Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
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dans quel état ..

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Vu en live, Rock en Seine, Paris, 2007

 
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 Björk, phénomène islandais. Une extraterrestre qui a tout compris de la musique, du sens profond de la découverte, du défrichage de nouveaux sons, de la mélodie, de l’usage de nouveaux instruments. 

Et malgré tous ces compliments que je pense sincèrement, je trouve toujours que ces albums ne sont pas facilement accessibles. Et bien dès fois, il m’est arrivé de ne pas pouvoir les écouter en entier. 
Et pourtant, me voilà perdu au milieu de la foule, en cette fin du mois d’août, dans le parc de Saint Cloud, pour voir la belle. Car, juste un petit mot quand même sur le festival Rock en Seine, qui accueillait notre islandaise favorite, le reste de la programmation laissait fortement à désirer (sauf peut-être Albert Hammond Junior), en tout cas pour l’harmonie musicale. Juste pour vous donner une idée, imaginer Faithless, et oui un revenant des années 90 avec son tube Insomnia (si le nom ne vous dit rien, faites une petite recherche rapide sur internet et vous reconnaîtrez certainement), en première partie. 

On pouvait faire un peu plus original et moderne, non ? Mais pour voir Björk, n’est t’on pas prêt au sacrifice ? Et bien, en sortant du Parc, je peux vous dire, qu’un concert de Björk vaut bien un grand nombre de sacrifices. Un show magnifique, une démonstration de ce que l’on peut faire de mieux en termes de représentations sur scène, tant au niveau musicale que visuel…Un vrai show, mais pas avec Johnny ou Tokyo Hotel sur scène…. 
Ici toutes les chansons vous prennent au corps, vous vous sentez transportez dans un autre univers. Univers créé par une mise en scène monumentale. Oriflammes, costumes, effets spéciaux, lumières, tout est magnifique, sublime. Et là, pas de difficulté pour rentrer dans la musique… 
Et même dans ces instants les plus électro, on est envahi par l’envie de danser, de tout renverser, et de se retrouver tout seul (au milieu de 15 000 personnes), en transe…. 

Alors oui, même en étant pas un grand fan des disques de Björk, je recommande chaudement de profiter des rares performances de la belle islandaise.

Publié par J
 
Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /2008 11:21
- Publié dans : Musique - Par JULIEN - Ecrire un commentaire
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Naïve, 2007
 

undefined  Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, producteur de disques ! Fraîchement nommé à la tête du Théâtre National de l’Opéra Comique depuis juin 2007, les voilà producteurs d’un groupe de folk, country aux accents américains, plus que français. 

Et pourtant, il s’agit bien là d’un groupe de musique (ou d’une troupe de théâtre qui fait de la chanson ?). 
Révélé lors du Printemps de Bourges 2006, ce groupe Franco-américain s’est créé un univers folk autour de la chanteuse Rosemary Standley (qui parle très bien français aux vues de son inteview sur le Tarata de Janvier 2008). Ils se sont même tous renommés Moriarty, comme s’ils faisaient tous partie de la même famille. 

Les titres des chansons de l’album nous emmène un peu plus dans le sud des Etats-Unis, avec des titres comme « Cottonflower », « Whiteman’s Ballad », « Fireday », « Motel ». Plein d’images vous viennent dans la tête. En plus, dès que le banjo et l’harmonica viennent se loger dans vos oreilles, alors le charme est immédiat. Tout ceci sans parler de la voix de Rosemary, une voix grave qui renforce le côté intemporel. 
Cet univers emprunt de nostalgie commence dès la première chanson (Jimmy), où Rosemary supplie Jimmy de rentrer à la maison, là où les bisons courent dans les prés. 
Mais cet album n’est pas dénué de sens politique avec l’histoire de la petite Lily, jeune adolescente qui, née à la campagne, s’en va à la ville trouver du travail et rencontre des militaires qui la recrute pour partir à la guerre (Private Lily). 

Ils sont en tournée toute l’année dans la France entière, à ne pas rater (le concert parisien à la Cigale est déjà complet….).

