Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Visuel du Blog : Cécile Urbita

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Avec le temps va

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Grenier

dans quel état ..

 N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).

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     PS / Mai-août : le blog va faire une pause avec peut-être quelques clins d'oeil de ci de là et reviendra en force à la rentrée. Donc patience.
Par-contre, n'oubliez les autres blogs du réseau qui préparent cette période festivalière et seront bien plus présents que je pourrai l'être cette année !

Festival Rebonds Albi - 07 Mars - Athanor

  Sur un mélange très éclectique de musique, dans un univers froid, métallisé et bleu, un intérieur de château tout en pierre, plane le conte de Perrault.

Toutes jeunes femmes, et tous jeunes hommes se font face. Les jeunes femmes sont séductrices, manipulatrices, sûres d'elles pour ne pas dire dominantes. Les jeunes hommes paraissent dans un premier temps moins expressifs, animés d'une souffrance sourde, dans des tentatives de communication qui les laissent dans une grande solitude. Puis vient l'affrontement, la violence, l'issue d'une rencontre fatale qui s'est heurtée à un grand manque d'amour.

Les danseurs de Josette Baïz sont impressionnants de présence et de technicité. Il y a donc une sorte de distorsion entre leurs physiques juvéniles et leurs interprétations de danseurs, distorsion qui vient parfaire le décalage entre l'atrocité d'une histoire qui n'est autre qu'un conte pour enfants.

Ils y injectent leurs impatiences d'adolescents, une fougue, une énergie qui s'exprime par une danse métissée d'une culture actuelle qui se nourrit de tout sans préjugés et qui passe de l'héritage classique, à la danse hip hop, jazz, orientale, moderne, aux qualités contemporaines.

Ils y injectent également une adoption, digestion de la violence, exorcisée par la danse, une forme de rebellion gaie et vivante, malgré la lecture très sombre d'un conte à la couleur glacée.

☼ ☼ ☼ ☼

Samedi 10 mars 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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 "Empty moves se nourrit des actions et mouvements inspirés par les paroles et phonèmes lus par John Cage au Teatro Lirico de Milan et enregistrés en public le 2 décembre 1977."

   

 La bande sonore inclue le texte de Cage et les réactions plutôt vives du public milanais lors de l'enregistrement. Bien que la partie 'musicale' soit un peu fatiguante sur la longueur, j'ai beaucoup aimé ce parti pris, l'intégration dans l'oeuvre d'un élément délibérément ingrat, assumé comme tel qui finit par créer néanmoins un rythme proche d'un flux continue au débit lent, hypnotique, à la distanciation matérialisée par l'indifférence et l'opiniatreté de Cage au moment de la performance. Amener de la danse là-dessus m'a renvoyée à une actualité dans la création contemporaine brulante : notamment aux créations de Maguy Marin et au parti pris d'Umwelt par exemple (qui a amené des réactions du public très violentes) mais aussi à la question du public et du rapport des créateurs à leurs spectateurs, du dilemme entre démagogie stérile de création et création autiste du public.

 Il n'empêche que dans le cas d'Empty moves le pari est assez réussi. La danse s'affirme dans une absence totale d'intentions, dans la même distance que son fond sonore, avec le même esprit potache pas ostensiblement affiché mais distillé dans une attitude d'ensemble.

 La danse de Preljocaj est belle, sans la culpabilité du beau de la création contemporaine, un 'je m'en fous' qui s'enorgueillit de technicité et d'une écriture chorégraphique ininterrompue, très bavarde. Dans ce débit verbal du mouvement, s'en dégage néanmoins quelque chose d'assez épuré et d'une futilité nécessaire.

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Mercredi 7 mars 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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  Apollo Mazamet - ADDA du Tarn

3 mars 2007

 Un duo d'hommes chevaux : hommes siamois qui se séparent puis s'affrontent, paradent.

Ils semblent couverts de terre et de poussière, on imagine une steppe qui emprisonne ces chimères.

On se prête à regarder ces corps magnifiques, la ligne de leurs muscles, la rondeur de leurs fesses, la force de ces membres qui se cabrent, se rudoient, se heurtent, caressent le sol, hennissent leur respiration, se rendent dociles et sauvages selon les humeurs.

