Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Danse

 25 janvier - TNT - Festival c'est de la Danse Contemporaine

 Sur scène, un carré blanc délimite l'espace, avec ceux qui sont dedans et dehors, mais très vite ce découpage spatial est oublié, visible par moment avec les effets de duos ou de groupe.

 Duos, groupe, individualités : enveloppés par une musique-bande sonore, différents types de présence prennent positions, mouvements, dans un engagement physique, charismatique, décalé, parfois absurde, souvent sexuel.

 L'énergie se fait tribale, finit par emporter, animal ou terriblement humain, les interprètes s'imposent, regardent, repartent.

 Voir le reportage sur oct-tv

Mesuroblog - clochettes : ☼ ☼ ☼
("Mesuroblog" en référence aux blogs du Tadorne, d'Un soir ou un autre et d'Images de danse)

Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /2007 10:39
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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 27 janvier 2007 - CDC Toulouse (Festival C'est de la danse contemporaine)

 Autre performance, autre déception.

 Même s'il est vrai que décrire un spectacle est sans intérêt, je souhaite néanmoins donner un peu le ton de ce qui s'est joué hier soir sur la première partie :

 Deux hommes entrent, lumière crue, prennent place, la musique commence, magnifique : Strauss et la voix d'Elisabeth Schwarzkopf. Il ne se passe rien. Ce n'est pas bien grave la musique suffit. Puis premier solo de Jean Luc Ducourt, quelque chose qui ressemble à de l'improvisation avec quelques clins d'oeil à la danse classique, il reprend, s'arrête, reprend, s'arrête, finit complètement essouflé et en rajoute sûrement un peu, allongé au sol.

 Second solo d'Hooman Sharifi, des déliés ronds, fluides qui se coupent, se tranchent, se refusent, la tête dans les épaules, un corps lourd attiré par le sol. Là aussi, ça ressemble à de l'improvisation et c'est un peu long.

 Les deux hommes dansent ensuite ensemble et c'est franchement long en faisant comme si de temps en temps ils se concertaient, style 'distancé avec leur objet,' style 'on est en répétition, pas en représentation', oserais-je dire style 'on fait de la danse contemporaine'.

 Jusque là tout va bien, on s'emmerde, c'est dans l'ordre des choses.

 Puis ils prennent une spectatrice sur scène et lui demandent de continuer le show, elle sourit mais ne sait pas trop quoi faire. Jusque là tout va bien, on s'emmerde, personne n'est vraiment surpris, c'est dans l'ordre des choses.

 Petit blabla en anglais : vous allez sortir, puis faire le choix de venir vous placer où vous voulez, sur scène, ou de nouveau côté spectateur, ce sera votre choix.

 On sort. On rentre. Chacun se place où il veut, un peu partout dans la salle. Puis petit blabla entre les deux hommes qui disent qu'il y a une prise de risque, un danger, blablabla et que grosso modo personne ne serait cap de prendre la suite du show. Mais the show must go on comme dirait l'autre et une jeune femme les prend aux mots et se lève. Commence un très joli moment où elle invite Hooman Sharifi à une marche qui va dans le sol, qui s'enroule, se déroule puis marche. C'est simple et sans effets. Sharifi, étonné a un petit moment de recul et n'arrive pas au final à gérer cette improvisation. Puis une seconde femme se lève et marche jusqu'à ce que la lumière s'éteigne. Elles sont applaudies.

 La lumière se rallume et s'ensuit un interminable blabla entre les deux hommes autour des conventions scéniques, du choix, de la prise de risque. Le public est décontracté, attend que ça passe, attend de voir s'ils vont se dépêtrer de leur performance, il y a des blancs et tout le monde est tranquille. C'est plutôt sympas de partager ces blancs en groupe.

 Puis à toutes ces questions existentialo-artistiques posées par nos deux performers, quelques réponses du public : le choix, on l'avait déjà fait avant de venir, personne nous a obligé à venir les voir, qu'ils se rassurent. Deuxième intervention pour demander s'ils ont terminé ou si après c'est un talk show entre eux deux à durée indéterminée. Sur ce, ils disent que c'est terminé et c'est terminé. Personne applaudit, tout le monde part grignoter un bout.

