Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

 St Affrique - 18/10/2006

 avec Bérengère Fournier, Aurélien Leglaunec, Marta Mella

   Avec cette pièce Philippe Priasso veut nous montrer les coulisses d'une création : la répétition. Il pose un thème prétexte "le vilain petit canard" qui, du prétexte, devient finalement le fil conducteur omniprésent de cette répétition. Tour à tour les danseurs investissent ce rôle, quelques dissensions apparaissent au sein de la compagnie, le chorégraphe ne sait pas trop où il en est et conclue sur un "à quoi bon".

C'est frais et léger, le spectateur passe un moment assez agréable. On sent que le chorégraphe aime ses danseurs et il les met joliment en valeur.

Il y a Bérangère, une femme bras et jambes, avec un regard aux yeux bleus grand (et non un grand regard aux yeux bleux ...   : )   ). Elle les lance et les rattrape en des figures géométriques presque enfantines, elle s'en amuse et nous prend à partie, très affirmée, l'accent latin point d'exclamation.

Il y a Martha, petit bout de femme très belle, et qui, peut-être à cause de cette beauté, se sent assez quelconque. Mais le fait est que c'est une belle danseuse (et non une danseuse belle ...    : )     ).

Il y a Aurélien, un joli corps amassé en muscles et douceur. C'est un discret à la bouche accidentée, la petite souffrance qui fait tout son charme. Il ne cherche pas à contrebalancer la double présence féminine mais lui aussi, quand il danse, il est là.

Après, j' ai été déçue par le jeu des voix off et la structure d'ensemble. Il me semble que la Répétition est restée très légère par rapport à son double sujet : la création chorégraphique et le phénomène de bouc émissaire.  Sur un ton tout aussi ludique, je préfère par exemple A propos de Butterfly de José Besprovany qui est passé cet été aux hivernales d'Avignon. Quant au thème du bouc émissaire, je renverrai volontiers aux écrits de René Girard.

Toutefois, la Répétition est un moment bien sympathique.

Jeudi 19 octobre 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 Chorégraphe : Myriam Naisy

 Toulouse - Odyssud - 26 Septembre 2006

 

La première partie se joue sur différents coups de dés qui donnent la combinaison de l'ensemble : danses, lumières, costumes. Le dé fait penser à Cunningham référence inévitable du traitement de l'aléatoire et les costumes ne sont pas sans rappeler Nikolaïs. A priori nous serions au coeur de la danse contemporaine, qui se met en danger, avec l'exigence d'une technicité pointue sur musique contemporaine toute aussi pointue.

 Parfois on lance un morceau de musique, il a son autonomie, il se joue, qu'on y soit ou pas, il est là, on l'écoute, mais il nous précède et parfois dans son emballement part trop loin devant pour qu'on puisse le suivre.

 Dès la première partie, j'ai eu cette impression : une belle danse, esthétique, une facilité d'écriture évidente qui malheureusement ne prend pas le temps d'une respiration, se dilue dans sa boulimie de mots alors même que la musique aurait pu l'inviter à des temps de suspension, un goût de l'épure, du fugace, de l'intensité dans un éphémère sans autre trace que celui de son écho. Bizarrement, cette danse finit par atteindre dans ce trop plein une certaine immobilité glacée.

 La seconde partie rentre plus dans une jubilation du mouvement qui emporte beaucoup plus son spectateur. Il y a une générosité, un plaisir du corps qui est là et se transmet. La mise en danger, toujours par l'aléatoire pour l' ordre de l'ensemble lance les danseurs dans une course intéressante.

 Néanmoins, subsiste toujours cette volonté de contrôle total qui exclue toutes possibilités de marge de manoeuvre par l'accident, qui exclue toute acceptation du risque, étrange pour une pièce qui se construit sur l'aléatoire. Et pourtant, ce bref moment où l'une des interprètes principales reste simplement en culotte et débardeur tandis que les autres danseurs ont eu le temps d'enfiler un costume tout en voiles, impromptu et accidentel, ce contraste et cette solitude amenait enfin ce petit quelque chose de fugace et simple qui fait taire alors tout bavardage. 

Jeudi 28 septembre 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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  Festival off d'avignon - juillet 2006

Le Roi se meurt et la basse court  se décompose en plusieurs parties.

Dans un petit cercle rapproché, tout commence par un moment centré sur les danseurs qui se mettent au plus près des spectateurs avec chacun leur musique mise en douce : les danseurs transmettent quelque chose de l'ordre de l'effleurement, du mouvement qui s'approche et se dérobe, s'avoue et se chuchote, tout près, prêt à marquer le présence et l'absence, l'instant et le souvenir.

Ce même toucher devient après sur scène quelque chose de plus violent, un toucher impulsion, manipulateur, moteur d'un duel de corps.

