Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

Samedi 8 novembre - Au Théâtre Garonne - Toulouse

Il est intéressant de s'interroger sur l'"âge de raison" des chorégraphes les plus connus. Tout d'abord, parce que la plupart ont traversé et marqué ces dernières décennies de danse : des années 70 à aujourd'hui. Ensuite parce que les lieux de diffusion souvent, de façon plus ou moins implicite, nous y invitent.
Avec Larrieu, Mark Tompkins, Michel Anne de Mey, notamment dans leurs reprises, j'avais retrouvé une certaine légèreté, presque une insoucience, mais aussi des acquis désormais datés dans leurs postulats .
Chopinot aime remuer, bousculer son petit monde. Il y a souvent chez elle, une énergie assez incroyable, et définitivement, un tempérament.
Pourtant avec Cornucopiae, voilà, qu'elle me surprend, bien plus qu'avec Wha, où je ne perdais pas ses repères. Voilà aussi qu'elle s'ancre, bien douloureusement dans son présent.

Par certains aspects, je pense fortement au Maguy Marin de May B. Mais je m'égare.

A priori : une scène blanche et crue, surmontée de pans faits comme en aluminium, trois carcasses de chevaux au sol, des peaux de bêtes, seules touches de couleurs, seules traces de vivants, de vivants qui ne sont plus ? Arrive un petit groupe ; des silhouettes engoncées dans des costumes ouatés blancs, mi-esquimaux, mi personnages d'enki-bilal, mi-antarctique, mi science-fiction avec une constante : les visages cachés par des pelles. Ils resteront anonymes jusqu'au bout.
Dans le traitement des mouvements du groupe, on retrouve un peu de May B : des déplacements et une gestuelle qui semblent assez archaïques ou dessinés d'archétypes, de l'ordre du tribal, voire même du primordial et très syncopés par la profusion d'arrêts, de temps morts.

La mort, l'absence sont d'ailleurs, malgré l'humour (assez désespéré), très présentes. Elles semblent avoir effacé les visages, les vivants, l'humain. Le langage lui-même, lettres qui se crient, impérieuses et pathétiques, menaçantes et ludiques, incompréhensibles, le langage se délite. L'énumération de tout ce qui est ou n'est plus, n'en finit pas, drôle et angoissante. Les mots ricochent sur du vide. Une ritournelle plane et semble venir de très loin, de trop loin. Les tableaux se figent comme autant de battements de paupières que l'on ne souhaite pas visionnaires.

Je me souviens ce roman terrible, The Road de Mac Carthy.

L'âge de raison de Chopinot s'exprime dans une pièce bien sombre malgré cette clarté, ce jusqu'au boutisme. Un parti-pris sans concessions que le public a bien du mal à partager.

La salle se vide, se remplit d'absents.

La pièce se termine, le temps de l'éphémère s'efface dans sa propre mort.
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Théâtre Garonne lien : Ici
Pièce chorégraphique conçue et réalisée par Régine Chopinot
Avec John Bateman, Tuan Anh Bui, Régine Chopinot, Alexandre Del Perugia, Gianni-Grégory Fornet, Virginie Garcia, Dennis O'Connor, Daisuke Tomita
Scénographie, textes et costumes : Jean-Michel Bruyère
Lumière : Maryse Gautier
Réalisation sonore d'après Henri Chopin : Nicolas Barillot

Crédit Photo : J.Garcia
Les images du site ne sont pas libres de droit.
Je remercie la Cie de Régine Chopinot pour ce visuel.

Mardi 11 novembre 2008
- Publié dans : Danse - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Suite aux nombreux échanges de mails avec mes ami(e) bloggers - Un Air de Théâtre avec Yann, Clémence et Laura, le Tadorne avec Pascal Bély, Un Soir ou un Autre avec Guy Degeorges, Images de danse avec Jérôme Delatour, à la réunion qui eût lieu le samedi 11 octobre 2008, il apparaissait de façon bien plus nette que l'anonymat ne semblait pas se justifier.

