Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
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Grenier

dans quel état ..

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

le-cirque-invisible.jpg  Dimanche 25 novembre - Scène nationale d'Albi

Je connaissais le travail de leur fils James, homme orchestre, tisseur d'univers oniriques très imagés. Après avoir vu ses parents, je comprends mieux la filiation, notamment avec sa mère.

Jean-Baptiste Thierrée propose de courtes séquences, bâties sur un absurde de même nature, dans l'auto-dérision du numéro attendu, de ficelles découvertes, de valises et costumes étonnants, bestiaire animalier docile et magique. C'est étonnant de voir cet homme sans âge, à la chevelure abondante et blanche, sautillant, généreux de son propre amusement sur de petites et grandes choses.
Victoria Chaplin, silhouette gracile et souple, femme orchestre, qui sait tout faire et notamment proposer de petites séquences rêvées où costumes, décors, ustensiles se transforment en bêtes chimères ou insectes géants.

C'est un moment très agréable. J'avoue une préférence pour les créations du fiston, qui amène des pièces moins découpées en numéros bien qu'établies également sur une succession  d'images, intégrant la douce folie de ses parents dans une plus grande cohérence de sensations.

☼ ☼ ☼ ☼
Mardi 27 novembre 2007
- Publié dans : Cirque - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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20 novembre - TNT Toulouse

heddy-maalem.jpg   Je viens de lire à l'instant la feuille de soirée et les paroles d'Heddy Maalem, la dernière phrase m'interpelle plus particulièrement : "Contempler le Monde-Terre, en comprendre le fruit avant que ne survienne ... la mort en ce jardin."

Tout le long du champ de forces, j'ai été prise d'images, de beauté, d'une sensation de réel et d'iréel.

L'entrée en matière est un fil conducteur qui va me tenir tout le long : une figure de face,  à peine perceptible, fugace, une présence fantomatique, entre réalité et irréalité, vie et mort.
La lumière est ainsi le médiateur des corps, le fil tendu entre deux mondes.
Dans cette figure de face, déjà l'idée d'une transmission ou captation, je ne sais pas trop : prendre au public, donner au public, apparaît, disparaît, un appel, un adieu.
Ainsi, dans le toucher, les contacts de corps, quelque chose se prend, se transmet, sur scène c'est réel, vers le public, déjà, on ne sait plus, vers quoi on tend.

Dans le premier tableau, les corps vivants, une masse de corporaités diverses, pointés vers une figure de proue qui tombe au sol. Les chutes amènent cet étonnant ancrage, la fragilité n'est pas dans la chute, dans ces présences, mais plutôt dans l'environnement qui leur donne réalité ou les emporte dans l'obscurité. 
Les corps ont un ancrage très fort, plantent racines profondes. Il y a avec le sol une prise d'assurance et de légèreté. Aucun désir d'envol chez ces danseurs, les sauts sont plus dans l'affirmation du sol, le tracé d'une bande horizontale qui circonscrit leur espace, comme la scénographie qui rapproche le ciel (et qui prendra encore plus figure dans le tracé lumineux de bandes vers la fin du spectacle). Toute disparition-apparition se fait sur notre Terre en quelque sorte, en fuite du public, ou en marges de la scène. Les corps vivent mais rarifient le mouvement, ils partent d'une impulsion, puis vont remplir le vide.

La beauté de ces corps, tout ce concentré de beauté, dont les mouvements, l'écriture chorégraphique met en valeur chaque articulation musculaire de ces interprètes aux différentes origines raciales (il manquerait juste le continent sud américain ;) ) amène un idéal d'universalité, une aspiration à la perfection, mais aussi, la conscience de la valeur allégorique de cette représentation et sa contamination par la présence diffuse de l'angoisse primordiale qu'est la mort.

C'est d'ailleurs ainsi que j'ai vu dans la troisième partie, la présence de l'élément liquide, de l'eau, avec des bras, un haut du corps qui s'échappe dans une fluidité tandis que le bas du corps s'harnache dans un grand plié seconde. L'eau, le styx, le passage. Vient la figure du vent, le dialogue des âmes, et des corps insectes, nature, anima animus, animisme.
Chez les chamanes, l'animal magique est imprévisible. Il y a bien transe mais pas imprévisibilité chez ces êtres. 

Dès lors on retourne aux hommes et femmes, on cherche une autre issue, une autre réponse. Les faces à faces féminins sont faits d'insolence, d'impertinence, quelque chose d'espiègle de complètement réel, humain. Vient des dialogues amoureux, une énergie qui se transmet dans la douceur de corps qui se rencontrent. 
La lumière s'éteint, les corps disparaissent, et une pensée me traverse : un champ de forces diffuses, avec paradoxalement des corps ancrés mais sans poids. Sans poids. Frissons.

☼ ☼ ☼ ☼ ☼
Vendredi 23 novembre 2007
- Publié dans : Danse - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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Pour lire cet article cliquez sur le lien suivant : Scènes 20
Mercredi 21 novembre 2007
- Publié dans : Clochettes - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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19 octobre - Théâtre Garonne Toulouse yound-people-old-voices.jpg

Je dois tout d'abord préciser par  honnêteté que je suis partie à l'entracte de cette pièce qui durait trois heures. Si Young People ... avait été programmé un chouilla plus tôt, je serais sûrement restée, mais là, je n'aurais pas été réceptive à la deuxième partie.

Young People, old voices, laisse tourner une bande sonore de très belles musiques de Ferré, Pablo Casals, Judy Garland, déjà en elles-mêmes très chargées d'émotions et d'un brin de nostalgie. 

Dessus, il met en scène, par différents tableaux, des jeunes gens tout droit sortis d'un film de Gus Van Sant. Plutôt beaux, encore un peu modelés par la pudeur adolescente, un entre deux innocent et chargé d'une certaine tension.
Certains moments sont d'une beauté et d'une magie incroyables, imbibés de la présence des interprètes, dans une bulle atemporelle, une orchestration de l'anecdotique qui vole vers une gorge serrée ou de jolis instants de jubilation simple.
D'autres s'enlisent dans une narcissique lenteur, les poses à la prévisibilité stérile pour ne pas dire prétentieuse, tendant alors vers un pathos un peu trop fabriqué pour y croire réellement.
Young People old voices aurait très bien pu se terminer à la fin de la première partie. Il restait une heure et demi. Complaisance ou irrevérence incontournable, je ne saurai pas.

☼ ☼ ☼

Samedi 27 octobre 2007
- Publié dans : Productions artistiques Non Identifiées - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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virgil.jpg  Humeur à avoir : Jalil Lespert est une motivation en soi mais sinon, avoir envie d'un film tendre et sympathique.

Virgil est un petit film français sans prétention mais réellement efficace avec des effets miroirs entre personnages intéressants, une jolie mise en valeur des personnages secondaires, des changements de ton bien menés, une modernité dans la façon et une vraie tendresse sur le fond.
L'histoire est menée avec beaucoup de rythmes,  l'humour amène du piment à des situations qui auraient pu prendre une tournure pathétique.

Les personnages tant masculins que féminins ne sont pas très bavards, mais sont très physiques, de par leur présence et mode d'expression. La boxe est secondaire mais omniprésente dans les rapports humains.
Jalil Lespert et Léa Druckert sont formidables, dans leur attirance farouche, leurs maladresses, leur façon de s'apprivoiser toutes griffes dehors et avec entêtement.
Jeudi 18 octobre 2007
- Publié dans : DVDthèque - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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