Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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dans quel état ..

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Festival d'Avignon - juillet 2010

 

outofcontext

 

Alain Platel a du savoir-faire : une mise en scène très visuelle, plutôt enlevée, voire même énergique, des interprètes virtuoses, une bande-sonore qui fait le grand écart entre Gould et Khaled, une pointe d'hystérie pour emporter le tout, emballé c'est pesé, Platel nous fait du Ballet C de la B.

 

Out of Context, s'intéresse au corps des danseurs. Ils arrivent, se déshabillent, se couvrent d'une couverture corail et petit à petit, leur virtuosité s'exprime, par ces corps hors-normes. Du hors norme au hors norme, Platel s'est inspiré des handicapés. De la façon la plus linéaire qui soit : il a pris comme matière chorégraphique la gestuelle propre aux handicapés. Et Platel a du savoir-faire ...

La beauté côtoie l'anormalité. Très vite, la sexualité s'en mêle. Le corps dans tous ses états. Platel cherche toujours les extrêmes mais dans Out of context, avec une facilité assumée, une légèreté hédoniste, sans nécessairement s'imposer d'autres contraintes que celle de son plaisir face à ses créatures. Il cherche ce qui l'émeut, peut-être même ce qui lui procure des sensations.

 

Ce spectacle est une sorte de fornication de Platel avec ses danseurs. Nous ne cherchons pas  "ce que le corps peut nous apprendre" (dixit le programme de salle) mais le plaisir qu'il va nous procurer. Il se procure dans une beauté parfois monstrueuse, aux pulsions animales, primitives, dans un instant hors-norme, celui de l'excitation et de son paroxysme. La chair pour la chair.

 

Y at-il de l'innocence ? Non. Deux bébés sont posés sur scène au milieu de figures grimaçantes. Y at-il de la tendresse ? presque, mais fausse, elle est quémandée au voyeur que nous sommes, comme dans un concert de Mickael Jackson quand un spectateur part se jetter dans les bras du chanteur.

 

Puis tout le monde se rhabille et s'en va. Nous ne passerons pas la nuit ensemble.

 

Créé et dansé par Elie TAss, Emile Josse, Hyo Seung Ye, Kaori Ito, Matthieu Desseigne Ravel, Mélanie Lomoff, Romeu Runa, Rosalba Torres Guerrero, Ross Mc Cormack

 

 

 

 

Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /2010 08:00
- Publié dans : Danse - Par Sarah Barrea - Ecrire un commentaire
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De et avec Christophe Rulhes, Julien Cassier, Sébastien Barrier

Festival d'Avignon 2010


GdRA - The Crow - c Christophe Modica - jpeg 300dpi

"Singularités ordinaires" nous est présenté comme un "théâtre anthropologique", le mélange d'art et sciences humaines. Cette appelation m'étonne particulièrement. L'a rt : n'est-ce pas déjà une exploration de l'humain ?

 

L'art interviendrait ici pour donner plus de force au propos "scientifique", le fond associé à l'émotion, l'argument à la séduction. Or malgré le crédit scientifique, le propos paraît un peu gentil. Certes, les extraits d'entretie ns sont intéressants et bien choisis. Mais encore une fois, poser l'intention d'aller au-delà des préjugés, de sortir les notions "folklorique", "populaire", "classique" de leur cadre sont de bien grossières ficelles posées maladroitement dans le champ artistique comme un pléonasme. Comme un écrivain qui pour écrire qu'un paysage est beau écrirait "le paysage est beau". L'art  est en soi une force de dénonciation, un espace de révolution. Il n'y a pas besoin de mettre des sous-titres ou des légendes pour que le spectacle vivant travaille le réel.

 

De même, nous avons ici trois plans : une narration plus ou moins musicale, l'accrobatie et les images vidéos. Trois plans qui ne se rencontrent que par leur coexistence sur scène. L'accrobate illustre la narration, au mieux l'évoque en musique. Aussi simplement, aussi banalement.

 

Malgré mes réticences, il y a de l'énergie et un engagement. Au delà de la dimension anthropologique, le GDRA doit explorer l'artistique, trop de bonne volonté ne doit pas en épuiser le ressort.

 


Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /2010 08:00
- Publié dans : Cirque - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Cour d'honneur du palais des papes - Festival d'Avignon

 

Podalydes-Richard-II

 

Le texte est beau. Les acteurs sont très bien et ont de beaux costumes. Le lieu est magique. Les 2h45 passent comme deux heures et quarante cinq minutes, sans surprise.

 

On est en juillet 2010.

 

Le texte, les acteurs font que je ne m'ennuie pas franchement.

 

Mais voilà, rien ne se passe de plus que ce qui est dit et fait. Tout est à sa place sauf peut-être les deux comédiennes cachées sous la table une partie de la pièce, ce qui paraît incongru voir ridicule sur ce plateau. Le présence la plus silencieuse est la plus intéressante : un enfant blond, assis et immobile, énigmatique.

Il y a une certaine efficacité, un peu trop systématique, dans l'enchaînement des scènes où un coup de clairon annonce l'entrée énergique d'un comédien, une façon de rythmer la pièce, de réveiller l'assemblée.