Le corps entouré de contraintes, la création entourée de contraintes, telle est le sujet politique d'un discours humouristique fait de sonorités et onomatopées dont on devine les abréviations symptomatiques d'une culture qui se décode en DRAC, COSA, EPCC, ADDM, ASSEDIC, CDC, CND, CCN et autres barbarismes.

Les danseurs se prêtent au jeu des poupées qui glissent emballés dans un costume qui prend la lumière et rapelle l'esthétique baroque puis ils reviennent à une forme épurée où par le mouvement, ils peuvent se vider, se vider de quoi ? du besoin d'enlever une peau morte pour crier que le roi se meurt vive le roi, dire qu'ils se sentent aussi éclatés que leur spectacle fragmenté, et que pour se rassembler, ils ont besoin d'être écoutés et pour cela regardés.

Dimanche 3 septembre 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 Festival d'Avignon off - juillet 2006

 Les vrais coups de coeur sont rares, les vrais coups de cafard aussi. Il y avait très longtemps que je n'avais pas vu un aussi mauvais spectacle.

Au départ une scénographie toute simple, avec des pans de taules blancs. Les danseuses sont également en blancs. Les couleurs de femme seront donc à chercher dans la danse, sa force, sa conviction, pour un sujet dont la complexité est extrême derrière son apparente banalité.

Puis, finalement, je me retrouve spectatrice d' une danse qui se regarde danser, d'un narcissisme lassant, sur des musiques mystico dramatiques où il est facile de prendre la pause dans un air de souffrance, pour finalement retourner à ses minauderies ; poignets cassés vulgairement précieux pour une gestuellement faussement délicate, mains sur la poitrine ou sur les fesses ou en cache sexe en triste synthèse de la nature féminine. Même les taules ne sont là que pour mettre en valeur un cambré dramatique sur musique à saturation de pathos. A un moment il y a bien une tentative  de transformer les taules en percussions, sans grands succès, un enfant n'aurait pas mieux fait et se serait plus vite lassé.

Des fourmis ont alors commencé à me grignoter les jambes tandis qu'un petit diable sur mon épaule me criait de partir. Je suis restée, non par volonté propre de rester jusqu'au bout que pétrifiée par ce que je voyais tourner en creux et en rond (au littéral comme au figuré).

J'ai horreur quand la danse devient le vecteur puissant d'un narcissisme puant, comme c'est souvent le cas chez certains danseurs ou amateurs, le roi soleil en avait peut-être le charisme et le sacrement divin fut une époque, mais c'était il y a longtemps.

Ensuite, je suis farouchement misogyne des bonnes femmes qui ont le goût d'un pathos sois-disant féminin très stéréotypé : le mythe foutraque de la femme, petite chose délicate, souffreteuse d'une sensibilité proche d'une sorte d' hystérie policée. Et merde ! Une femme n'est pas un petit objet de porcelaine aux décoratifs niais, ça chie et ça pisse, ça pète aussi parfois.

Couleurs de femme aurait besoin d'un petit coup de vitriol façon Zampa.

Samedi 19 août 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 Juillet 2006 - Festival off d'Avignon

 

 Même pas seuls : un couple sans communication, spectateur de la boite à fiction à laquelle ils s'identifient, un cercle vicieux , la télévision comme distorsion de nos fantasmes et de notre réalité, la télévision comme moteur d'une raison d'être, finalement ils ne communiquent plus que par télévision interposée ou en référence à celle-ci. Même pas seuls avec ce drôle de fil conducteur : apprendre par la télévision à remplir le vide du quotidien, apprendre à onomatoper pour tout dialogue, à singer en guise de jeu, voire même apprendre à s'aimer par le biais de cette tierce présence qui rend tout possible ; évacuer ses frustations, verser définitivement sa vie dans l'artifice de sa réalité.

 Voici un duo faussement narratif sur le quotidien d'un couple "France d'en bas" pour reprendre cette raffarinade qui mettra du temps à se démoder tellement le raccourcis a la force d'un slogan publicitaire. Faussement narratif parce que le ton nuancé est fortement inscrit dans le mouvement, avec une trame fantoche à la constance comique (le couple suit la télévision où passe notamment ce film à la mélodie pipeau emblématique, à savoir le titanic) ; un ton dépourvu de mépris ou de condescendance mais non dépourvu d'humour et d'énergie, ni d'une certaine acidité. L'énergie de la danse est d'ailleurs ce qui donne toute sa justesse au ton du duo : elle emporte ses personnages au-delà de leur histoire, leur donne une constance et permet d'espérer pour eux autre chose qu'une médiocrité sans issue, une humanité sans intelligence et tendresse. Une force qui doit juste trouver une issue, espére-t-on, un sens tout simplement, joli vecteur à cette question que la danse comme narration non linéaire, non figée, une narration indéterminée, une narration sans fatalité.

 

 

Dimanche 6 août 2006
- Par nectar.safran@hotmail.fr - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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