pièce où tout se joue sur l'atmosphère. Petit à petit, la gestuelle épurée et répétitive permet de rentrer dans une autre dimension, presque intemporelle.

Cette danse détourne les gestes du quotidien, interroge la notion de l'individualité et du groupe : ainsi, on prend autant de plaisir à observer un danseur, individualité distincte, qui s'est appropriée sa partie de lumière, que l'ensemble, où un jeu d'échos, de vagues et d'effets miroirs prend forme dans cette ambiance feutrée, comme fragile.

Les spectateurs repartent hagards, encore sous l'effet de l'hypnose que les applaudissements n'ont pas atténué.

Samedi 24 décembre 2005
- Par Safran - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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(Bruxelles - août 2004)

Cette jeune brésilienne, passée chez M.Marin, propose une pièce en deux temps.
Premier temps, elle confronte le spectateur à une nudité qui s'offre dans une très grande proximité et crudité. A chaque fois elle modifie le dispositif scénique en 'invitant', elle ou les danseurs qui vont présenter la séquence, tout de 'nu vétu' et sans aucune pudeur manifeste, le public à venir se mettre dans tel espace de la chapelle. Les danseurs prennent place et présentent des corps qui se coordonnent, s'emboîtent, jouent des effets d'optique pour créer des chimères en mouvement.

Pas de musique, pas d'effets lumière, les séquences sont dépouillées, aussi nues que leurs interprètes, seules des formes prennent corps et se déforment.

Dans un deuxième temps, toute la fraîcheur d'une danse, jeune et explosive vient rompre cette neutralité apparente et conceptuelle, pour soutenir un discours militant 'altermondialiste'. A coups de slogans, de musiques aux rythmes tribaux, Lia Rodriguez prend toute la force d'une énergie primitive pour aller au coeur de son engagement politique.

Samedi 24 décembre 2005
- Par Safran - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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