Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

 Jeudi 1er février - Maison de la musique Cap Découverte Carmaux - Festival C'est de la danse contemporaine

  A la sortie du spectacle, les critiques : de l'improvisation, un travail d'atelier inabouti, rien de nouveau, du déjà vu. Les critiques sont justes mais au lieu de m'ennuyer comme une partie de l'assemblée, je me suis régalée.

 A la fin, j'ai eu une petite pensée pour une amie, qui, à la sortie de la reprise d'une pièce de Wandekeybus, m'avait dit, c'est vraiment daté années 80, en me demandant, ce qu'elle aurait dit de Never Mind. Sans doute la même chose.

 Prenez des ingrédients et une même recette, personne n'obtiendra tout à fait le même plat. Never Mind, hier soir m'a fait un bien fou. Il y a bien sûr le Stabat Mater de Pergolèse mais je ne pense pas qe ce soit ce qui m'a accordée à Never Mind, c'est périlleux de prendre ce type de musique. D'autant plus que la rencontre entre la danse et la musique était impromptue, ni interprétation, ni vénération de la partition. Et pour moi, la rencontre a eu lieu entre ce couple mal assorti, vraiment, ils se sont nourris l'un l'autre et se sont portés, de musique, de silence, de mouvement.

 La danse n'avait rien en soi de particulier, on retrouve les travaux d'atelier bien usités chez les danseurs contemporains et le travail d'improvisation mêlé à celui de l'écriture chorégraphique, je comprends que cela soit agaçant.

 Il n'empêche qu'en milieu de parcours du festival, j'ai eu l'impression de me laver de différentes épaisseurs sans que je m'explique tout de suite quoi et pourquoi.

 Une danse simple, des agencements, des combinaisons sans effets ostentatoires, sans révolution chorégraphique, fluide, un peu détachée comme par peur de porter une quelconque prétention qui n'aurait pas lieu d'être. Pas de violence, pas de heurts, distillée il est vrai d'un peu de fadeur mais en même temps, il m'a semblée ressentir une grande honnêteté dans ces présences de danseurs.

 En cours de spectacle, je me suis fait la réflexion que dans cette proposition, j'y retrouvais quelque chose, rarement gardé intact chez les professionnels, qui transparaît souvent chez les amateurs : ce n'est pas exactement le plaisir de danser, ce serait plutôt de l'ordre de l'étonnement des gosses sur des choses tout à fait anodines, et au final une grande liberté dans ce semblant de naïveté. J'étais particulièrement émue parce qu'au moment de me qualifier le spectacle, juste pour moi, pour mieux le garder, m'est venu cette phrase : voilà la maturité d'un homme-enfant.

 Et bonheur, quand je suis allé à la rencontre avec le chorégraphe, à la fin du spectacle ! Il s'explique : (je déforme sûrement un peu ses propos) "j'ai créé cette pièce après être parti de l'institution (CCN de Tours). J'en suis parti pour redevenir libre. Je me suis retrouvé très seul une fois parti et j'ai pu faire le point. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que je n'étais pas un provocateur, que je n'appartenais pas à l'avant-garde , aux chorégraphes qui font violence de façon frontale. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que ce qui m'intéressait était tout simplement la danse et ce n'était pas facile de faire ce simple constat. J'ai donc pris le temps sur Never Mind, débarrassé de tous ces complexes, c'est une pièce en constante évolution, travaillée en atelier ..."

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Vendredi 2 février 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 31 janvier 07 - Le Parvis - Tarbes - Festival C'est de la danse contemporaine

 

 J'attendais avec impatience de rencontrer cette pièce du répertoire.

La scène est noire, derrière un pan de taule noire, deux portes de chaque côté et deux portes centrales.

 Des personnages entrent, des hommes et femmes de poussière blanche, les traits figés, aguisés et dessinés en des expressions austères, intenses, à la frontière. Leurs postures sont toutes aussi caractérisées, pauvres ères, vieux ou fous. Les mouvements de groupes comme ceux de la solitude, tournent en rond. Les corps se heurtent, les pieds frottent le sol, le sol se martèle, les glottes musicalisent des onomatopées syncopées d'une absence de phrase qui pourrait presque se deviner.