En effet, la création de ce blog au départ motivé par une simple mise au propre de notes jetées sur papier, à partager par curiosité, s'est révélé, comme ceux de mes compères, avoir une audience, soulever questions, motiver des échanges, s'inscrire dans un réseau, dans une dynamique, liés aux spectacles, où l'anonymat ne permet pas d'aller au bout de ce procédé d'honnêteté et de sincérité qu'est l'écriture de ce type de blog profondément subjectif et personnel, assumé et défendu comme tel parce qu'une individualité peut avoir aussi, un avis senti et éclairé.

A partir de là, il me faut me présenter :

Née en 1981, je ne suis pas trop vieille.

Dès le plus jeune âge, j'ai pratiqué la danse, ayant une maman danseuse. Mais mes premiers amours furent pour le théâtre.
Le premier coup de coeur fut à Montpellier où, pour fêter le bac, je fis le festival de danse Montpellier. C'est très précisément à ce moment là que je sus que je voulais travailler dans le milieu culturel, être partie prenante de ce qui, pour moi, donnait sens.
Après un parcours des plus académiques; un passage par Sciences Po Bordeaux avant une spécialisation dans le management culturel et des stages en France, Navarre et Belgique, dans des structures toutes aussi différentes les unes que les autres, une première expérience d'administratrice d'une compagnie de danse, j'ai voulu poser mes valises dans mon cher sud ouest : la culture certes, mais le vin rouge, le foie gras et autres nourritures terrestres sont aussi des motivations essentielles !
Je voulais expérimenter quelques unes de mes convictions profondes au sein d'un projet : Le Pas Perdu, un lieu de résidence pour les compagnies de danse professionnelles et de découverte pour tous les publics. Je décidais de créer ma propre occasion de faire pleinement quelque chose qui me passionne puisque le "manque d'expérience" ne me permettait pas dans un premier temps de postuler pour les offres d'emploi les plus intéressantes.
Drôle  d'expérience qu'être jeune porteur de projet ! Il faut aimer très fort et faire beaucoup de compromis, c'est être parent et amant, lucide et désespérément attachée au sujet de toutes ses pensées.
Les résultats sont encourageants même si beaucoup, énormément reste à faire. Lieu d'expérimentations et de liberté, c'est une aventure merveilleuse, d'amour et d'eau fraîche.
Je travaille donc en parallèle pour le Festival Musique sur ciel où je découvre avec tout autant de plaisir la musique de chambre, baroque et contemporaine, d'autres codes et d'autres impératifs.

Et pendant tout ce temps le blog : une parenthèse d'oxygène où j'essaie de garder un regard neuf, spontanné et surtout le plaisir. Aussi étrange que cela puisse paraître, même en étant passionnée, le plaisir peut s'émousser par le "regard professionnel", voir même se culpabiliser, où ne pas s'assumer. Le blog représentait aussi l'espoir de susciter, de partager ses impressions de spectateur, de prolonger l'éphémère. Malheureusement, les lecteurs, trop rarement, entament cette discussion via les commentaires.

L'écriture est vite devenue un autre terrain d'exploration des spectacles, jusqu'à ce qu'il y ait un petit passage à vide. Heureusement, entre-temps il y a eu des rencontres, avec d'autres bloggers et maintenant de nouveaux terrains à explorer. Mais j'y reviendrai ...



