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Théâtre de la Cité internationale - Paris - Du 2 au 25 octobre
Vu le 11 octobre
Tant sur la bible (feuille de soirée) que sur le dossier de presse téléchargeable sur le site du Théâtre de la Cité internationale, Denis Cooper, l'auteur du roman Closer qui a inspiré
cette pièce, est très nettement mis en avant.
Alors certes, le texte. Je n'ai pas lu le roman en question donc, de façon tout à fait intuitive, je reste sceptique. Il ne s'agit pas d'une lecture du roman mais bien d'un montage et d'une mise
en scène inspirés du texte. Le texte pour ma part est resté fuyant. Tout ce que je peux réellement en retenir, c'est l'effet tiroir d'un récit fragmenté, où fantasme, fiction et récit amènent le
trouble.
Dès lors, il s'agit de mettre en scène le trouble, de l'appuyer, par-delà les mots et l'histoire. Le pari est presque réussi, presque et pas de façon tout à fait satisfaisante.
Le premier leurre, l'heur, est la qualité de l'interprète dont la présence androgyne, le charisme est exceptionnel dans le carcan scénique qui est posé ; figure de face, stature frontale et
regard fixe, statue au débit monocorde qui appuie certaines nuances de soupçons rouge violence, au physique de plus en plus criant dans la lumière devenant progressivement clinique. Elle
porte et incarne le trouble, nous capte et nous enveloppe. Toutefois ce carcan assourdit un peu sa présence. Le défilé des phrases tirées des commentaires de la star académie en fond de scène ne
sont qu'un effet de style, une vélléité de mise en perspectives, ajoute des mots au texte sans réellement produire de reliefs, ils sont juste inutiles.
La toute fin, pic tardif, d'une progression certes effective mais un peu molle, laisse une légère frustation. Le trouble n'est pas monochrome, à peine gris, parfois teinté de piquées rouges. Le
trouble aurait voulu hurler, l'a tenté, l'a frolé.
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Dedans Dehors David
d'après le portrait 2 du roman Closer de Dennis Cooper
mise en scène et installation David Bobée
traduction Thierry et Jean-Luc Mengus (éd.P.O.L.)
avec Fanny Catel-Chanet
Théâtre de la Cité internationale : Lien internet
Article de Guy d'Un
Soir ou un Autre : Lien
internet
Les images du site ne sont pas libres de droit. Merci au Théâtre de la Cité internationale pour ce visuel.
Théâtre de la Cité internationale - Paris - du 06 au 11 octobre
2008
Vu le lundi 06 octobre
To do is to be - Descartes
To be is to do - Nietzsche
Do be do be do - Sinatra
Est-ce les influences américaines de Mark Tompkins ou ma vision franco-française ? Dans Empty Holes, j'ai trouvé une forme hybride de comédie musicale, de soap opera, l'artifice et
l'énergie bon enfant, décomplexée, que ne se permet pas de façon aussi spontannée un citoyen de la vieille europe.
L'oeuvre date de 1983, période bénie de la danse contemporaine où les forces créatives partaient tout azimut et dessinaient les contours des identités artistiques qui allaient marquer les
décennies suivantes. Est-ce mon jeune âge, l'excès de certaines formes très-trop conceptuelles qui me font voir dans Empty Holes, la trace de cette liberté très datée 80 ? Pour Mark
Thompkins vraisemblablement, ce solo marque quand même les sources de son identité artistique, de ses obsessions.
Le solo, s'ouvrant sur la silhouette d'un homme qui marche et chante, tisse de façon intéressante plusieurs éléments de mise en scène : les ombres chinoises, la musique live chantée, la narration
absurde et à tiroir. Ces élements ont certes vieilli mais gardent une certaine vivacité. La vision du couple qui s'en dégage, sous une coquille artificielle et dérisoire, reste tendre et
sensée.
Le plus étonnant dans cette pièce où deux personnages s'incarnent via la voix, des poupées plastiques, des ombres, c'est l'absence justement d'incarnation physique et corporelle. Doris et John se
diluent dans l'immatérialité de leur réalité fictive tandis que l'interprète se fond dans son rôle de jukebox et de marionnettiste.
Empty holes, le do be do be doux-amer.
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Concept, texte, chansons et interprétation : Mark Tompkins
en collaboration avec :
Dramaturgie et mise en scène Gérard Gourdot
Lumière Alain de Cheveigné
Théâtre de la Cité internationale - Lien internet
Article de Guy sur Un Soir ou un Autre - Lien internet
Une autre manière de voir et surtout d'écouter le Hip Hop. Bien loin des clichés du rap américain et
peut-être encore même plus du rap français, certains groupes ne s'enferment pas dans les poncifs du genre. 13 & God en fait partie, et le label Anticon, avec des chanteurs comme Sole, Doseone
et compagnie nous en apportent la preuve. Le hip hop n'est pas mort, bien au contraire. Il peut encore faire preuve de beaucoup d'imagination, et surtout d'innovation. Innovation musicale mais
aussi sur la voix, la diction et le rythme. Bien loin également de la vague slam à la Française. 13 & God, c'est beaucoup de musique électronique et de samples, mais aussi de nombreux
instruments que l'on entend bien rarement dans le hip-hop. Parfois presque, on dirait une symphonie « hip hopienne ». Mélange de bruits, mais toujours avec le sens de la mélodie. Et une
voix qui se pose dessus. Une voix que l'on dirait sorti tout droit d'une marionnette du muppet show ou bien des « Puppetmastaz » pour rester dans le hip hop. Loin des grosses basses, et
du son formaté, il y a un peu de tout dans cet album. Des chansons qui s'approchent plus de la pop (If, Men of Station), des chansons calmes (Afterclap) et même du piano dans les chansons hip-hop
(il y en a quelques unes quand même). Au final, peut-on vraiment classer ce disque ? Pas sûr, en tout cas, personnellement, et je préfère ne pas le faire. Mieux vaut se
laisser porter par le flow musical, et peu importe que ce soit du abstract hip hop, hip hop, ou je ne sais quoi d'autres…
Publié par J.
Théâtre Garonne - 12 avril
Il m'est de plus en plus difficile d'écrire : l'impression que les mots s'assèchent au fur et à mesure qu'ils tentent de retenir un spectacle de danse, théâtre ou cirque. Ils se répètent sans jamais arriver à atteindre l'objet.
Et quel objet cette fois ? Entracte de Nadj.
Entracte qui me conduit à tenter de cerner ce qui fait l'identité artistique ; une identité marquée - une signature qui sait néanmoins se renouveler. ll me semble bien qu'avec Entracte,
Nadj atteint l'aboutissement d'une recherche. On retrouve un univers plastique qui mêle une forme d'austérité à une grande richesse de propositions visuelles et scéniques. Avec Entracte, cette
austérité apparaît particulièrement élégante avec des lignes épurées. Il y a une sobriété qui permet d'entrer dans une grande complexité de l'écriture toute à la fois musicale, chorégraphique et
plastique.
Je sens bien qu'il y a toujours son angoisse de fond qui surgit de par les masques, ses références, les touches de couleurs sang, terre et or, la mutabilité de ces figures humaines ; animales et
marionnettes.
Il y avait également longtemps que, tout simplement, une pièce ne m'avait pas happée de la sorte, sans que rien, aucun moment de déconcentration, de réflexion, d'ennuie ne vienne perturber
le temps de l'éphémère et du vivant.
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