Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

Un livre qui tout comme son sujet a fait beaucoup de bruit. Au-delà de tout débat, une femme de théâtre qui s'intéresse à un homme politique sur le devant de la scène, voilà qui est intéressant.

J'ai beaucoup aimé ce livre dont je n'attendais rien. L'écriture de Yasmina Reza s'est faite très fugitive, presque fuyante. Vraisemblablement, elle ne savait pas où elle allait, ne savait pas ce qu'elle pourrait en tirer comme matière littéraire, ni comment rester à une place qu'elle n'avait pas complètement prédéfinie, si ce n'est simple observatrice extérieure, posée comme par accident à l'intérieur, mais un intérieur qui reste opaque, sans réalité ou vérité.

A ce titre, l'auteur nous représente complètement. Nous sommes des spectateurs de marionnettes dont on effleure le fond, lucides de leur artifice.
Nous restons donc en surface, avec des questions qui renvoient au néant, sur le sens d'un telle agitation dont on oublierait presque qu'elle n'est pas sans conséquences dans nos vies et dans le monde, sur un rapport au temps qui s'affole et fausse la perception, sur des notions auxquelles Yasmina Reza est confrontée sans avoir le paradigme interne qui permettrait de les comprendre au-delà de leur sens littéral comme le pouvoir, le "vouloir politique".

Quant à l'homme, plus on avance, plus on le perd, l'investiture devenant symboliquement le moment où il n'existe plus. Le livre se finit sur une absence, l'impossibilité de franchir la glace. Le livre de Yasmina Reza ne montre pas un Sarkozy sympathique, juste un homme pour qui, on finit par éprouver une certaine crainte, une crainte pour lui-même, l'acteur noyé dans son propre rôle, le rôle devenu une réalité ; l'homme devenu alors sans réalité.

Mercredi 3 octobre 2007
- Publié dans : Livres - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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Projet Corpus Media - Villeneuve-Tolosane

Syntonie-Pulx.JPG  Mercredi 26 septembre

En mouvement et porteuse du projet : Elsa Decaudin, à l’image : Bastien Defives, au son et à la lumière : Jean Philippe  Lambert

C'était la toute première représentation de Syntonie, avec donc la fragilité d'une pièce qui se donne pour la première fois au public.
Syntonie est composé d'un trio : danseuse, musicien, photographe. Le public est conduit sur la scène, chaque séquence devant s'apprécier dans une grande promiscuité, proximité, certains passages jouant sur l'intimité. A chaque fois, le trio interroge de façon ludique, l'idée du cadre de scène et de l'image, du point de vue, de l'instantanéité de la photo et de la fluidité du mouvement, de la répétition et du déplacement de la perception.
Certains passages souffrent très furtivement d'un manque d'écriture mais l'importance de l'instant volé prime. Je retiens notamment, dans les loges, l'éclosion d'une main végétale, florale, cette évocation de l'éphémère dans la beauté d'une articulation tout en doigté.



Dimanche 30 septembre 2007
- Publié dans : Danse - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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 Je profite que le blog soit un petit peu en pause pour raconter les aléas d'une porteur de projet.

Je crois qu'il est difficile de vouloir travailler dans le 'culturel' sans une forte motivation tant ce secteur se trouve au carrefour d'antipodes qu'il faut par entêtement arriver à conjuguer comme l'artistique, l'économique, le politique et les publics. Parfois, dans des petits (grands) moments de fatigue, je me dis qu'arriver à concilier tout ça est aussi mystérieux et miraculeux qu'une recette d'alchimiste dont le secret serait toujours susceptible d'être mis à mal, balayé par un vent contraire inattendu.

J'ai parfois également l'impression que le jeu des subventions est comme une boîte pour enfants, avec des cubes, des triangles et des ronds dont il faut faire correspondre les formes pour les rentrer dedans . On se retrouve ensuite devant cette absurdité : il est bien utopique de vouloir créer ce qui n'existe pas, pour répondre à un besoin non encore reconnu.

Le découragement ne vient d'ailleurs pas nécessairement des vents contraires. Il vient des encouragements, des félicitations, de l'approbation. Tous ces signes qui nous confortent dans notre certitude sans toutefois que du concret s'en dégage.

Bref, parfois j'ai envie d'aller faire pousser des cactus au fin fond du désert austral. 

La saison malgré tout, présente un beau programme et me retient encore un peu dans ses terres de briques roses.

Il y a tout d'abord les résidences : 

- La compagnie Génôm qui avait déjà fait l'objet d'un article sur ce blog et avait retenu mon attention parce que j'y avais vu une matière corporelle inédite, la matérialisation d'une fusion entre deux constructions de corps et d'énergie (hip hop et contemporaine). Il est désormais rare que la création passe par le corporel, comme un artisan qui façonne son objet. Désormais, cela passe plutôt par une réflexion attachée à la scénographie, au propos ... rarement par l'écriture chorégraphique, l'expression 'écriture chorégraphique' en soi devenant désuète, alors même que la recherche peut y être infinie. C'est cette singularité corporelle chorégraphique que j'ai voulu inclure dans la saison du Pas Perdu

- Le collectif Petit Travers - Une recherche également fondée sur la construction corporelle et notamment sur l'analyse fonctionnelle du mouvement mâtinée d'un univers nourri d'une identité circassienne et de mutiples influences picturales, cinématographiques, corporelles. C'est là aussi une jeune compagnie, qui cherche, explore, et ne rentre déjà plus dans les cases de nos institutions entre danse, théâtre et cirque.