Jeudi 23 octobre 2008
- Publié dans : Clochettes - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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 Théâtre de la Cité internationale - Paris - Du 2 au 25 octobre
Vu le 11 octobre

Tant sur la bible (feuille de soirée) que sur le dossier de presse téléchargeable sur le site du Théâtre de la Cité internationale, Denis Cooper, l'auteur du roman Closer qui a inspiré cette pièce, est très nettement mis en avant.
Alors certes, le texte. Je n'ai pas lu le roman en question donc, de façon tout à fait intuitive, je reste sceptique. Il ne s'agit pas d'une lecture du roman mais bien d'un montage et d'une mise en scène inspirés du texte. Le texte pour ma part est resté fuyant. Tout ce que je peux réellement en retenir, c'est l'effet tiroir d'un récit fragmenté, où fantasme, fiction et récit amènent le trouble.
Dès lors, il s'agit de mettre en scène le trouble, de l'appuyer, par-delà les mots et l'histoire. Le pari est presque réussi, presque et pas de façon tout à fait satisfaisante.

Le premier leurre, l'heur, est la qualité de l'interprète dont la présence androgyne, le charisme est exceptionnel dans le carcan scénique qui est posé ; figure de face, stature frontale et regard fixe, statue au débit monocorde qui appuie certaines nuances de soupçons rouge violence, au physique de plus en plus criant dans la lumière devenant progressivement clinique. Elle porte et incarne le trouble, nous capte et nous enveloppe. Toutefois ce carcan assourdit un peu sa présence. Le défilé des phrases tirées des commentaires de la star académie en fond de scène ne sont qu'un effet de style, une vélléité de mise en perspectives, ajoute des mots au texte sans réellement produire de reliefs, ils sont juste inutiles.

La toute fin, pic tardif, d'une progression certes effective mais un peu molle, laisse une légère frustation. Le trouble n'est pas monochrome, à peine gris, parfois teinté de piquées rouges. Le trouble aurait voulu hurler, l'a tenté, l'a frolé.

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Dedans Dehors David
d'après le portrait 2 du roman Closer de Dennis Cooper
mise en scène et installation David Bobée
traduction Thierry et Jean-Luc Mengus (éd.P.O.L.)
avec Fanny Catel-Chanet

Théâtre de la Cité internationale :
Lien internet
Article de Guy d'Un Soir ou un Autre : Lien internet
Les images du site ne sont pas libres de droit. Merci au Théâtre de la Cité internationale pour ce visuel.

Mercredi 15 octobre 2008
- Publié dans : Productions artistiques Non Identifiées - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Théâtre de la Cité internationale - Paris - du 06 au 11 octobre 2008
Vu le lundi 06 octobre

To do is to be - Descartes
To be is to do - Nietzsche
Do be do be do - Sinatra

Est-ce les influences américaines de Mark Tompkins ou ma vision franco-française ? Dans Empty Holes, j'ai trouvé une forme hybride de comédie musicale, de soap opera, l'artifice et l'énergie bon enfant, décomplexée, que ne se permet pas de façon aussi spontannée un citoyen de la vieille europe.

L'oeuvre date de 1983, période bénie de la danse contemporaine où les forces créatives partaient tout azimut et dessinaient les contours des identités artistiques qui allaient marquer les décennies suivantes. Est-ce mon jeune âge, l'excès de certaines formes très-trop conceptuelles qui me font voir dans Empty Holes, la trace de cette liberté très datée 80 ? Pour Mark Thompkins vraisemblablement, ce solo marque quand même les sources de son identité artistique, de ses obsessions.

Le solo, s'ouvrant sur la silhouette d'un homme qui marche et chante, tisse de façon intéressante plusieurs éléments de mise en scène : les ombres chinoises, la musique live chantée, la narration absurde et à tiroir. Ces élements ont certes vieilli mais gardent une certaine vivacité. La vision du couple qui s'en dégage, sous une coquille artificielle et dérisoire, reste tendre et sensée.

Le plus étonnant dans cette pièce où deux personnages s'incarnent via la voix, des poupées plastiques, des ombres, c'est l'absence justement d'incarnation physique et corporelle. Doris et John se diluent dans l'immatérialité de leur réalité fictive tandis que l'interprète se fond dans son rôle de jukebox et de marionnettiste.

Empty holes, le do be do be doux-amer.