 Maintenant que ma petite histoire est terminée, j'ai vraiment été amusée par nos deux hommes qui visiblement voulaient démonter des présupposés en étant eux-mêmes plein de présupposés sur leurs spectateurs. Amusés qu'ils posent une question de choix là où la réponse était toute trouvée : tout le monde avait acheté son billet de plein grés et personne ne semblait vouloir culpabiliser de ça, premier postulat qui tombait à l'eau pour eux et le tout dans une tranquillité qui les a vraisemblablement désarmé.

 Ensuite, ils semblaient penser que leur public allait avoir la révélation de leur vie avec leur question sur les conventions scéniques : et ils font ce postulat au CDC de toulouse qui a, il faut quand même le dire, un public assez ciblé, avec notamment beaucoup de professionnels. Deuxième flop.

 Puis, ils ont fait vraisemblablement le postulat que personne ne répondrait à leur invitation à monter sur scène, or la réponse s'est faite dans une telle simplicité qu'il n'était plus question de mise en danger. De même, ceux qui n'ont rien fait ne semblaient pas particulièrement perturbés de ne rien faire, bien en accord avec leur choix d'être spectateur et sans complexes particuliers à triturer pour sentir une quelconque mise en danger.

 Bref, c'était formidable.

Mesuroblog - clochettes :
("Mesuroblog" en référence aux blogs du Tadorne, d'Un soir ou un autre et d'Images de danse)

Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /2007 16:10
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 6 commentaires
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 Mercredi 24 janvier 2007 - CDC Toulouse

 Tout d'abord, ce qu'en dit le fascicule :

   " Ce solo part du mythe du péché originel et s'amuse à le renverser. PRESQUE EVE se montre vêtue d'un costume de Père Noël, croqueuse de pommes de terre, ramenant à elle le désir brut et l'affirmation de soi. Une danse qui tente de réparer notre mythologie, faisant de Eve une héroïne inoffensive, montreuse obstinée du désir, grognant le chant du Père Noël comme pilule extatique d'un hypothétique bonheur à venir. Initialement créé en 2002 pour une galerie d'art, PRESQUE EVE reste sur le front de la performance, tout à fait à l'aise dans des lieux improbables comme sur un scène traditionnlle. La modularité des éléments scénographiques autorise cet aspect et renouvelle à chaque fois le processus. des catalogues de vente par correspondance occupent l'espace et abreuvent notre désor de consommation. Un homme en costume de Père Noël américain gouverne cet univers de tentations. Cet antre infernal suggère des évidences plus frappantes avec notre société de consommation."

 "Le mythe du péché originel" : ????

 "Presque Eve" : ah ... il a une vision de la féminité particulière ; vulgaire, maniérée à outrance, pouffiasse.

 "désir brut" : qu'il y ait des pulsions brutes, je comprends un peu, mais un désir brut non. J'ai vu un désir qui  s'accompagne d'accessoires, de tendances exhibitionnistes, c'est un désir accessoirisé et travaillé de pas mal de choses un peu obscures.

 "affirmation de soi" : une affirmation de soi 'nuancée' façon exhibionniste, mais il est vrai que ce n'est pas très intellectuel d'appeller un chat un chat et je confesse peut-être par là même mon ignorance.

 "une héroïne inoffensive" : voui ... il m'a pourtant semblée que Presque Eve parlait de "perversion". Il y a vraisemblablement un malentendu. Alors après, on peut rajouter la société de consommation, bien sûr, il y a suffisamment de catalogues des trois suisses sur scène pour que ça traverse l'esprit. Mélanger tout ça pour évoquer un "hypothétique bonheur à venir", voui, certes, j'espère bien que ça a défoulé un petit coup l'interprète.

 Synthèse : Je me suis ennuyée, beaucoup de performances finissent par se ressembler toutes, comme un exercice de style particulièrement prévisible, ce qui peut paraître un comble pour une performance. Ensuite, j'ai lu le papier sur la pièce et vraiment, j'ai eu la désagréable sensation d'avoir assisté au propre comme au figuré à une trop longue masturbation intellectuelle.

 Ceci dit, si ça avait été affirmé comme tel, pourquoi pas. Parce que si je tiens comme fil conducteur, le thème de la perversion, tout le spectacle prend une cohérence intéressante.