 Ils se font violence, ritualisent leurs pulsions sexuelles et leurs rencontres en des mouvements bruts qui s'orchestrent sur une musique de fanfare, musique qui ouvre comme une fulgurance de beauté des parenthèses vocalisées d'un allemand rugueux et noble.

 Comme ses personnages, May B prend posture et la tient jusqu'au bout. Très visuel, théâtral, l'influence de Beckett digérée de la pâte de Maguy Marin qui, à l'éclairage d'Umwelt, pièce à priori très différente, reste néanmoins très cohérente.

 Le corps de ballet se déploie, assure des effets de groupes et d'individualités, se fige et reprend, grogne ses onomatopées, la scène est magnifique, les tristes ères le sont malgré eux, de la beauté des pauvres et des fous, de ceux qui deviennent beaux à force de souffrance et de misère, de ceux qui deviennent touchants à défaut de rendre le genre humain moins fragile, au contraire.

 Dans la seconde partie, où les références littéraires deviennent encore plus visibles, ou ils tentent quelques habits moins cliniques, le temps se dilate dans les effets de marche, la succession des images et nous fait définitivement basculer dans une réalité vivante où des caractères de fiction mais universels se prêtent à rire et manger, mais surtout marcher, valise à la main, dans un va et vient continu. Une ritournelle allemande tourne en boucle, un homme se fige dans une marche, regard au public, suspend quelques questions, une silhouette de jeune fille ferme les portes centrales.

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Jeudi 1 février 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 25 janvier - TNT - Festival c'est de la Danse Contemporaine

 Sur scène, un carré blanc délimite l'espace, avec ceux qui sont dedans et dehors, mais très vite ce découpage spatial est oublié, visible par moment avec les effets de duos ou de groupe.

 Duos, groupe, individualités : enveloppés par une musique-bande sonore, différents types de présence prennent positions, mouvements, dans un engagement physique, charismatique, décalé, parfois absurde, souvent sexuel.

 L'énergie se fait tribale, finit par emporter, animal ou terriblement humain, les interprètes s'imposent, regardent, repartent.

 Voir le reportage sur oct-tv

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Lundi 29 janvier 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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 27 janvier 2007 - CDC Toulouse (Festival C'est de la danse contemporaine)

 Autre performance, autre déception.

 Même s'il est vrai que décrire un spectacle est sans intérêt, je souhaite néanmoins donner un peu le ton de ce qui s'est joué hier soir sur la première partie :

 Deux hommes entrent, lumière crue, prennent place, la musique commence, magnifique : Strauss et la voix d'Elisabeth Schwarzkopf. Il ne se passe rien. Ce n'est pas bien grave la musique suffit. Puis premier solo de Jean Luc Ducourt, quelque chose qui ressemble à de l'improvisation avec quelques clins d'oeil à la danse classique, il reprend, s'arrête, reprend, s'arrête, finit complètement essouflé et en rajoute sûrement un peu, allongé au sol.

 Second solo d'Hooman Sharifi, des déliés ronds, fluides qui se coupent, se tranchent, se refusent, la tête dans les épaules, un corps lourd attiré par le sol. Là aussi, ça ressemble à de l'improvisation et c'est un peu long.

 Les deux hommes dansent ensuite ensemble et c'est franchement long en faisant comme si de temps en temps ils se concertaient, style 'distancé avec leur objet,' style 'on est en répétition, pas en représentation', oserais-je dire style 'on fait de la danse contemporaine'.

 Jusque là tout va bien, on s'emmerde, c'est dans l'ordre des choses.

 Puis ils prennent une spectatrice sur scène et lui demandent de continuer le show, elle sourit mais ne sait pas trop quoi faire. Jusque là tout va bien, on s'emmerde, personne n'est vraiment surpris, c'est dans l'ordre des choses.

