Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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Danse

  Apollo Mazamet - ADDA du Tarn

3 mars 2007

 Un duo d'hommes chevaux : hommes siamois qui se séparent puis s'affrontent, paradent.

Ils semblent couverts de terre et de poussière, on imagine une steppe qui emprisonne ces chimères.

On se prête à regarder ces corps magnifiques, la ligne de leurs muscles, la rondeur de leurs fesses, la force de ces membres qui se cabrent, se rudoient, se heurtent, caressent le sol, hennissent leur respiration, se rendent dociles et sauvages selon les humeurs.

Animal, sexuel, masculin, chevalin, Centaures fait transpirer un rêve.

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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /2007 10:14
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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Espace Apollo - ADDA du Tarn - Samedi 3 mars

 Ce duo pour deux danseuses alterne le Magnificat de Vivaldi et une composition de Stéphane Rey. D'un côté une musique sacrée, de l'autre une tension, une vibration de sons, comme une présence électrique qui frole à grande vitesse, tournoie, prend l'espace, amène vertige et profondeurs.

Dans la danse de Preljocaj, il y a la beauté des lignes et l'esthétique de la virtuosité. Le tableau avance, Marie est fragile, belle, sa danse et même ses traits évoquent la pureté. L'ange Gabriel, paraît chargé d'une force, un bloc qui s'éclate en mouvements géométriques, pas tout à fait fluides mais coupants comme une épée. 

Toutefois cette binarité se charge d'une coporéité ambigue, qui amène le duo au-delà d'un binôme trop marqué et lisible. Il y a bien l'idée d'une transmission, autour d'une symbolique buccale qui peut renvoyer tant à la sexualité qu'au sacré et à un dialogue d'âmes. Même les gestuelles finissent par se confondre, l'ange est déchargé de sa raideur, pour confondre Marie dans une langueur qui s'évanouit dans cette passation. L'instant est grave, la douceur apparaît dans l'épuisement des corps, la rencontre de la mortalité et du divin fatigue, épure la danse en un phrasé réduit, qui se conclue dans la symbolique de l'envol, si proche par ses bras en croix, à la crucifixion.

☼ ☼ ☼ ☼ ☼

Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /2007 18:47
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 3 février - Théâtre Garonne - Toulouse - Festival C'est de la Danse Contemporaine

 Dans la pénombre, une machine, une sorte de pont roulant, commence lentement une rotation qui fait claquer scotchs, bandes, met en place la scénographie, tire deux interprètes, corps inertes, pantins.

  Elle installe un temps étiré, commandé de ses mouvements automatiques, qui finissent dans une verticalité ou les masses des danseurs paraissent de chair molle, amenant un contraste singulier avec le bras de fer.

 Raimund Hogue entre, petit homme. S'ensuit un des plus jolis moments où Charmatz et Hogue dos au public se déshabillent. Hogue, s'allonge et Charmatz l'effleure, le parcourt. Moment tactile et sensible, deux corps nus, un autre contraste, un corps difforme, au profil féminin et aux mains d'enfant et un corps de danseur magnifique, devenu irréel par sa beauté, support du corps souffrant, en demande de sa réalité, de son toucher.

 La mise en lumière est d'une subtilité rare : chaude et intime pour les corps nus, suspendue d'une tension pour le reste de l'espace et de la pièce, dans un entre deux.

 Julie Cima quant à elle, corps disloqué, marionnette désarticulée, n'en finit pas de tomber d'un tapis roulant : supplice de Sisyphe ? Quant elle s'en échappe, elle se lance dans une course infernale et absurde de mouvements, une course coupée du public et du duo, un contrepoint solitaire et vide.

 La souffrance est présente, diffuse. Petit à petit Hogue mange Charmatz, de ses injures, de sa présence, finit seul, pris au piège de l'espace scénique, se cogne à ses murs, esquisse des bribes de pas, une bande sonore aux paroles obsessionnelles, absurdement simples, dénuées de sens, drôles mais autistiques l'accompagne.

Il appelle son créateur, celui qu'il a mangé, il se frappe pour se rappeller sa réalité, il appelle au secours avant que la pénombre l'engloutisse lui aussi définitivement.

 A la fin, les trois interprètes ont salué, coupé court les applaudissements, Charmatz, ému aux larmes nous a dit que c'était la dernière de Régi, la difficulté de la création de cette pièce et la difficulté de la quitter. Beaucoup de questions et de mystères restent dans l'ombre de cette pièce tandis que je me souviens de cette angoisse primordiale, enfantine, celle d'être mangée, engloutie, celle de disparaître.

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("Mesuroblog" en référence aux blogs du Tadorne, d'Un soir ou un autre et d'Images de danse)

Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /2007 15:49
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 Jeudi 1er février - Maison de la musique Cap Découverte Carmaux - Festival C'est de la danse contemporaine

  A la sortie du spectacle, les critiques : de l'improvisation, un travail d'atelier inabouti, rien de nouveau, du déjà vu. Les critiques sont justes mais au lieu de m'ennuyer comme une partie de l'assemblée, je me suis régalée.