 Voilà maintenant ce qu'en dit mon dictionnaire :

 Perversion .N.F. (bas lat, perversio, -onis) : 1. Action de corrompre une personne saine (voilà qui résume bien la relation perfermer-exhibitionniste / spectateur-voyeur) -

 2. Déviation des tendances normales ; altération profonde d'une fonction (un père noël qui prend son pied en prenant des poses suggestives et qui finit par montrer ses fesses, ce n'est pas la vision habituelle du père-noël, image enfantine et asexuée, bien que symbole aussi de la société de consommation, certes) -

 3. pratique érotique d'un sujet dont les pulsions trouvent leur satisfaction en dehors du coït avec un partenaire d'âge équivalent et de sexe opposé (là c'est évident, il fait mumuse sur une table puis avec un cordon, tout en regardant concupiscent le public)

 Encycl - Psychiatr : On rassemble dans les perversions sexuelles, le fétichisme (la scénographie est empreinte de fétichisme avec l'abondance des catalogues des 3 suisses, l'usage du costume du père-noël etc), le voyeurisme (cf le rapport au spectateur), l'exhibitionnisme (ça, c'est vu ci-dessus), le sado-masochisme (le jeu avec la corde, il y avait un peu de ça aussi) (...)

 A partir de 1905, Freud décrit le comportement libidinal. Ce point de vue génétique l'amène à poser un stade génital qui conduit le sujet à choisir un objet d'amour de sexe opposé après la résolution du complexe d'Oedipe. Auparavant, les pulsions partielles correspondant aux différentes zones érogènes avec leurs objets spécifiques confèrent à l'enfant "une disposition perverse polymorphe" dans la mesure où sa sexualité n'est pas encore unifiée sous le primat de la génitalité. Toute fixation de la libido à un stade prégénital est alors décrite comme une perversion.

 Et vous savez quoi ? La performance se termine justement sur des vagissements de bébé, tandis que le performer se berce plus ou moins, jambes écartées, recroquevillées, jusqu'au noir complet de la fin. Après, ce que j'en dis ...

 Voir le reportage sur oct-tv

Mesuroblog - clochettes :
("Mesuroblog" en référence aux blogs du Tadorne, d'Un soir ou un autre et d'Images de danse)

Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /2007 11:30
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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  Atelier chorégraphique avec la compagnie Wayne Barbaste au Pas Perdu - Première partie

 Instants choisis - 16 et 17 décembre 2006

 Atelier chorégraphique organisé en partenariat avec l'ADDA du Tarn. Se déroule en trois parties : le week-end dernier, c'était la première étape !

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /2006 10:53
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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 Théâtre Garonne - Toulouse - 14 décembre 2006

 "Mais de quelles profondeurs surgissent nos mouvements qui sont capables de créer un langage si familier et si étrange que l'on partage au moment du lever du rideau ? De quoi parle ce langage ? Peut-être d'une certaine vérité qui se cache derrière tous nos masques, tous nos gestes et sur lesquels l'homme plus volontiers garderait le silence." Joseph Nadj

 

 Dans ce paysage, Nadj évoque un village près de Voïvodine, où il est né. Il y puise ses forces primitives où il dévoile par une gestuelle dansée singulière ce qui constitue sa personnalité. Un homme au nez de clown bec d'oiseau, une grue, qui pourrait de fondre dans une estampe, mais qui comble le désert par une sorte de danse empêchée, aux chutes heurtées, l'articulation brisée qui se délie en une crispation, le visage masque, le grotesque qui se mêle à une poésie personnelle, une identité.

 Devenu silhouette humaine sans visage, les déliés d'un dos magnifique, restent meurtris, très proches de la terre, se vident parfois de gestes tranchants comme une danse martiale qui n'en est pas une, les mains en palmes en forme de becs, la bouche en O d'exclamation qui se transforme en radotage un peu sénile derrière le masque de résille.

 La musique, accompagne ces silhouettes mouvantes, comme un appel très lointain, une quête de quiétude, une fuite d'inquiétude.

 La frontière est ténue, on le sent, vers quoi, entre quoi, je ne sais pas trop, je lui laisse ce qui, indubitablement, lui appartient, au-delà même sûrement de ce que l'on peut comprendre.

 

Samedi 16 décembre 2006 6 16 /12 /2006 09:31
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 2 commentaires
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