 Petit blabla en anglais : vous allez sortir, puis faire le choix de venir vous placer où vous voulez, sur scène, ou de nouveau côté spectateur, ce sera votre choix.

 On sort. On rentre. Chacun se place où il veut, un peu partout dans la salle. Puis petit blabla entre les deux hommes qui disent qu'il y a une prise de risque, un danger, blablabla et que grosso modo personne ne serait cap de prendre la suite du show. Mais the show must go on comme dirait l'autre et une jeune femme les prend aux mots et se lève. Commence un très joli moment où elle invite Hooman Sharifi à une marche qui va dans le sol, qui s'enroule, se déroule puis marche. C'est simple et sans effets. Sharifi, étonné a un petit moment de recul et n'arrive pas au final à gérer cette improvisation. Puis une seconde femme se lève et marche jusqu'à ce que la lumière s'éteigne. Elles sont applaudies.

 La lumière se rallume et s'ensuit un interminable blabla entre les deux hommes autour des conventions scéniques, du choix, de la prise de risque. Le public est décontracté, attend que ça passe, attend de voir s'ils vont se dépêtrer de leur performance, il y a des blancs et tout le monde est tranquille. C'est plutôt sympas de partager ces blancs en groupe.

 Puis à toutes ces questions existentialo-artistiques posées par nos deux performers, quelques réponses du public : le choix, on l'avait déjà fait avant de venir, personne nous a obligé à venir les voir, qu'ils se rassurent. Deuxième intervention pour demander s'ils ont terminé ou si après c'est un talk show entre eux deux à durée indéterminée. Sur ce, ils disent que c'est terminé et c'est terminé. Personne applaudit, tout le monde part grignoter un bout.

 Maintenant que ma petite histoire est terminée, j'ai vraiment été amusée par nos deux hommes qui visiblement voulaient démonter des présupposés en étant eux-mêmes plein de présupposés sur leurs spectateurs. Amusés qu'ils posent une question de choix là où la réponse était toute trouvée : tout le monde avait acheté son billet de plein grés et personne ne semblait vouloir culpabiliser de ça, premier postulat qui tombait à l'eau pour eux et le tout dans une tranquillité qui les a vraisemblablement désarmé.

 Ensuite, ils semblaient penser que leur public allait avoir la révélation de leur vie avec leur question sur les conventions scéniques : et ils font ce postulat au CDC de toulouse qui a, il faut quand même le dire, un public assez ciblé, avec notamment beaucoup de professionnels. Deuxième flop.

 Puis, ils ont fait vraisemblablement le postulat que personne ne répondrait à leur invitation à monter sur scène, or la réponse s'est faite dans une telle simplicité qu'il n'était plus question de mise en danger. De même, ceux qui n'ont rien fait ne semblaient pas particulièrement perturbés de ne rien faire, bien en accord avec leur choix d'être spectateur et sans complexes particuliers à triturer pour sentir une quelconque mise en danger.

 Bref, c'était formidable.

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Dimanche 28 janvier 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 6 commentaires
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 Mercredi 24 janvier 2007 - CDC Toulouse

 Tout d'abord, ce qu'en dit le fascicule :

   " Ce solo part du mythe du péché originel et s'amuse à le renverser. PRESQUE EVE se montre vêtue d'un costume de Père Noël, croqueuse de pommes de terre, ramenant à elle le désir brut et l'affirmation de soi. Une danse qui tente de réparer notre mythologie, faisant de Eve une héroïne inoffensive, montreuse obstinée du désir, grognant le chant du Père Noël comme pilule extatique d'un hypothétique bonheur à venir. Initialement créé en 2002 pour une galerie d'art, PRESQUE EVE reste sur le front de la performance, tout à fait à l'aise dans des lieux improbables comme sur un scène traditionnlle. La modularité des éléments scénographiques autorise cet aspect et renouvelle à chaque fois le processus. des catalogues de vente par correspondance occupent l'espace et abreuvent notre désor de consommation. Un homme en costume de Père Noël américain gouverne cet univers de tentations. Cet antre infernal suggère des évidences plus frappantes avec notre société de consommation."

