25 janvier à Mazamet - Festival C'est de la danse contemporaine
La pâte C de la B. En soi
toute une charte qui va de la musique Baroque portée par une voix magnifique live, à la virtuosité des interprètes, un brin de folie parfaitement maîtrisé (n'y voyez aucun paradoxe), une
scénographie, un brassage esthétique (théâtral, chorégraphique, circassien, musical), un attrait pour les extrêmes, un discours
politique ou du moins engagé.
C'est un spectacle réussi bien qu'il y ait quelques longueurs, un goût de déjà vu chez les C de la B dans la maîtrise des états extrêmes.
Toutefois, l'entrée en matière, l'effet de groupe dans les balancés donnent tout de suite le ton, un souffle qui ne peut laisser indifférent.
La gestuelle, souvent éblouisssante pour les parties dansées, un peu plus convenu dans le langage circassien (accro-portés), prend en effet toute sa force dès que le groupe s'en mêle. Les Ballets
C de la B sont une communauté d'individus, des présences et des corps, chacun inscrits dans une singularité (mais aussi une histoire comme on a déjà pu le découvrir lors du merveilleux film
Par ci Pal là) qui ne s'annihilent pas en s'additionnant, au contraire, s'appuient les uns les autres de leurs convictions et technicité d'interprètes, transmettent une énergie, une
dynamique.
Le cauchemar de Darwin apparaît dans quelques rapports de force. Il y a une volonté certaine du chorégraphe de dénonciation. Il choisit de ramener le propos à des confrontations individuelles.
Pourquoi pas. Là où on gagne une autre dimension à mon avis, en tout cas dans le propos, est plutôt, dans ce choix récurrent de la musique baroque.
Pourquoi ce choix, de plus en plus constant, chez les chorégraphes, de ce répertoire musical ? Presque une évidence. La beauté certes. Ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas, je crois la
réponse essentielle. Il me semble, que la musique romantique et baroque est comme un écrin qui a traversé le temps, dont la richesse est complexe, et la beauté lumineuse et donc, elle est en soi
comme une forme d'évidence. En soi, ce répertoire est rassurant parce que cette perfection là, cette universalité là existe. Dès lors, on peut y cogner les angoisses contemporaines, les angoisses
créatives. De nouveau, je peux y retrouver ma dualité beauté/pathétique. Pour jouer les métaphores musicales, on peut y tenter toutes formes de contrepoint : face à ce répertoire musical, les
petites comme les grandes choses prennent du relief.
Les créateurs peuvent s'y casser la figure mais quoi qu'il en soit, ils peuvent se consoler, parce que la tentative est presque aussi belle qu'un tableau de Boticelli.
Parfois, aussi, le dialogue établit une grande compréhension de ces différences, soit d'une incapacité, soit d'une sublimation, du panache dans
l'espoir comme le désespoir.
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C'est une pièce très bien écrite, qui ne se laisse pas
deviner tout de suite.
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