Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Avec le temps va

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dans quel état ..

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Hasard, concours de circonstances, convergences de préoccupations. En peu de temps, j'ai vu No country for old men des fères Cohen et inspiré d'un livre de Mc Carthy, lu la Route  de Mc Carthy et vu la Ballade sauvage de Terrence Malick (me souvenant du même coup un peu de la ligne rouge et un peu mieux  du Nouveau Monde).

La nature, sauvage, objet de fascination, duelle

Fascination : attraction, attrait, aveuglement, éblouissement, envoûtement, magnétisme, séduction

En France, le rapport à la nature est, je crois assez différent. Peut-être que l'influence de Rousseau a été assez forte pour que la nature soit vue comme un facteur de liberté, d'épanouissement de la nature humaine. Entre-temps, les Français, sagement, cultivent leur jardin, la nature devient presque synonyme de campagne, voire même de villégiature. 

Aux Etats-Unis, la tradition, au berceau des pionniers, semble toute autre. Les Etats-unis et leurs grands espaces, une nature qui se manifeste dans ses excés et renvoie l'humain à sa fragilité. Une nature qui s'étale sur des kilomètres, non domestiquée. C'est un drôle de miroir de conscience : elle apparaît souvent grandiose et notamment dans ses manifestations les plus monstrueuses. Les américains, que ce soit par le cinéma et la littérature sont passés maître dans son évocation. 
Il est dès lors étonnant de souligner certains paradoxes, de notre point de vue franco-français : étonnant d'opposer une amérique souvent perçue comme infantile et artificielle et de l'autre ces oeuvres citées de Malick et Mac Carthy où les espaces dépouillent l'humain.
Je ne cite pas ces deux bonshommes au hasard. Tous deux, ne font pas dans l'idéalisme (je maintiens cette affirmation pour ce qui concerne Malick). Le mélange est plus tortueux : une forme de lyrisme sombre dans les descriptions, par le côté hors proportions des descriptions des espaces où la projection noire des pulsions humaines et d'une mortalité sans apparâts est mise en perspectives.

Spiritualité, cynisme, rédemption

A la fin de la Ballade sauvage, je me suis dit : Malick fait du panthéisme romantique dark. Panthéisme parce que la nature nous dépasse, on ne sait pas de l'homme ou de la nature qui va être mangé. Dans la route Mc Carthy fait la synthèse, ce duel titanesque se résout par la présentation d'un univers apocalyptique. Le roman commence sur cette image, la nature est morte, l'homme est mort, on recherche les reliquas de vie chez l'un et chez l'autre avec désespoir. Malgré tout, il y a dans ces oeuvres une âme, une vision qui, sans compromis, n'en est pas moins nourrie d'une forme de spiritualité, voire même de rituels qui se révèlent au fil des pages ou des plans qui lèchent le mystère de la création et de notre monde. 

Romantique aussi parce que face à ces immensités de solitude dans ces cadres naturels, les rapports humains peuvent apparaître anecdotiques et en même temps, l'humain ne se retrouve que dans les vestiges de relationnel qu'il arrive à préserver. Les relations amoureuses, filiales, sont mises à dures épreuves parce que plus aucun jeu n'est possible. Les codes et normes sociales sont hors sujet. 

Dark parce que, sans être désespérée, dans ces oeuvres, on se sent comme ces personnages : au milieu du désert, sans savoir où se planquer. Le personnage de Javiem Bardem dans No country for old men est intéressant parce qu'il cristallise ces différents points. Je l'ai vu comme la Fatalité même. Non pas la mort mais la fatalité. Il agit selon des règles sans cohérences, sans morales mais implacables qui se fondent dans la marche du monde : une mort bête et cruelle, comme toute mort peut-être. Lui même est soumis à un accident, la boucle est bouclée, personne n'échappe à la fatalité, tôt ou tard on l'incarne, au mieux, elle se drape du terme destinée.

Il y a beaucoup de paramètres incontrôlables et une nature profonde (mentale et environnementale) que nous n' apprenons à connaître que face à l'adversité.

C'est beau et terrible : on y retrouve la bible, la mythologie, écologisme et films d'horreur, guerre et tsunami, anticipation et histoire. C'est une convergence de cauchemars et de textes fondateurs.
Comment tuer Gorgone ? undefined

Dimanche 2 mars 2008 7 02 /03 /2008 18:26
- Publié dans : Clochettes - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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  undefined DOCTEUR FOLAMOUR, de Stanley Kubrick (1964) 
ou de la différence entre la guerre chaude et la guerre froide.

A voir en V.O. pour les performances de Peter Sellers qui compose pas moins de trois des rôles principaux.

Enfin un film de guerre qu'on peut regarder, nous les filles! C'est un excellent film, très drôle, avec une très belle photographie noir et blanc, des personnages hilarants. L'histoire en quelques mots: un général américain pète une durite et décide de déclencher "le plan R", c'est-à-dire:
1) de couper toute communication entre lui et le Pentagone
2) d'ordonner à toute l'aviation américaine de lancer toutes ses bombes nucléaires sur la Russie...
Au président des Etats-Unis de se débrouiller pour arrêter la machine de guerre, éviter que le monde entier n'explose, avec l'aide:
a) d'un savant fou aux relents nazis,
b) d'un colonel qui n'attend que ça, de tout faire péter,
c) d'un président russe ami mais néanmoins porté sur la bouteille.
 
