Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

Caserne des pompiers - Avignon off - juillet 07


clara-cornil.jpg  Claire Cornil s'est inspirée de Francis Bacon, du poême du même nom de Rainer Maria Rilke et des écrits de Deleuze.

Elle présente un duo féminin, un duo de présences qui parfois s'inscrivent dans la danse. Celle-ci est ténue, tantôt insecte, découpée au sol, presque une dissection. Elle se déplace et semble sans cesse souligner le vide entre ces deux corps, l'absence de liens, de contacts. Faudra attendre la fin de la pièce pourqu' ait enfin lieu la rencontre. 
Ces deux corps sont forts de présence mais presque désincarnés, seul le regard reste habité tandis que s'esquissent grimaces et déformations du visage. 
Elles jouent sur une certaine lenteur dans la composition, goûtent le vide tandis que la musique envahit l'espace.

Je n'ai pas retrouvé la force et la violence de Bacon. Le jeu sur ces présences habitées-désincarnées reste convenu malgré la qualité de l'interprétation. La danse est intéressante mais comme souvent dans ce type de démarche, souffre un peu d'engourdissement dans son ensemble.

C'était quand même un joli moment.

☼ ☼ ☼


(et pour le plaisir ...)
Le poême de Rainer Maria Rilke

Portrait intérieur

Ce ne sont pas des souvenirs
qui, en moi, t'entretiennent ;
tu n'es pas non plus mienne
par la force d'un beau désir.

Ce qui te rend présente,
c'est le détour ardent
qu'une tendresse lente
décrit dans mon propre sang.

Je suis sans besoin
de te voir apparaître ;
il m'a suffi de naître
pour te perdre un peu moins.
Vendredi 27 juillet 2007
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Caserne des pompiers - Avignon off 2007 herve-diasnas.jpg


Chorégraphie - interprétation : Hervé Diasnas
Musique - interprètes : Patricia Dallio et Yakari Bertocchi Hamada


Le dispositif scénique et sonore étaient tout à fait intéressants. Deux pans de scène de petites surfaces, de part et d'autre les deux musiciennes electroacousticiennes et au centre, le danseur. 

La danse d'Hervé Diasnas est composée de microtensions, dont la fuite se poursuit dans des chutes et des rebondis, un dos reptilien, des mains arachnéennes.

La musique en est son excroissance, sa matière, son enveloppe communicante.

La danse fait corps avec la musique, la musique donne corps à la danse.

Toutefois me semble-t-il, la richesse corporelle d'Hervé Diasnas se prend à son propre piège et s'écrit dans la répétition, dans un développement paradoxalement linéaire.

Il ne manque pas grand chose pourtant pour que le spectateur fasse partie de cet accord.


☼ ☼ ☼
Jeudi 26 juillet 2007
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Théâtre des Doms - Juillet 07


hansel-et-gretel.jpg  Deux interprètes sur scène et six ou sept postes de télévision. La pièce retrace une discussion d'avant-pendant-après repas de mariage, au sein d'une famille pas tout à fait ravie de l'événement, avec pour seul intrus ; le témoin du marié qui ne comprend pas tout à ce qui se passe.

Sujet parfaitemet maîtrisé au cinéma : la famille et ses secrets et ses tabous. Il y a d'ailleurs dans le jeu des discussions entre amants, amis, parents, quelque chose de tout à fait naturel, de très cinématographique, de très dogma. La présence des écrans de télé comme têtes de personnages ne gêne pas l'action au contraire, il deviennent des acteurs à part entière dans cette fiction théâtrale.

L'intrigue se resserre autour du dîner, se devine. La famille, ses médiocrités, ses perversités dans une mise en scène qui la joue piano-staccato, avec un humour jaune-amer, très citroné.

Mercredi 25 juillet 2007
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Théâtre des doms - Avignon juillet 07


micheme-mercier.jpg  Ils sont fous ces belges ! Le groupe Toc, fidèle à lui-même paraît-il, a régalé cette année le off d'une pièce étonnante.
Michèle Mercier est décédée, s'en suit les commentaires de trois couples : les rats qui l'ont bouffée, les proches qui l'ont aimée-détestée et les voisines qui l'ont espionnée.
Passant comme dans un cluedo dans les différentes pièces de l'appartement, le spectateur avance dans les obsessions et fantasmes de ces névrotiques personnages. 

Le texte est un régal et magnifiquement porté par une mise en scène sous jus électrique : un mélange du découpage MTV avec une grande impression de rapidité, un débit mitraillette pourtant interprété différemment par chaque personnage, des arrêts nombreux qui figent la pièce régulièrement pour lui donner ce côté saccadé et ses respirations dans un grand sens de composition de l'image avec une musicalité très pop rock.
C'est sûrement ces deux aspects qui lui donnent cette redoutable efficacité et actualité.

Puis un goût certain, qui me semble toujours très belge, pour le politiquement irrevérenvieux, joyeusement gore et sexe, l'humour décalé, un peu con, franchement brillant.

Mardi 24 juillet 2007
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cie-claudia-n.jpg  Grenier à sel - Avignon juillet 07

J'ai mis une jupe
part d'un texte déconstruit ne prenant cohérence que quand le personnage quitte son nez rouge. 

A partir de là, Claudia Nottale compose un clown au féminin, d'où ses inquiétudes, le titre, son jeu de jambes. La clown ose quelques prises à partie du public, tente une mise en scène dépouillée, centrée sur son personnage et son alter ego; la chaise rouge.

Toutefois l'absence d'un texte intelligent, consistant, amène un spectacle bancal, un monologue long, dont le jeu clownesque s'est trouvé enfermé dans dans des vélléités fatiguantes pour combler le vide.

Et quand l'ennuie s'en mêle, le jeu devient une caricature de lui-même, de la gesticulation, de l'artifice.

Je suis allée voir cette pièce, suite aux rumeurs favorables des rues avignonnaises, c'était le dernier jour de sa représentation. Il se peut que la fatigue , le mutisme du public, n'aient pas aidé l'interprète. Il n'en demeure pas moins que de mon point de vue, il n'y avait pas de texte.

Lundi 23 juillet 2007
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