 "Le mythe du péché originel" : ????

 "Presque Eve" : ah ... il a une vision de la féminité particulière ; vulgaire, maniérée à outrance, pouffiasse.

 "désir brut" : qu'il y ait des pulsions brutes, je comprends un peu, mais un désir brut non. J'ai vu un désir qui  s'accompagne d'accessoires, de tendances exhibitionnistes, c'est un désir accessoirisé et travaillé de pas mal de choses un peu obscures.

 "affirmation de soi" : une affirmation de soi 'nuancée' façon exhibionniste, mais il est vrai que ce n'est pas très intellectuel d'appeller un chat un chat et je confesse peut-être par là même mon ignorance.

 "une héroïne inoffensive" : voui ... il m'a pourtant semblée que Presque Eve parlait de "perversion". Il y a vraisemblablement un malentendu. Alors après, on peut rajouter la société de consommation, bien sûr, il y a suffisamment de catalogues des trois suisses sur scène pour que ça traverse l'esprit. Mélanger tout ça pour évoquer un "hypothétique bonheur à venir", voui, certes, j'espère bien que ça a défoulé un petit coup l'interprète.

 Synthèse : Je me suis ennuyée, beaucoup de performances finissent par se ressembler toutes, comme un exercice de style particulièrement prévisible, ce qui peut paraître un comble pour une performance. Ensuite, j'ai lu le papier sur la pièce et vraiment, j'ai eu la désagréable sensation d'avoir assisté au propre comme au figuré à une trop longue masturbation intellectuelle.

 Ceci dit, si ça avait été affirmé comme tel, pourquoi pas. Parce que si je tiens comme fil conducteur, le thème de la perversion, tout le spectacle prend une cohérence intéressante.

 Voilà maintenant ce qu'en dit mon dictionnaire :

 Perversion .N.F. (bas lat, perversio, -onis) : 1. Action de corrompre une personne saine (voilà qui résume bien la relation perfermer-exhibitionniste / spectateur-voyeur) -

 2. Déviation des tendances normales ; altération profonde d'une fonction (un père noël qui prend son pied en prenant des poses suggestives et qui finit par montrer ses fesses, ce n'est pas la vision habituelle du père-noël, image enfantine et asexuée, bien que symbole aussi de la société de consommation, certes) -

 3. pratique érotique d'un sujet dont les pulsions trouvent leur satisfaction en dehors du coït avec un partenaire d'âge équivalent et de sexe opposé (là c'est évident, il fait mumuse sur une table puis avec un cordon, tout en regardant concupiscent le public)

 Encycl - Psychiatr : On rassemble dans les perversions sexuelles, le fétichisme (la scénographie est empreinte de fétichisme avec l'abondance des catalogues des 3 suisses, l'usage du costume du père-noël etc), le voyeurisme (cf le rapport au spectateur), l'exhibitionnisme (ça, c'est vu ci-dessus), le sado-masochisme (le jeu avec la corde, il y avait un peu de ça aussi) (...)

 A partir de 1905, Freud décrit le comportement libidinal. Ce point de vue génétique l'amène à poser un stade génital qui conduit le sujet à choisir un objet d'amour de sexe opposé après la résolution du complexe d'Oedipe. Auparavant, les pulsions partielles correspondant aux différentes zones érogènes avec leurs objets spécifiques confèrent à l'enfant "une disposition perverse polymorphe" dans la mesure où sa sexualité n'est pas encore unifiée sous le primat de la génitalité. Toute fixation de la libido à un stade prégénital est alors décrite comme une perversion.

 Et vous savez quoi ? La performance se termine justement sur des vagissements de bébé, tandis que le performer se berce plus ou moins, jambes écartées, recroquevillées, jusqu'au noir complet de la fin. Après, ce que j'en dis ...

 Voir le reportage sur oct-tv

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Jeudi 25 janvier 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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