Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

 Festival Mira - 06 avril 2006 - Toulouse

 Solo à déguster impérativement, dansé, chanté, alterné d'un court-métrage excentrique, Icebox Fly.Winter Kick est un petit objet qui fait respirer hors des sentiers battus.

 Elle est femme, peau diaphane, yeux papillons, chaussures à talons. Elle veut sentir le parfum des murs,  goûte sensitive son environnement, emprisonne dans sa robe des hirondelles et frotte sa main contre le tissu pour faire glisser le son.

 Elle chante d'étranges poêmes à l'incohérence onirique, l'oeil amusé, le corps parfois secoué mais toujours capteurs de micro-mouvements, délicats, précieux, moqueurs d'eux-même, moqueurs de cette nature féminine, rêveuse et innocente certes mais aussi maline, coquette et impertinente, insolente de liberté.

 Elle se sait reine, il suffit d'un peu de soleil pour réveiller sa facette impérieuse amusée de ses propres faiblesses et de ce paradoxe : impératrice quand même ! Puis chante, danse encore, millimétrique et musicale, jusqu'au bout des doigts, papillons, comme les yeux, un portrait saccadé et contrôlé, fantasmé et lucide.

 Quand Sonia Baptista chante (le texte original est en anglais) :

 "Au début il y avait une robe bien portée qui avait de la chance d'être faite en tissu et non pas dans une matière plus organique, qui se déchirait, si trop embrassée.

Oui, bien sûr j'embrasse les vêtements que je porte et ceux des autres aussi, pas vous ?

Je pourrais juste être

Du sucre glacé

Et bien sûr

Je ne suis pas aussi belle que les autres filles

Je n'ai que deux jambes fermes pour me soutenir

Je ne "bee" (être/abeille) si facilement

Mais

Je "bird" (oiseau/voler)

Je ne peux pas dire que je t'aime sous la torture

Je ne peux pas m'écraser contre la pluie

Je peux écrire mon nom de façon très jolie, et alors ?

Je suis difficile à supporter

Mais

Je "bird"

Je ne dois pas casser les os en faisant l'amour

Je ne dois pas dormir pendant le printemps

Je "wing it" (arranger une chose/aille) quelques fois, mais très gentiment

Je ne dois pas être blâmée

Mais

Je "bird"

Je pourrais juste être

Du sucre glacé

Et bien sur

Je "bird""

 

 

 

Vendredi 7 avril 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 Festival Mira - 05 avril 2006 - Toulouse

 CREATION COLLECTIVE : Direction musicale Frank T, Direction scénique Dani Pannulo, jmacGarin

MC's Frank T, Zenit, Artes, Korazon Crudo

avec Breaker Dani Pannulo, Danertheater Compagny (Itxaso Alavarez, Carlos Beltran, Daniel Ruiz, Elias Aguirre, Hector Rodriguez

Répétiteur Itxaso Alvarez

Graffeur Suso 33, DJ Zeta, Viuel jmacGarin, lumières Maxi Gilbert, Son FRacisco Moreno Cruz, Régisseur Gustavo Romano, Conseiller littéraire Luis Antonio de Villena, production executive jmacGarin (SNEO Mestizaje Projects), Javier Diez (radio 3)

Coordination générale Mayda Alvarez

 Quijote hip hop est un mélange de concert rap, de danse hip hop, de performance du fabuleux graffeur Suso 33.

 Objectivement j'y ai vu plein de défauts, mais malgré ça, j'ai beaucoup aimé Quijote Hip Hop. Il s'y dégage une fraîcheur, un sens du festif et du partage, que ce collectif de jeunes créateurs communique à son public, sur fond de prose de Cervantes mise en hip hop et en musique, lui donnant une cure de jouvence, un hommage qui ne perd rien en poésie et préserve la fantaisie et la liberté de cette oeuvre majeure.

 Ils n'ont pas cherché à illuster Don Quichotte. Ils présentent de courtes séquences où le focus est mis sur un élément, un extrait de l'oeuvre, ils créent une vraie complicité avec Cervantes et ses personnages. C'est cette complicité qu'ils chantent, dansent et graffent plus qu'une interprétation contemporaine de ce personnage lunaire et de son compadre rustre et fidèle.