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Concept, texte, chansons et interprétation : Mark Tompkins
en collaboration avec :
Dramaturgie et mise en scène Gérard Gourdot
Lumière Alain de Cheveigné

Théâtre de la Cité internationale - Lien internet
Article de Guy sur Un Soir ou un Autre - Lien internet

Mardi 14 octobre 2008
- Publié dans : Productions artistiques Non Identifiées - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Le Silence

J'ai laissé le blog lettre morte depuis maintenant de nombreuses semaines. Créé il y a presque trois ans, je me suis essouflée. C'est extrêmement difficile d'écrire sur le spectacle vivant, par essence un mode d'expression qui n'inscrit pas sa trace dans la forme figée des mots. Au départ, sans autre prétention que de mettre en ligne comme on met au propre ses notes sur les spectacles, écrire s'est vite transformé en exercice qui permettait de verbaliser et donc de donner corps à mon regard de spectatrice, de prolonger ainsi le souvenir d'un moment fugitif. Au fil de ces trois années toutefois cet exercice enrichissant m'a "séchée". J'ai eu la désagréable sensation de radoter alors même qu'il ne s'agissait pas du tout des mêmes spectacles. Les mots, leur richesse, leur limite, ma faiblesse.

De même, l'exigence d'écriture quotidienne pour garder le blog vivant est devenue une contrainte qui ne m'a pas poussée vers plus de rigueur et d'exigence dans l'écriture même. D'où cette pause salutaire et nécesssaire.

Les bloggers s'organisent

Pendant cette petite pause personnelle, les bloggers du spectacle vivant dont vous trouverez les liens ci-contre, se sont organisés et ont développé cette notion de blog culturel. Ils ont poussé cette envie jusqu'à la création d'un site internet qui nous mette tous en réseau : "Un Air de Théâtre". Beaucoup de questions ont surgi : le rôle des blogs culturels, leur positionnement, leur déontologie ...
La qualité de ces initiatives ont nourri la remise en question qui couvait déjà depuis un petit moment du côté de Clochettes.

Clochettes et la culture

J'ai donc fait un petit point sur ce que je voulais faire de ce blog, sur mon envie et le cadre que je voulais me fixer :

- Je n'écrirai pas sur tout mais présenterai éventuellement des brèves sur ce qui ne fera pas l'objet d'un article.

- Tout en gardant le parti-pris subjectif des articles, je vais essayer de mettre un peu plus de rigueur dans l'argumentation pour retrouver un enjeu, un défi dans ce travail d'écriture et ainsi trouver dans la tenue de ce blog quelque chose qui redevienne plus enrichissant que stérilisant dans mon rapport au spectacle.

- Pour pousser la logique du parti-pris subjectif éclairé, je vais assumer la signature des articles de mon nom et prénom quand j'en serai l'auteur.

- de par mes fonctions, de par l'activité du blog, j'ai envie de croire en un "spectateur-citoyen" : la culture est un enjeu. Face aux difficultés économiques du secteur, face aux difficultés tout court du secteur, il est important d'avoir une vision plus globale de ce qui se passe, de nourrir le débat sur les politiques culturelles, les initiatives associatives, institutionnelles et privées. C'est pourquoi il me semble intéressant, avec cet outil modeste qu'est le blog, d'alimenter ces sujets au sein de l'espace public. Cela fera sûrement l'objet d'une nouvelle rubrique.

- l'outil des spectateurs : et si le temps ne me fait pas défaut comme trop souvent, j'essaierai de rendre plus systématique et visible, les programmations qui dans ma région d'implantation font l'objet des articles !
       Allez au spectacle, prenez ce risque, prenez le risque de trouver des questions, réponses, impressions, expressions inattendues. Venez dans les théâtres, cafés, hangars, friches où le monde ne bouge pas qu'au rythme d'une pulsation anesthésiante.

Mercredi 1 octobre 2008
- Publié dans : Clochettes - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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