Le jeu de Podalydès est nuancé, jouant du tragique avec légèreté, un humour presque grinçant dans ce personnage sautillant et détaché.

 

Sinon, la mise en scène malheureusement me paraît parfaitement inoffensive. Un texte compris mais pas bousculé, sans révélations, sans mystères, sans vision. Un texte joué, bien enrobé de ses lumières. Il ne se passe rien de plus que ce qui est dit et fait et rien ne m'apparaît. Comme une pièce applatie, écrasée par l'écran de la télé et pourtant tout se passe sur scène, dans la cour du palais des papes, celle qui marque l'acte fou de Vilar de vouloir décentraliser le théâtre dans un endroit magnifique mais à l'origine inadapté. Or ici, tout est confortable.

 

On applaudit. J'écris. Et dans quelque temps ce sera oublié comme si rien, réellement ne s'était passé.

 

Avec Axel Bogousslavsky, Frédéric Boyer, Cécile Braud, Jean-Charles Clichet, Florence Delay de l'Académie Française, Jérôme Derre, Vincent Dissez, Bénédicte Guilbert, Yvain Juillard, Alexandre Pallu, Denis Podalydès de la Comédie Française, Anne-Catherine Regniers, Nathalie Richard, Bruno Sermonne

Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /2010 17:42
- Publié dans : Théâtre - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Festival d'Avignon - le 21 juillet 2010

 

Big Bang

 

Philippe Quesne travaille sur la mélancolie urbaine. Et quel drôle d'objet il nous livre ! Du non identifié. Il se passe presque rien. Ainsi, à pas feutrés, en murmures, les scènes s'esquissent visuelles, sans jamais s'imposer et suivent un cours qui semble déterminé mais pas vraiment convaincu, hésitant mais écrit.

Tout en prenant son temps, l'histoire sans histoire, celle de l'évolution des choses, choses étant suffisamment indéterminé pour être le terme adéquat, présente des tableaux suffisamment décalés pour amener une forme de poésie sans relief, à l'oscillogramme plat. C'est drôle et insidieusement flippant la mélancolie urbaine de Quesne. Ce non spectacle, cette non performance, ce machin chose, qui tient un peu de l'aquarium m'ennuie à tous points de vue. La mélancolie urbaine se regarde et le sentiment d'impuissance est complet. Seul l'humour et le regard finalement sur ces images plutôt belles, notamment quand elles se noient dans une scène baignée de lumière verte et de vapeur d'eau, rappellent un tant soit peu le vivant, secouent le mollusque qui gît en nous. On comprend sa référence à l'infiniement petit, parce qu'on ressent très fort que Big Bang nous présente le dérisoire.

Ainsi, sans faire grand bruit, il valorise le rien par le peu, le peu se fait rare et on s'accroche à ce qu'on peut.

 

Avec Isabelle Angotti, Rodolphe Auté, Hermès, Jung-Ae Kim, Emilien Tessier, César Vayssié, Gaëtan Vourc'h

Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /2010 08:00
- Publié dans : Théâtre - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Répétition ouverte - en avant première le 18 juillet 2010 au Théâtre du Colombiers

 

Avant toute chose : une précision, j'ai vu Micro, en avant-première. Ce n'était donc pas la version définitive, ni la version mûrie par plusieurs représentations.

 

Pierre Rigal installe une ambiance : une scène chargée d'instruments. Il empreinte à la scène rock, ses instruments, ses références, ses musiciens afin de livrer sa vision fantasmée et mouvementée.

Il se présente, en habit de lumière, dans les postures archétypes des bêtes de scènes.  Cette introduction pose le postulat de la scène rock, de son détournement avec un humour enfantin très imagé.Très vite, ses créatures le rejoignent, chimères de musiciens, rockers, performers.

 

Les instruments sont détournés, nous pensons de façon très lointaine à James Thierrée. Il y a une graine de folie qui traverse les corps, les voix, la scène, le surgissement de la musique comme émanation de cette ambiance énergique, poétique, animale et machine.

 

Il y a comme une innocence, une scène de rock surgit de l'intime des souvenirs et délires.

 

Le groupe de musiciens nous livre un concert évolutif et visuel. On ressent leur complicité, leur synergie. Toutefois je m'interroge plus sur la présence de Rigal même. Contrepoint qui orchestre le tout, un peu empêché par l'étroitesse de l'espace, il est un peu en dehors, un peu dedans. Interprète tout en présence corporelle très physique, je n'ai pas l'impression qu'il arrive à intégrer pleinement l'esprit du groupe, leur folie sous-jacente, leur sauvagerie instinctive. Il y a bien des tentatives d'explosion physique, mais toujours très controlées, très dessinées. Rigal semble pris au piège de sa gestuelle de postures, idéale dans Press, trop parfaite dans Micro.

 

L'énergie de cette pièce nous traverse, amène de la jubilation. Tout comme Charmatz, Rigal s'approprie des codes qui ne sont pas les siens, et cette liberté décomplexée, nous emporte dans une grande respiration.

 

Interprétation et musique

Malik Djoudi, Gwenaël Drapeau, Mélanie Chartreux, Julien Lepreux, Pierre Rigal

Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /2010 17:01
- Publié dans : Danse - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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