 La complicité se situe ailleurs : dans la folie épique de Quichotte, un chevalier peut-être un peu fantoche mais néanmoins courageux et qui plus ait amoureux, combattif, dans la folie lucide de son complice, ridicule et épais mais lui-aussi courageux et entier. Je crois qu'ils se sentent de la même famille, eux les Hip Hoppeurs, chevaliers des temps modernes qui entrent dans le ring du cercle des défis, qui bravent l'impossible dans des acrobaties toujours plus périlleuses pour y trouver une fierté qui n'appartiendra qu'à eux, qui, dans cette époque qui perd le goût des mots, chantent dans une langue urbaine mais néanmoins poétique le refus de cette société, tout en ayant conscience que leur bling bling et ce débit de paroles ne changera rien, aux moulins à vent de ce monde.

 Site de Quichote Hip Hop

 

Jeudi 6 avril 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 La friche Belle de Mai - Marseille - samedi 18 mars 2006

   

Dans A posteriori, G. Appaix revisite quelques fragments d’Antiquités, pièce créée 20 ans plus tôt. Les costumes blancs marquent les incursions d’Antiquités dans la nouvelle création. Après, tout est une histoire de profusion (plus que de "densité" tel que la pièce se présente dans le programme de soirée) : profusion de costumes, de couleurs simples et joyeuses, de paroles, les danseurs se présentent, lancent quelques phrases du quotidien qui hors de leur contexte résonnent creux ou des références à la mythologie (joli grand écart chronologique qui laisse cependant plein de points d'interrogations sur son passage), puis profusion de danse, un vrai bavardage gestuel, plein de tout et de rien du tout, très vive, sautillante, toute contente d’elle-même. C’est une pièce bavarde et sans prétention, ludique, un joyeux papotage qui n’est pas désagréable mais qui finit par anesthésier un peu.

Je relis la note d’intention de G. Appaix :

« Après Antiquités, les objets du travail se multiplient au fil des spectacles, s’induisant les uns les autres par influence, voisinage, contamination, hasard !
Où placer les mots, entre le dire et la musique, le sens et le son ?
Quelles places respectives donner à l’individu et au chœur ?
D’où vient la danse et où commence-t-elle, est-elle improvisée ou écrite, familière et savante ?
Que peuvent avoir à dire les images que l’on ajoute sur le plateau (vidéo, photos), qu’ont-elles à voir (montrer ?) avec le spectacle vivant ?
Comment laisser sa place au silence des choses, écouter leur rythme et en jouer…?
Et refuser les attendus, pousser à l’extrême limite le processus de fragmentation, d’abstraction dans la construction du spectacle en tâchant de ne jamais y perdre les corps et les personnes. »

Profusion de questions dont le danger est bien ciblé « perdre les corps et les personnes », je me suis justement fais l’effet d’une auto-stoppeuse restée sur la bas côté.

 Voir également l'article du Tadorne : http://www.festivalier.net/article-2197094.html

 

Vendredi 24 mars 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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 Cesson Sévigné, le 21 février 2006

   J'ai eu la chance de voir sur scène une très grande dame, dont c'était très certainement la dernière apparition sur scène.

  Ingeborg Liptay, c'est un rapport organique et viscéral à la musique. Un travail qui semble partir du centre pour rayonner dans l'organisme, en symbiose totale avec la musique. Ingeborg se déplace, ses danseurs se déplacent, et on voit leur centre évoluer, prendre l'espace, dans un dialogue et une écoute totale entre l'intérieur et l'extérieur. Sa gestuelle semble être un mouvement ou plutôt une énergie en constante évolution.

 La compagnie Ici Maintenant travaille une danse sans artifices, mais néamoins habitée, authentique dans l'intention, juste, débarassée de toutes fioritures.

 Dans cette quête de vérité, la danse embrasse la musique, quelle qu'elle soit, de la voix d'ange de Jeff Buckley, au rock de Staind rock Break the cycle.

 Sans effets ostentoires, un souffle de liberté touche le spectacteur, l'émotion sonne comme la vibration d'un diapason accordé à la note la plus juste, celle qui part du centre et résonne longtemps.