Stanley Kubrick, en imaginant avec humour et second degré comment la guerre froide aurait pu déraper, égratigne l'image de l'armée américaine (dirigée et composée de types pas très fins). Cela dit, la Russie (décrite à travers les poncifs habituels de la vodka, des espions et du président complètement inconscient) n'est pas en reste. Au final c'est l'humanité en général qui en prend un coup, dangereuse à force de puérilité, prête à renouveler l'expérience de la guerre froide même après l'apocalypse.

Publié par Christel
Dimanche 2 mars 2008 7 02 /03 /2008 18:17
- Publié dans : DVDthèque - Par CHRISTEL - Ecrire un commentaire
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6 février au Théâtre Garonne


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Not) a Love Song est une véritable surprise. Dès le premier abord, un côté chic assez pétillant, toujours trop élégant pour aller vers un kitsch plus convenu.

L'écriture riche et fouillée, complexe, m'a destabilisée. Les trois interprètes (et pas n'importe qui : Vera Mantero, Miguel Gutierrez, claudia Triozzi, accompagnés de Vincent Segal) amènent une esthétique qui tisse toute une série de références et clins d'oeil dans un ensemble très cohérent mais jamais prévisible. Ils se situent dans une forme de démonstration par le pastiche, le décalé, des tableaux très visuels avec des poses et des pauses et une connivence avec les spectateurs sur ce qu'ils affichent nous montrer, une sorte d'effet miroirs permanent et semble-t-il pour eux, assez jouissif. La  bande-sonore live remplit l'espace, les interprètes sans jamais jouer ostentoirement la carte de la performence, pourtant bien présente, prennent ces compositions avec légèreté, mais toujours dans une très grande maîtrise des enchaînements et de la partition rythmique.

En vérité, il est bien difficile de faire face à (Not) a love Song, en une seule fois. C'est un spectacle qu'il faudrait voir au moins deux fois pour bien l'appréhender, pour ne pas céder parfois à une saturation de tous ces signes, sons, sens.

Certes l'influence musicale et cinématographique est assumée comme telle, il n'empêche que (Not) a Love Song dépasse la simple addition des citations ou de l'exercice de style. C'est une oeuvre non identifiée mais dont l'identité est, je crois, unique.

Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /2008 07:00
- Publié dans : Productions artistiques Non Identifiées - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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Théâtre Garonne


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D'après les Dramuscules de Thomas Bernhard, le Tg STAN déplace toutes attentes vers un terrain non balisé. Les Dramuscules pointent les médiocrités dues au racisme, au nazisme, à toutes formes d'intolérance, dont les conséquences et la cruauté peuvent apparaître en filigramme ou au contraire frontales de crudité.

Face à ce texte, le Tg Stan choisit une arme toute autre que l'extrême gravité contenue dans les textes. Citons Staline : "un peuple heureux n'a pas besoin de rire", quel dogme grimaçant de l'annihilation de l'humain dans les totalitarismes ! 
Avec le Tg Stan, le rire est le fil conducteur qui amène cette liberté, liberté artistique mais aussi finesse de la compréhension et rappel de réalités persistantes. Parce que c'est bien pour ça que les textes touchent. L'Histoire s'est diluée dans un quotidien parfois peu glorieux, l'actualité peut en témoigner.

Ce "déplacement" se joue sur un mélange de folie, de grivoiserie, de pincement, de décadence, de mise en scène versatile avec ces scènes qui se suivent et s'applaudissent tout autant qu'elle se rient ou se mordent.

Parfois le Tg Stan nous perd, même si les interprètes nous tiennent. Ils atténuent la contamination de l'horreur par une forme de grotesque, un côté ubuesque ou jarriesque dans le traitement de leurs personnages : pas des caricatures ou marionettes mais un entre-deux : une silhouette déformée de l'humain, une ombre, sa face obscure. Celle qu'il faut éloigner par la force d'un rire.

Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /2008 07:35
- Publié dans : Théâtre - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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1 er février à Cap Découverte - Festival C'est de la danse contemporaine Toulouse


"Sinfonia Eroica, l'Héroïque, la troisième symphonie de Beethoven est la base du spectacle en tant qu'appel à la danse. (...)" Thierry de Mey

Un appel à la danse. J'ai retrouvé dans cette pièce, le plaisir et la jubilation, une légèreté d'être et de l'être. Une danse faite d'ornementations sans fioritures, précieuse, insouciante, désinvolte sans inconstance, consciente de son bonheur, joyeuse, séductrice, très séductrice, très amoureuse de ces corps qu'elle traverse, très généreuse pour ces corps qui la regardent.

Une danse à la musicalité épanouie, comme un corps charnel et laiteux, comme deux amants qui se parcourent. Le moment des préliminaires, ludiques, spontannés, avec des papillons dans le ventre puis la tension se durçit, le moment devient plus grave, un saut dans le vide qui s'hésite, un corps suspendu à un fil qui se donne le vertige, la préparation de la petite mort, sans que jamais rien, ne soit solennel, juste une suspension dans le temps et l'espace.

La scène déborde. L'eau la recouvre, le mouvement glisse, vont et viennent les vagues de corps qui éclatent de vie, qui se lavent de l'ivresse et de l'eros, sympahonie eros-ïque.

Musique et Danse, deux amants éternels, qui s'enlacent et s'élencent, se jettent dans la jouissance, dans cette source de jouvence.

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Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /2008 07:18
- Publié dans : Danse - Par SARAH - Ecrire un commentaire
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