 A la fin, j'ai eu une petite pensée pour une amie, qui, à la sortie de la reprise d'une pièce de Wandekeybus, m'avait dit, c'est vraiment daté années 80, en me demandant, ce qu'elle aurait dit de Never Mind. Sans doute la même chose.

 Prenez des ingrédients et une même recette, personne n'obtiendra tout à fait le même plat. Never Mind, hier soir m'a fait un bien fou. Il y a bien sûr le Stabat Mater de Pergolèse mais je ne pense pas qe ce soit ce qui m'a accordée à Never Mind, c'est périlleux de prendre ce type de musique. D'autant plus que la rencontre entre la danse et la musique était impromptue, ni interprétation, ni vénération de la partition. Et pour moi, la rencontre a eu lieu entre ce couple mal assorti, vraiment, ils se sont nourris l'un l'autre et se sont portés, de musique, de silence, de mouvement.

 La danse n'avait rien en soi de particulier, on retrouve les travaux d'atelier bien usités chez les danseurs contemporains et le travail d'improvisation mêlé à celui de l'écriture chorégraphique, je comprends que cela soit agaçant.

 Il n'empêche qu'en milieu de parcours du festival, j'ai eu l'impression de me laver de différentes épaisseurs sans que je m'explique tout de suite quoi et pourquoi.

 Une danse simple, des agencements, des combinaisons sans effets ostentatoires, sans révolution chorégraphique, fluide, un peu détachée comme par peur de porter une quelconque prétention qui n'aurait pas lieu d'être. Pas de violence, pas de heurts, distillée il est vrai d'un peu de fadeur mais en même temps, il m'a semblée ressentir une grande honnêteté dans ces présences de danseurs.

 En cours de spectacle, je me suis fait la réflexion que dans cette proposition, j'y retrouvais quelque chose, rarement gardé intact chez les professionnels, qui transparaît souvent chez les amateurs : ce n'est pas exactement le plaisir de danser, ce serait plutôt de l'ordre de l'étonnement des gosses sur des choses tout à fait anodines, et au final une grande liberté dans ce semblant de naïveté. J'étais particulièrement émue parce qu'au moment de me qualifier le spectacle, juste pour moi, pour mieux le garder, m'est venu cette phrase : voilà la maturité d'un homme-enfant.

 Et bonheur, quand je suis allé à la rencontre avec le chorégraphe, à la fin du spectacle ! Il s'explique : (je déforme sûrement un peu ses propos) "j'ai créé cette pièce après être parti de l'institution (CCN de Tours). J'en suis parti pour redevenir libre. Je me suis retrouvé très seul une fois parti et j'ai pu faire le point. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que je n'étais pas un provocateur, que je n'appartenais pas à l'avant-garde , aux chorégraphes qui font violence de façon frontale. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que ce qui m'intéressait était tout simplement la danse et ce n'était pas facile de faire ce simple constat. J'ai donc pris le temps sur Never Mind, débarrassé de tous ces complexes, c'est une pièce en constante évolution, travaillée en atelier ..."

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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /2007 10:41
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 31 janvier 07 - Le Parvis - Tarbes - Festival C'est de la danse contemporaine

 

 J'attendais avec impatience de rencontrer cette pièce du répertoire.

La scène est noire, derrière un pan de taule noire, deux portes de chaque côté et deux portes centrales.

 Des personnages entrent, des hommes et femmes de poussière blanche, les traits figés, aguisés et dessinés en des expressions austères, intenses, à la frontière. Leurs postures sont toutes aussi caractérisées, pauvres ères, vieux ou fous. Les mouvements de groupes comme ceux de la solitude, tournent en rond. Les corps se heurtent, les pieds frottent le sol, le sol se martèle, les glottes musicalisent des onomatopées syncopées d'une absence de phrase qui pourrait presque se deviner.

 Ils se font violence, ritualisent leurs pulsions sexuelles et leurs rencontres en des mouvements bruts qui s'orchestrent sur une musique de fanfare, musique qui ouvre comme une fulgurance de beauté des parenthèses vocalisées d'un allemand rugueux et noble.

 Comme ses personnages, May B prend posture et la tient jusqu'au bout. Très visuel, théâtral, l'influence de Beckett digérée de la pâte de Maguy Marin qui, à l'éclairage d'Umwelt, pièce à priori très différente, reste néanmoins très cohérente.

 Le corps de ballet se déploie, assure des effets de groupes et d'individualités, se fige et reprend, grogne ses onomatopées, la scène est magnifique, les tristes ères le sont malgré eux, de la beauté des pauvres et des fous, de ceux qui deviennent beaux à force de souffrance et de misère, de ceux qui deviennent touchants à défaut de rendre le genre humain moins fragile, au contraire.

 Dans la seconde partie, où les références littéraires deviennent encore plus visibles, ou ils tentent quelques habits moins cliniques, le temps se dilate dans les effets de marche, la succession des images et nous fait définitivement basculer dans une réalité vivante où des caractères de fiction mais universels se prêtent à rire et manger, mais surtout marcher, valise à la main, dans un va et vient continu. Une ritournelle allemande tourne en boucle, un homme se fige dans une marche, regard au public, suspend quelques questions, une silhouette de jeune fille ferme les portes centrales.

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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /2007 16:53
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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