- Un duo de jeunes danseuses, Muriel Merlin et David Romy qui ont présenté un très intéressant duo aux rencontres chorégraphiques du centre James Carles et qui m'ont parues dans la continuité de cette recherche menée actuellement par quelques chorégraphes de danse jazz : l'inscription d'une démarche contemporaine dans une identité jazz. En soi tout un programme qui ouvre bien plus de questions que de réponses et de fait dans le paysage actuel, se trouve hors de toutes balises identifiées.

Quelques rendez-vous curieux ouvrent le débat en lien avec les lieux de diffusion de la région, tandis que je tente la programmation de compagnies à découvrir comme : 
- Claire Cauquil et Sofiane Chabouni avec leur duo Chergui et Aquilon / un duo contemporain hip hop dans une approche complètement différente de la compagnie Génôm.
- Meet, de La Lloba, un petit ovni très intéressant, arts plastiques et danse, dont l'actualité, la sensibilité, l'intimité promet de très beaux jours à cette toute jeune compagnie à la maturité étonnante.
- Le groupe de recherche du centre james carles qui confronte ses questionnements identitaires jazz au répertoire de la musique classique (le Bolero, le Sacre), un essai qui fragmente en des milliers de questions et pistes de recherche, les secousses qui agitent dernièrement leur esthétique
.

Comment dire ? Les réponses sont une source d'angoisse comme une terre rendue stérile. Alors de façon complètement inconsciente, j'essaie d'aller ailleurs avec ces artistes qui composent la saison du Pas Perdu. Je ne pense pas chercher une identité artistique qui ressemblerait une couleur esthétique particulière, au contraire, il s'agirait de folatrer entre les herbes et ces milliers de pousses.

Ce projet souffre de précarité et c'est ce petit pousset qui sans botte de sept lieux, tente de défricher le sentier des pas perdus.

Jeudi 20 septembre 2007
- Publié dans : Clochettes - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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(Site de la Slovak National Gallery )
Pour frimer un peu, dites que vous êtes allé admirer les merveilles de l’art brut européen à Bratislava (Slovaquie), « LA capitale de l’art brut », voyons… Blague à part, ne mettez pas les pieds à Bratislava, sauf pour des raisons artistiques : la ville organise tous les trois ans un festival d’art brut, art naïf, art autodidacte… enfin, vous voyez le genre. On y voit des choses très bizarres, comme :

Dorte-Marcussen---volden-aarhus-2006.jpg
 Dorte Marcussen - Volden Aarhus, 2006
Ou bien :

S-Sekulic-Deer-City-1947.jpg
 S. Sekulic - Deer City, 1947
Toute une série d’œuvres est consacrée au thème de l’architecture, c’est très étonnant :

K-Junker-cesta-Asenheimu-nedatovane.jpg
 K. Junker - Cesta do Asenheimu, nedatované

H-Bossert-Unavena-katedrala-2006.jpg
 H. Bossert - Unavená katedrála IV., 2006
On y voit aussi des choses sans grand intérêt, en tout cas pour un profane.
Mais on peut aussi tomber sur les œuvres d’un type très spécial qui s’appelle Vasilij Romanenkov, mon coup de cœur, ou plutôt l’artiste qui m’a le plus fascinée.

V-Romanenkov-Christmas-Carnival.jpg
 V. Romanenkov, Christmas-Carnival
Allez voir la reproduction de son triptyque, représentatif de ce que j’ai vu de lui, sur ce site : http://www.objet-trouve.com/romanenkov.html , qui ne donne qu’une médiocre idée de son travail, ses toiles étant de grandes dimensions, très finement travaillées comme souvent dans l’art brut, avec des effets de matières (brillance, etc.) et surtout un sens symbolique, un travail sur l’inconscient, le bien, le mal, qui laisse perplexe (c’est le propre de l’art brut, ou assimilé, je trouve). Je renvoie à ces autres pages pour se faire une idée plus complète du travail de l’artiste :
 
Mercredi 19 septembre 2007
- Publié dans : Expositions - peinture - Par Christel - Ecrire un commentaire
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CAJARC, samedi 28 juillet 2007

africajarc.JPG Quel homme de scène, ce Régis (et oui ! c’est son prénom de naissance…) ! Une tournée aux quatre coins de la France cet été n’a pas empêché Abd Al Malik ce soir-là d’électriser la scène à ciel ouvert du très sympathique festival africain de Cajarc dans le Lot. Une voix extrêmement bien posée, des mots qui, du coup, font mouche, d’excellents musiciens, des arrangements à la mesure de l’ensemble, tout y était. Les anecdotes à vocation philosophique et quelques impros rappées ont achevé de distiller une ambiance du feu de Dieu (euh, pardon : d’Allah). J’ai une petite préférence pour les morceaux très enlevés, très rythmés mais il n’y eut aucun temps faible dans cette véritable performance du nouveau grand artiste musical français. Je dis artiste musical parce que je pense qu’il transcende les genres pour donner une voix très particulière aux problèmes que rencontre notre société. Abd Al Malik c’est la voix de l’universalité, quelque part.

  

C’est aussi, pour une autre part, la voix de l’individualité, c’est en tout cas ce que je retiendrais de l’interview donnée sur la place de l’église de Cajarc l’après-midi même : « les roses sont toutes différentes mais l’eau qui les arrose est unique », a dit (en substance) un sage soufi que le chanteur aime bien citer (parmi d’autres). C’est une ode à la beauté de la diversité que nous offre Abd Al Malik dans son discours je dirais mystique, en tout cas idéaliste, tout empreint de religiosité et dont la réponse aux violences du siècle consiste en un : « Respectez l’individualité de chacun. » C’est très beau parce que très sincère mais peut-être un peu léger, non ?…


Publié par Christel

Lundi 10 septembre 2007
- Publié dans : Musique - Par nectar.safran@hotmail.fr - Ecrire un commentaire
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