Dimanche 5 mars 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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 (suite à la merveilleuse rencontre avec cette compagnie, fin février, lors du Forum de l'interprète chorégraphique de Cesson-Sévigné)

 Avant de mettre en ligne mes impressions sur le spectacle de la Compagnie Ici Maintenant que j’ai eu l’occasion de voir, j’avais envie de partager avec vous le recueil de paroles d’Ingeborg collecté par sa danseuse Agnès, un petit avant-goût du rapport d’Ingeborg à la danse, au mouvement, à la vie…
Les danseurs comme les non danseurs peuvent profiter de ces petites phrases jetées, spontanément, naturellement par Ingeborg lors de ses cours, ateliers ou lors de ses temps de créations avec ses danseurs.


« Ce n’est pas aller d’un mouvement à l’autre, c’est aller et y être… »

« On peut pas tout expliquer… Dans les moments c’est mieux que dans les autres, c’est plus chaud. »

« Ils passent à côté qu’il y a une sortie spirituelle dans le corps…
Ils font tomber la merde du ciel, ils font le corps malade. »

« Il faut réaliser que toi et l’espace, c’est pas si différent… Toi et le vide… C’est plein de vide dans toi… »

« Ton état d’être est plus important que ta recherche de forme. »

« Ca arrive plus ou moins bien : parfois ça coule, parfois il y a un petit ajustement… »

« Il faut que tu gagnes en simplicité, easy !!! easy !!! »

« Y a des endroits, on le voit ça pourrait encore plus j(o)ubiler… »

« C’est plus mystérieux, plus secret moins actif. »

A propos du blues « Il faut appeler la force, la force entre terre et ciel, ça passe par l’inscription, la forme, mais pas fabriquée. »

« Cherche un sentiment dans le corps »

« Vous êtes un peu trop concerné par faire quelque chose d’esthétique. On veut mieux chercher un état d’être à travers la danse. »

« Comme des oiseaux dans un courant d’air. »

« Enlargis ton éventail, silencieux, spacieux…et délicieux. »

« Il faut que ça te dépasse, un moment, tu sais plus où tu vas… »

« C’est absent l’aventure d’un mouvement à l’autre. »

« Je comprends pas comment tu entends…Il faut que tu te laisses emmener par ce qu’il y a dans cette musique… Un désir fou d’être avec la musique… »

« Ca manque beaucoup de rien. »

« Vous esclavez vos orteils. »

« Nous sommes infiniment reconnaissants de pouvoir vivre proche de la danse dont le cœur est « libre de permanence et de non existence », si nous pouvons donner un petit aperçu de ça… »

« Ne faites pas des trucs, sinon je craque !!! »

« Notre danse cherche à unifier corps, musique, présence »

« Ca manque beaucoup de poivre »

« Si les coccyx ils sont plus vifs, le sternum il s’ouvre plus »

« Si tu es au-dessus de la terre comme ça, ça manque d’intimité…tu es stérile… , (rires)c’est vrai !!!! »

« Si tu veux le faire brillant, ça marche pas »

« Est-ce que pour plus de gens ça veut être une libération ou une histoire de pouvoir ? Pas comprendre que, essentiellement la danse est là pour mettre dans un domaine plus libéré que ce que l’on connaît dans notre vie. »


« Pas des obligations, mais simplement être vrai. »

« Là le souffle est si agréable… C’est comme le corps il te dit : merci » (après le pont, ondulations)

« Ca prend un peu de temps jusqu’à ce que ça devienne vrai »

« Il faut que ça coule, comme des perles, aussi facile »

« Il ne faut pas perdre le sentiment, sinon il reste que la carcasse »

« Ne te dirige pas par le concept mais par l’envie qui est dans ton corps »

« Là, il y a peut-être un peu moins de cette paix, mais avant, il faut voir le bonheur que tu sois là. »

« La beauté comme l’harmonie des parties avec le tout.

D’être centré et s’ouvrir à la totalité d’existence
Nous aide à être présent.
Devenir le mouvement
Devenir le son »

Vendredi 3 mars 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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