Publié par J
Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /2008 11:07
- Publié dans : Musique - Par JULIEN - Ecrire un commentaire
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(vu en live – route du rock, Saint Malo, 2007)

 
undefined  Une voix, un violon, quelques machines, le tout géré par la même personne, et hop vous avez un projet musical plein de richesses, de rupture, de subtilité, de surprises, de rebondissement, un vrai opéra moderne en quelque sorte, mais sans atteindre, quand même, la puissance dramaturgique de la musique de Magma. 

Deuxième album du projet solo d’Owen Pallett, violoniste du groupe pop Arcade Fire. Sur cet album, il est accompagné d’un quatuor à cordes, d’un piano, d’un clavecin et d’un chœur féminin. Mais la tonalité dramatique est essentiellement apportée par sa voix, voix douce et envoutante, voix qui nous berce et nous emmène dans les nuages. Quand on écoute cet album, on est plus proche d’un album de musique classique que d’un album pop, donc très loin du rock d’Arcade Fire. Un album à écouter en entier, où rares sont les chansons qui se démarquent, et comme dans un opéra, ce sont plus des séquences musicales qui vous restent dans la tête. Un album à écouter dans le calme et j’irais presque à dire, dans des périodes de méditation.


Sinon, pour finir, je dirais que la performance live d’Owen Pallett est tout simplement surprenante et magique. Ayant découvert l’album que récemment avant l’été 2007, je fus agréablement surpris de le voir programmé en concert dans le cadre de la route du rock à Saint Malo. Sa programmation entrait dans le cadre de concert réalisé à Saint Malo même, dans l’amphithéâtre du Casino. Et dans mon imaginaire, je m’attendais à voir un groupe entier sur scène. Et là, surprise, un seul type se pointe. Bizarre, comment un seul type va bien pouvoir faire toutes ces chansons entendues sur l’album, avec piano, quatuor à cordes etc… 
Et là, surprise, il commence à prendre son violon, enregistre plusieurs boucles avec son sampler et hop, le concert commence. Et chaque chanson se déroule ainsi. Et là, on est soufflé tellement la prestation est magique, le rendu impressionnant (surtout avec seulement un violon) et une voix vraiment formidable. A voir absolument en concert, l’idéal est dans une salle fermée, plutôt intimiste…
 

Publié par J
Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /2008 10:59
- Publié dans : Musique - Par JULIEN - Ecrire un commentaire
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25 janvier à Mazamet - Festival C'est de la danse contemporaine


undefined  La pâte C de la B. En soi toute une charte qui va de la musique Baroque portée par une voix magnifique live, à la virtuosité des interprètes, un brin de folie parfaitement maîtrisé (n'y voyez aucun paradoxe), une scénographie, un brassage esthétique (théâtral, chorégraphique, circassien, musical), un attrait pour
 les extrêmes, un discours politique ou du moins engagé.

C'est un spectacle réussi bien qu'il y ait quelques longueurs, un goût de déjà vu chez les C de la B dans la maîtrise des états
extrêmes

Toutefois, l'entrée en matière, l'effet de groupe dans les balancés donnent tout de suite le ton, un souffle qui ne peut laisser indifférent. La gestuelle, souvent éblouisssante pour les parties dansées, un peu plus convenu dans le langage circassien (accro-portés), prend en effet toute sa force dès que le groupe s'en mêle. Les Ballets C de la B sont une communauté d'individus, des présences et des corps, chacun inscrits dans une singularité (mais aussi une histoire comme on a déjà pu le découvrir lors du merveilleux film Par ci Pal là) qui ne s'annihilent pas en s'additionnant, au contraire, s'appuient les uns les autres de leurs convictions et technicité d'interprètes, transmettent une énergie, une dynamique.

Le cauchemar de Darwin apparaît dans quelques rapports de force. Il y a une volonté certaine du chorégraphe de dénonciation. Il choisit de ramener le propos à des confrontations individuelles. Pourquoi pas. Là où on gagne une autre dimension à mon avis, en tout cas dans le propos, est plutôt, dans ce choix récurrent de la musique baroque.

