Jeudi 1er février - Maison de la musique Cap Découverte Carmaux - Festival C'est de la danse contemporaine
A la
sortie du spectacle, les critiques : de l'improvisation, un travail d'atelier inabouti, rien de nouveau, du déjà vu. Les critiques sont justes mais au lieu de m'ennuyer comme une partie de
l'assemblée, je me suis régalée.
A la fin, j'ai eu une petite pensée pour une amie, qui, à la sortie de la reprise d'une pièce de Wandekeybus, m'avait dit, c'est vraiment daté années 80, en me demandant, ce qu'elle aurait dit de Never Mind. Sans doute la même chose.
Prenez des ingrédients et une même recette, personne n'obtiendra tout à fait le même plat. Never Mind, hier soir m'a fait un bien fou. Il y a bien sûr le Stabat Mater de Pergolèse mais je ne pense pas qe ce soit ce qui m'a accordée à Never Mind, c'est périlleux de prendre ce type de musique. D'autant plus que la rencontre entre la danse et la musique était impromptue, ni interprétation, ni vénération de la partition. Et pour moi, la rencontre a eu lieu entre ce couple mal assorti, vraiment, ils se sont nourris l'un l'autre et se sont portés, de musique, de silence, de mouvement.
La danse n'avait rien en soi de particulier, on retrouve les travaux d'atelier bien usités chez les danseurs contemporains et le travail d'improvisation mêlé à celui de l'écriture chorégraphique, je comprends que cela soit agaçant.
Il n'empêche qu'en milieu de parcours du festival, j'ai eu l'impression de me laver de différentes épaisseurs sans que je m'explique tout de suite quoi et pourquoi.
Une danse simple, des agencements, des combinaisons sans effets ostentatoires, sans révolution chorégraphique, fluide, un peu détachée comme par peur de porter une quelconque prétention qui n'aurait pas lieu d'être. Pas de violence, pas de heurts, distillée il est vrai d'un peu de fadeur mais en même temps, il m'a semblée ressentir une grande honnêteté dans ces présences de danseurs.
En cours de spectacle, je me suis fait la réflexion que dans cette proposition, j'y retrouvais quelque chose, rarement gardé intact chez les professionnels, qui transparaît souvent chez les amateurs : ce n'est pas exactement le plaisir de danser, ce serait plutôt de l'ordre de l'étonnement des gosses sur des choses tout à fait anodines, et au final une grande liberté dans ce semblant de naïveté. J'étais particulièrement émue parce qu'au moment de me qualifier le spectacle, juste pour moi, pour mieux le garder, m'est venu cette phrase : voilà la maturité d'un homme-enfant.
Et bonheur, quand je suis allé à la rencontre avec le chorégraphe, à la fin du spectacle ! Il s'explique : (je déforme sûrement un peu ses propos) "j'ai créé cette pièce après être parti de l'institution (CCN de Tours). J'en suis parti pour redevenir libre. Je me suis retrouvé très seul une fois parti et j'ai pu faire le point. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que je n'étais pas un provocateur, que je n'appartenais pas à l'avant-garde , aux chorégraphes qui font violence de façon frontale. Il m'a fallu longtemps pour comprendre que ce qui m'intéressait était tout simplement la danse et ce n'était pas facile de faire ce simple constat. J'ai donc pris le temps sur Never Mind, débarrassé de tous ces complexes, c'est une pièce en constante évolution, travaillée en atelier ..."
Mesuroblog - clochettes : ☼ ☼ ☼ ☼ ☼
("Mesuroblog" en référence aux blogs du Tadorne, d'Un soir ou un autre et
d'Images de danse)
C
" Ce solo part
du mythe du péché originel et s'amuse à le renverser. PRESQUE EVE se montre vêtue d'un costume de Père Noël, croqueuse de pommes de terre, ramenant à elle le désir brut et l'affirmation de soi.
Une danse qui tente de réparer notre mythologie, faisant de Eve une héroïne inoffensive, montreuse obstinée du désir, grognant le chant du Père Noël comme pilule extatique d'un hypothétique
bonheur à venir. Initialement créé en 2002 pour une galerie d'art, PRESQUE EVE reste sur le front de la performance, tout à fait à l'aise dans des lieux improbables comme sur un scène
traditionnlle. La modularité des éléments scénographiques autorise cet aspect et renouvelle à chaque fois le processus. des catalogues de vente par correspondance occupent l'espace et abreuvent
notre désor de consommation. Un homme en costume de Père Noël américain gouverne cet univers de tentations. Cet antre infernal suggère des évidences plus frappantes avec notre société de
consommation."
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