Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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 Théâtre de la Cité internationale - Paris - Du 2 au 25 octobre
Vu le 11 octobre

Tant sur la bible (feuille de soirée) que sur le dossier de presse téléchargeable sur le site du Théâtre de la Cité internationale, Denis Cooper, l'auteur du roman Closer qui a inspiré cette pièce, est très nettement mis en avant.
Alors certes, le texte. Je n'ai pas lu le roman en question donc, de façon tout à fait intuitive, je reste sceptique. Il ne s'agit pas d'une lecture du roman mais bien d'un montage et d'une mise en scène inspirés du texte. Le texte pour ma part est resté fuyant. Tout ce que je peux réellement en retenir, c'est l'effet tiroir d'un récit fragmenté, où fantasme, fiction et récit amènent le trouble.
Dès lors, il s'agit de mettre en scène le trouble, de l'appuyer, par-delà les mots et l'histoire. Le pari est presque réussi, presque et pas de façon tout à fait satisfaisante.

Le premier leurre, l'heur, est la qualité de l'interprète dont la présence androgyne, le charisme est exceptionnel dans le carcan scénique qui est posé ; figure de face, stature frontale et regard fixe, statue au débit monocorde qui appuie certaines nuances de soupçons rouge violence, au physique de plus en plus criant dans la lumière devenant progressivement clinique. Elle porte et incarne le trouble, nous capte et nous enveloppe. Toutefois ce carcan assourdit un peu sa présence. Le défilé des phrases tirées des commentaires de la star académie en fond de scène ne sont qu'un effet de style, une vélléité de mise en perspectives, ajoute des mots au texte sans réellement produire de reliefs, ils sont juste inutiles.

La toute fin, pic tardif, d'une progression certes effective mais un peu molle, laisse une légère frustation. Le trouble n'est pas monochrome, à peine gris, parfois teinté de piquées rouges. Le trouble aurait voulu hurler, l'a tenté, l'a frolé.

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Dedans Dehors David
d'après le portrait 2 du roman Closer de Dennis Cooper
mise en scène et installation David Bobée
traduction Thierry et Jean-Luc Mengus (éd.P.O.L.)
avec Fanny Catel-Chanet

Théâtre de la Cité internationale :
Lien internet
Article de Guy d'Un Soir ou un Autre : Lien internet
Les images du site ne sont pas libres de droit. Merci au Théâtre de la Cité internationale pour ce visuel.

Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /2008 13:00
- Publié dans : Productions artistiques Non Identifiées - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Théâtre de la Cité internationale - Paris - du 06 au 11 octobre 2008
Vu le lundi 06 octobre

To do is to be - Descartes
To be is to do - Nietzsche
Do be do be do - Sinatra

Est-ce les influences américaines de Mark Tompkins ou ma vision franco-française ? Dans Empty Holes, j'ai trouvé une forme hybride de comédie musicale, de soap opera, l'artifice et l'énergie bon enfant, décomplexée, que ne se permet pas de façon aussi spontannée un citoyen de la vieille europe.

L'oeuvre date de 1983, période bénie de la danse contemporaine où les forces créatives partaient tout azimut et dessinaient les contours des identités artistiques qui allaient marquer les décennies suivantes. Est-ce mon jeune âge, l'excès de certaines formes très-trop conceptuelles qui me font voir dans Empty Holes, la trace de cette liberté très datée 80 ? Pour Mark Thompkins vraisemblablement, ce solo marque quand même les sources de son identité artistique, de ses obsessions.

Le solo, s'ouvrant sur la silhouette d'un homme qui marche et chante, tisse de façon intéressante plusieurs éléments de mise en scène : les ombres chinoises, la musique live chantée, la narration absurde et à tiroir. Ces élements ont certes vieilli mais gardent une certaine vivacité. La vision du couple qui s'en dégage, sous une coquille artificielle et dérisoire, reste tendre et sensée.

Le plus étonnant dans cette pièce où deux personnages s'incarnent via la voix, des poupées plastiques, des ombres, c'est l'absence justement d'incarnation physique et corporelle. Doris et John se diluent dans l'immatérialité de leur réalité fictive tandis que l'interprète se fond dans son rôle de jukebox et de marionnettiste.

Empty holes, le do be do be doux-amer.


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Concept, texte, chansons et interprétation : Mark Tompkins
en collaboration avec :
Dramaturgie et mise en scène Gérard Gourdot
Lumière Alain de Cheveigné

Théâtre de la Cité internationale - Lien internet
Article de Guy sur Un Soir ou un Autre - Lien internet

Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /2008 20:00
- Publié dans : Productions artistiques Non Identifiées - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Le Silence

J'ai laissé le blog lettre morte depuis maintenant de nombreuses semaines. Créé il y a presque trois ans, je me suis essouflée. C'est extrêmement difficile d'écrire sur le spectacle vivant, par essence un mode d'expression qui n'inscrit pas sa trace dans la forme figée des mots. Au départ, sans autre prétention que de mettre en ligne comme on met au propre ses notes sur les spectacles, écrire s'est vite transformé en exercice qui permettait de verbaliser et donc de donner corps à mon regard de spectatrice, de prolonger ainsi le souvenir d'un moment fugitif. Au fil de ces trois années toutefois cet exercice enrichissant m'a "séchée". J'ai eu la désagréable sensation de radoter alors même qu'il ne s'agissait pas du tout des mêmes spectacles. Les mots, leur richesse, leur limite, ma faiblesse.

De même, l'exigence d'écriture quotidienne pour garder le blog vivant est devenue une contrainte qui ne m'a pas poussée vers plus de rigueur et d'exigence dans l'écriture même. D'où cette pause salutaire et nécesssaire.