Pourquoi ce choix, de plus en plus constant, chez les chorégraphes, de ce répertoire musical ? Presque une évidence. La beauté certes. Ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas, je crois la réponse essentielle. Il me semble, que la musique romantique et baroque est comme un écrin qui a traversé le temps, dont la richesse est complexe, et la beauté lumineuse et donc, elle est en soi comme une forme d'évidence. En soi, ce répertoire est rassurant parce que cette perfection là, cette universalité là existe. Dès lors, on peut y cogner les angoisses contemporaines, les angoisses créatives. De nouveau, je peux y retrouver ma dualité beauté/pathétique. Pour jouer les métaphores musicales, on peut y tenter toutes formes de contrepoint : face à ce répertoire musical, les petites comme les grandes choses prennent du relief.
Les créateurs peuvent s'y casser la figure mais quoi qu'il en soit, ils peuvent se consoler, parce que la tentative est presque aussi belle qu'un tableau de Boticelli.


Parfois, aussi, le dialogue établit une grande compréhension de ces différences, soit d'une incapacité, soit d'une sublimation, du panache dans l'espoir comme le désespoir.

Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /2008 16:35
- Publié dans : Danse - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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J'ai lu récemment le dernier opus de Zadie Smith : "De la Beauté". Le titre peut intriguer. A tort l'éditeur s'est cru obliger de préciser que le livre aurait aussi bien pu s'appeller "De l'amour". "De la beauté" nous plonge dans une tranche de vie d'une famille afro-britannique. Le métissage, la question identitaire et pluriculturelle sont des questions que creusent avec pertinence et humour cette jeune écrivaine. 

Elle nous présente une famille et un couple notamment : Kiki, une personnalité lumineuse et entière, une épouse et une mère qui, tout en ayant une grande lucidité et les pieds sur terre, garde en elle un besoin d'absolu et le porte merveilleusement bien. Toutefois son époux adultère casse cette foi en la trompant. Il trahit son couple en introduisant la médiocrité dans leur histoire. C'est pourquoi "De la Beauté" va si bien au livre. Bien qu'il s'agisse d'histoires de couples et de familles qui auraient pu se réduire à un "De l'amour", il est ici question d'aspiration et d'inspiration, du besoin d'être dans le vrai, de porter haut sa vérité, d'où l'importance du personnage de Kiki et celui, pourtant plus discret de l'épouse Kipps.
J'ai mieux compris ce titre à l'aune des deux derniers spectacles que j'ai vu. Dans Assoiffés, on plonge dans l'histoire d'un adolescent idéaliste et mort alors qu'il a trouvé une réponse à son flot d'interrogations. Le ressort énergique et l'humour de la pièce repose entre autres sur l'ambiguité adolescente : un entre deux, enfant/adulte, tiraillé entre l'exaltation passionnée, entière, sans concession, le sublime, et la contamination des réalités, la tranformation du corps, l'incertitude, la maladresse, le pathétique. La quête de la beauté tout au long de la pièce est comme la recherche d'un vaccin à une mort imminente. La mort néanmoins arrivée, le personnage principal, sauvé par Norvège, peut gagner la postérité.

D'une certaine manière, le même questionnement semble traverser Basso Ostinato. Le pathétique est bien présent, s'exprime physiquement jusqu'à l'écoeurement pour le spectateur. Il y a comme une négation de la Beauté et par là même l'inspiration de la pièce, l'aspiration de nos angoisses.

Il ne s'agit donc plus de crise adolescente mais d'une crise, avec l'opposition entre beauté et pathétique. Le pathétique n'est plus une douleur en soi, paradoxalement si on en revient à l'étymologie du terme, c'est la perte de la beauté qui nous fait souffrir désormais.
Il ne s'agit plus d'une posture esthétique, il s'agit bien d'une question qui vise nos vies, nos choix de vie. Au delà de toute dialectique cartésienne, c'est devenu une question de foi.

Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /2008 18:38
- Publié dans : Clochettes - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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