Performance danse au Pas Perdu - Samedi 04 novembre 2006 - Albi
"la danse est mue par une perte de soi qu'elle manifeste perpétuellement, fuite du sens et création de l'instant sont dans la
tension d'un espace imminent, vital. La danse évide le corps, l?espace, le temps de toutes substances narratives, imminence du regard pour lui-même à l'opposé de tout regard en quête d'un objet,
abstraction de l'espace évidé rythmé et cependant imprégnance tactile du lieu tout entier. L'homme saute d'une idée à l'autre, sa rapidité délaisse les survivances, gomme les images, dissout
toutes les empreintes, retour du même incomplet, le regard lâche, s'oublie dans la durée fuyante du mouvement étiré délaissé comme une tension infinie. "
(je remets ci-dessus le texte de la performance parce qu'il retranscrit vraiment mon ressenti, je ne fais que répéter finalement
ci-dessous ce qui est précédemment écrit)
Travail commencé avec
quatre danseurs, devenu deux solis, Marc Vincent explore cette absence, palpable, dans l'espace, de cette danse resserrée sur deux corps, créée à partir de quatre.
Au début, rien, pendant quelques minutes, devenues soudain très étirées : seule présence d'un homme debout, que nous savons danseur, qui marque
juste sa présence ... de sa présence. Une présence et autour, rien, une tension, la musique qui s'annonce timidement, crisse, disparaît et revient.
Puis le mouvement, déplace des volumes, jaillit d'une énergie sauvage (pas du tout policée, tout à fait à part) et pourtant parfaitement
maîtrisée, la rapidité, les matières sont des surgissements qui marquent un présent en constante disparition, et pourtant là et bien là, dont la présence garde un peu de sa précédente absence
sans jamais rien anticiper. Une présence donc totale, petit à petit, plus rien, à peine un écho, puis un danseur immobile et de dos, un volume plein de ses survivances.
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