Les bloggers s'organisent

Pendant cette petite pause personnelle, les bloggers du spectacle vivant dont vous trouverez les liens ci-contre, se sont organisés et ont développé cette notion de blog culturel. Ils ont poussé cette envie jusqu'à la création d'un site internet qui nous mette tous en réseau : "Un Air de Théâtre". Beaucoup de questions ont surgi : le rôle des blogs culturels, leur positionnement, leur déontologie ...
La qualité de ces initiatives ont nourri la remise en question qui couvait déjà depuis un petit moment du côté de Clochettes.

Clochettes et la culture

J'ai donc fait un petit point sur ce que je voulais faire de ce blog, sur mon envie et le cadre que je voulais me fixer :

- Je n'écrirai pas sur tout mais présenterai éventuellement des brèves sur ce qui ne fera pas l'objet d'un article.

- Tout en gardant le parti-pris subjectif des articles, je vais essayer de mettre un peu plus de rigueur dans l'argumentation pour retrouver un enjeu, un défi dans ce travail d'écriture et ainsi trouver dans la tenue de ce blog quelque chose qui redevienne plus enrichissant que stérilisant dans mon rapport au spectacle.

- Pour pousser la logique du parti-pris subjectif éclairé, je vais assumer la signature des articles de mon nom et prénom quand j'en serai l'auteur.

- de par mes fonctions, de par l'activité du blog, j'ai envie de croire en un "spectateur-citoyen" : la culture est un enjeu. Face aux difficultés économiques du secteur, face aux difficultés tout court du secteur, il est important d'avoir une vision plus globale de ce qui se passe, de nourrir le débat sur les politiques culturelles, les initiatives associatives, institutionnelles et privées. C'est pourquoi il me semble intéressant, avec cet outil modeste qu'est le blog, d'alimenter ces sujets au sein de l'espace public. Cela fera sûrement l'objet d'une nouvelle rubrique.

- l'outil des spectateurs : et si le temps ne me fait pas défaut comme trop souvent, j'essaierai de rendre plus systématique et visible, les programmations qui dans ma région d'implantation font l'objet des articles !
       Allez au spectacle, prenez ce risque, prenez le risque de trouver des questions, réponses, impressions, expressions inattendues. Venez dans les théâtres, cafés, hangars, friches où le monde ne bouge pas qu'au rythme d'une pulsation anesthésiante.

Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /2008 19:00
- Publié dans : Clochettes - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Une autre manière de voir et surtout d'écouter le Hip Hop. Bien loin des clichés du rap américain et peut-être encore même plus du rap français, certains groupes ne s'enferment pas dans les poncifs du genre. 13 & God en fait partie, et le label Anticon, avec des chanteurs comme Sole, Doseone et compagnie nous en apportent la preuve. Le hip hop n'est pas mort, bien au contraire. Il peut encore faire preuve de beaucoup d'imagination, et surtout d'innovation. Innovation musicale mais aussi sur la voix, la diction et le rythme. Bien loin également de la vague slam à la Française. 13 & God, c'est beaucoup de musique électronique et de samples, mais aussi de nombreux instruments que l'on entend bien rarement dans le hip-hop. Parfois presque, on dirait une symphonie « hip hopienne ». Mélange de bruits, mais toujours avec le sens de la mélodie. Et une voix qui se pose dessus. Une voix que l'on dirait sorti tout droit d'une marionnette du muppet show ou bien des « Puppetmastaz » pour rester dans le hip hop. Loin des grosses basses, et du son formaté, il y a un peu de tout dans cet album. Des chansons qui s'approchent plus de la pop (If, Men of Station), des chansons calmes (Afterclap) et même du piano dans les chansons hip-hop (il y en a quelques unes quand même). Au final, peut-on vraiment classer ce disque ? Pas sûr, en tout cas, personnellement, et je préfère ne pas le faire.  Mieux vaut se laisser porter par le flow musical, et peu importe que ce soit du abstract hip hop, hip hop, ou je ne sais quoi d'autres…

Publié par J.

Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /2008 12:11
- Publié dans : Musique - Par JULIEN - Ecrire un commentaire
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Théâtre Garonne - 12 avril

Il m'est de plus en plus difficile d'écrire : l'impression que les mots s'assèchent au fur et à mesure qu'ils tentent de retenir un spectacle de danse, théâtre ou cirque. Ils se répètent sans jamais arriver à atteindre l'objet.

Et quel objet cette fois ? Entracte de Nadj.

Entracte qui me conduit à tenter de cerner ce qui fait  l'identité artistique ; une identité marquée - une signature qui sait néanmoins se renouveler. ll me semble bien qu'avec Entracte, Nadj atteint l'aboutissement d'une recherche. On retrouve un univers plastique qui mêle une forme d'austérité à une grande richesse de propositions visuelles et scéniques. Avec Entracte, cette austérité apparaît particulièrement élégante avec des lignes épurées. Il y a une sobriété qui permet d'entrer dans une grande complexité de l'écriture toute à la fois musicale, chorégraphique et plastique.

Je sens bien qu'il y a toujours son angoisse de fond qui surgit de par les masques, ses références, les touches de couleurs sang, terre et or, la mutabilité de ces figures humaines ; animales et marionnettes.

Il y avait également longtemps que, tout simplement,  une pièce ne m'avait pas happée de la sorte, sans que rien, aucun moment de déconcentration, de réflexion, d'ennuie ne vienne perturber le temps de l'éphémère et du vivant.

Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /2008 14:01
- Publié dans : Danse - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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