Animal, sexuel, masculin, chevalin, Centaures fait transpirer un rêve.

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Mardi 6 mars 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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Espace Apollo - ADDA du Tarn - Samedi 3 mars

 Ce duo pour deux danseuses alterne le Magnificat de Vivaldi et une composition de Stéphane Rey. D'un côté une musique sacrée, de l'autre une tension, une vibration de sons, comme une présence électrique qui frole à grande vitesse, tournoie, prend l'espace, amène vertige et profondeurs.

Dans la danse de Preljocaj, il y a la beauté des lignes et l'esthétique de la virtuosité. Le tableau avance, Marie est fragile, belle, sa danse et même ses traits évoquent la pureté. L'ange Gabriel, paraît chargé d'une force, un bloc qui s'éclate en mouvements géométriques, pas tout à fait fluides mais coupants comme une épée. 

Toutefois cette binarité se charge d'une coporéité ambigue, qui amène le duo au-delà d'un binôme trop marqué et lisible. Il y a bien l'idée d'une transmission, autour d'une symbolique buccale qui peut renvoyer tant à la sexualité qu'au sacré et à un dialogue d'âmes. Même les gestuelles finissent par se confondre, l'ange est déchargé de sa raideur, pour confondre Marie dans une langueur qui s'évanouit dans cette passation. L'instant est grave, la douceur apparaît dans l'épuisement des corps, la rencontre de la mortalité et du divin fatigue, épure la danse en un phrasé réduit, qui se conclue dans la symbolique de l'envol, si proche par ses bras en croix, à la crucifixion.

☼ ☼ ☼ ☼ ☼

Dimanche 4 mars 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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 3 février - Théâtre Garonne - Toulouse - Festival C'est de la Danse Contemporaine

 Dans la pénombre, une machine, une sorte de pont roulant, commence lentement une rotation qui fait claquer scotchs, bandes, met en place la scénographie, tire deux interprètes, corps inertes, pantins.

  Elle installe un temps étiré, commandé de ses mouvements automatiques, qui finissent dans une verticalité ou les masses des danseurs paraissent de chair molle, amenant un contraste singulier avec le bras de fer.

 Raimund Hogue entre, petit homme. S'ensuit un des plus jolis moments où Charmatz et Hogue dos au public se déshabillent. Hogue, s'allonge et Charmatz l'effleure, le parcourt. Moment tactile et sensible, deux corps nus, un autre contraste, un corps difforme, au profil féminin et aux mains d'enfant et un corps de danseur magnifique, devenu irréel par sa beauté, support du corps souffrant, en demande de sa réalité, de son toucher.

 La mise en lumière est d'une subtilité rare : chaude et intime pour les corps nus, suspendue d'une tension pour le reste de l'espace et de la pièce, dans un entre deux.

 Julie Cima quant à elle, corps disloqué, marionnette désarticulée, n'en finit pas de tomber d'un tapis roulant : supplice de Sisyphe ? Quant elle s'en échappe, elle se lance dans une course infernale et absurde de mouvements, une course coupée du public et du duo, un contrepoint solitaire et vide.

 La souffrance est présente, diffuse. Petit à petit Hogue mange Charmatz, de ses injures, de sa présence, finit seul, pris au piège de l'espace scénique, se cogne à ses murs, esquisse des bribes de pas, une bande sonore aux paroles obsessionnelles, absurdement simples, dénuées de sens, drôles mais autistiques l'accompagne.

Il appelle son créateur, celui qu'il a mangé, il se frappe pour se rappeller sa réalité, il appelle au secours avant que la pénombre l'engloutisse lui aussi définitivement.

 A la fin, les trois interprètes ont salué, coupé court les applaudissements, Charmatz, ému aux larmes nous a dit que c'était la dernière de Régi, la difficulté de la création de cette pièce et la difficulté de la quitter. Beaucoup de questions et de mystères restent dans l'ombre de cette pièce tandis que je me souviens de cette angoisse primordiale, enfantine, celle d'être mangée, engloutie, celle de disparaître.

 Mesuroblog - clochettes : ☼ ☼ ☼ ☼ ☼

("Mesuroblog" en référence aux blogs du Tadorne, d'Un soir ou un autre et d'Images de danse)

Dimanche 4 février 2007
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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