Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Visuel du Blog : Cécile Urbita

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

  Atelier chorégraphique avec la compagnie Wayne Barbaste au Pas Perdu - Première partie

 Instants choisis - 16 et 17 décembre 2006

 Atelier chorégraphique organisé en partenariat avec l'ADDA du Tarn. Se déroule en trois parties : le week-end dernier, c'était la première étape !

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 20 décembre 2006
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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 Théâtre Garonne - Toulouse - 14 décembre 2006

 "Mais de quelles profondeurs surgissent nos mouvements qui sont capables de créer un langage si familier et si étrange que l'on partage au moment du lever du rideau ? De quoi parle ce langage ? Peut-être d'une certaine vérité qui se cache derrière tous nos masques, tous nos gestes et sur lesquels l'homme plus volontiers garderait le silence." Joseph Nadj

 

 Dans ce paysage, Nadj évoque un village près de Voïvodine, où il est né. Il y puise ses forces primitives où il dévoile par une gestuelle dansée singulière ce qui constitue sa personnalité. Un homme au nez de clown bec d'oiseau, une grue, qui pourrait de fondre dans une estampe, mais qui comble le désert par une sorte de danse empêchée, aux chutes heurtées, l'articulation brisée qui se délie en une crispation, le visage masque, le grotesque qui se mêle à une poésie personnelle, une identité.

 Devenu silhouette humaine sans visage, les déliés d'un dos magnifique, restent meurtris, très proches de la terre, se vident parfois de gestes tranchants comme une danse martiale qui n'en est pas une, les mains en palmes en forme de becs, la bouche en O d'exclamation qui se transforme en radotage un peu sénile derrière le masque de résille.

 La musique, accompagne ces silhouettes mouvantes, comme un appel très lointain, une quête de quiétude, une fuite d'inquiétude.

 La frontière est ténue, on le sent, vers quoi, entre quoi, je ne sais pas trop, je lui laisse ce qui, indubitablement, lui appartient, au-delà même sûrement de ce que l'on peut comprendre.

 

Samedi 16 décembre 2006
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 2 commentaires
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 Jeudi 07 décembre - Villefranche de Rouergue

  Le lac des cygnes, à priori, c'est la musique de Tchaïkovsky et un livret. Richard Nadal a gardé la musique et nous a livré trois clochards patogeant dans une mare aux canards peu ragoutantes.

 Surprenant mais bienvenu, voici finalement une lecture assez juste de cette musique qui mêle drame et grandiloquence. En effet, le tragique transpire par toutes les pores de cette partition mais ce côté excessif aujourd'hui du côté romantique prédispose à une lecture décalée. Soudain, le lac des cygnes est le terrain idéal pour évoquer le côté pathétique des marginaux, pouvant dans un même élan nous dégouter et nous émouvoir.

 L'humain qui, marginalisé, se découvre une humanité volatile, pouvant s'évanouir, réapparaître, volage. De là, une danse sur les genoux, gracieuse, tentant un envol, puis finalement, se résignant à trouver une grande poésie dans cette impuissante horizontalité. De là, une parodie de la grâce classique, un doigt pointé sur la distorsion entre la quête du beau et une toute autre réalité, une parodie toutes en jambes et ports de bras alimentée par une énergie sauvage et débridée au sourire un brin pervers. De là, une pieta qui tente d'entourer une homme salamandre qui s'enroule et s'enroule et s'enroule, sans trouver place où finir de s'épuiser.  De là la conclusion, un homme qui s'accouche d'une clocharde et d'une poubelle, un homme plumé, entouré de ses ouailles, absurdes et grotesques, dans leur cour des miracles.

Vendredi 8 décembre 2006
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 Toulouse - TNT - 29 novembre 2006

  De l'après midi d'un faune, il y a d'abord la musique de Debussy : une mélodie de volutes et volupté, une légèreté, une insouciance, puis le faune, chimère homme et bête à la sensualité troublante, un appel, un profil, puis le plaisir, scène finale d'une jouissance solitaire.

 Keersmaeker rend un très bel hommage à cette pièce du répertoire en y mettant sa pâte. Une danse à l'épiderme érotique. Ouverture sur des images éthérées qui se mouvent dans leur propre contemplation.

 Le cadre étant déposé, un solo magnifique du faune : un corps noueux qui délie ses muscles comme un cheval qui s'étire, prêt à ruer comme à hennir, mais allongé félin plus que chevalin, il se réveille puis se repose, une main au centre des pulsions, le visage caché en un repli pudique.

 La scénographie par son plafond de néons amène une tension lumineuse et un silence chargé d'une vibration. Les interprètes, nudité sous robe de voile, costumes androgynes, portent une danse qui épouse la musique, visions oniriques ou fantasmagoriques, légèreté et volutes, confusion des genres, langueur et nervosité mais aussi impertinence aux clins d'oeil décalés.

 C'est un beau moment, révérence au passé et un présent qui s'assume dans le plaisir des corps, la danse.

Jeudi 30 novembre 2006
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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 Performance danse au Pas Perdu - Samedi 04 novembre 2006 - Albi

 "la danse est mue par une perte de soi qu'elle manifeste perpétuellement, fuite du sens et création de l'instant sont dans la tension d'un espace imminent, vital. La danse évide le corps, l?espace, le temps de toutes substances narratives, imminence du regard pour lui-même à l'opposé de tout regard en quête d'un objet, abstraction de l'espace évidé rythmé et cependant imprégnance tactile du lieu tout entier. L'homme saute d'une idée à l'autre, sa rapidité délaisse les survivances, gomme les images, dissout toutes les empreintes, retour du même incomplet, le regard lâche, s'oublie dans la durée fuyante du mouvement étiré délaissé comme une tension infinie. "

 (je remets ci-dessus le texte de la performance parce qu'il retranscrit vraiment mon ressenti, je ne fais que répéter finalement ci-dessous ce qui est précédemment écrit)

  

 Travail commencé avec quatre danseurs, devenu deux solis, Marc Vincent explore cette absence, palpable, dans l'espace, de cette danse resserrée sur deux corps, créée à partir de quatre.

Au début, rien, pendant quelques minutes, devenues soudain très étirées : seule présence d'un homme debout, que nous savons danseur, qui marque juste sa présence ...  de sa présence. Une présence et autour, rien, une tension, la musique qui s'annonce timidement, crisse, disparaît et revient.

Puis le mouvement, déplace des volumes, jaillit d'une énergie sauvage (pas du tout policée, tout à fait à part) et pourtant parfaitement maîtrisée, la rapidité, les matières sont des surgissements qui marquent un présent en constante disparition, et pourtant là et bien là, dont la présence garde un peu de sa précédente absence sans jamais rien anticiper. Une présence donc totale, petit à petit, plus rien, à peine un écho, puis un danseur immobile et de dos, un volume plein de ses survivances.

Samedi 11 novembre 2006
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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