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20 novembre - TNT Toulouse
Je viens de lire à l'instant la feuille de soirée
et les paroles d'Heddy Maalem, la dernière phrase m'interpelle plus particulièrement : "Contempler le Monde-Terre, en comprendre le fruit avant que ne survienne ... la mort en ce
jardin."
Tout le long du champ de forces, j'ai été prise d'images, de beauté, d'une sensation de réel et d'iréel.
L'entrée en matière est un fil conducteur qui va me tenir tout le long : une figure de face, à peine perceptible, fugace, une présence fantomatique, entre réalité et irréalité, vie et
mort.
La lumière est ainsi le médiateur des corps, le fil tendu entre deux mondes.
Dans cette figure de face, déjà l'idée d'une transmission ou captation, je ne sais pas trop : prendre au public, donner au public, apparaît, disparaît, un appel, un adieu.
Ainsi, dans le toucher, les contacts de corps, quelque chose se prend, se transmet, sur scène c'est réel, vers le public, déjà, on ne sait plus, vers quoi on tend.
Dans le premier tableau, les corps vivants, une masse de corporaités diverses, pointés vers une figure de proue qui tombe au sol. Les chutes amènent cet étonnant ancrage, la fragilité n'est
pas dans la chute, dans ces présences, mais plutôt dans l'environnement qui leur donne réalité ou les emporte dans l'obscurité.
Les corps ont un ancrage très fort, plantent racines profondes. Il y a avec le sol une prise d'assurance et de légèreté. Aucun désir d'envol chez ces danseurs, les sauts sont plus
dans l'affirmation du sol, le tracé d'une bande horizontale qui circonscrit leur espace, comme la scénographie qui rapproche le ciel (et qui prendra encore plus figure dans le tracé
lumineux de bandes vers la fin du spectacle). Toute disparition-apparition se fait sur notre Terre en quelque sorte, en fuite du public, ou en marges de la scène. Les corps vivent mais rarifient
le mouvement, ils partent d'une impulsion, puis vont remplir le vide.
La beauté de ces corps, tout ce concentré de beauté, dont les mouvements, l'écriture chorégraphique met en valeur chaque articulation musculaire de ces interprètes aux différentes origines
raciales (il manquerait juste le continent sud américain ;) ) amène un idéal d'universalité, une aspiration à la perfection, mais aussi, la conscience de la valeur allégorique de cette
représentation et sa contamination par la présence diffuse de l'angoisse primordiale qu'est la mort.
C'est d'ailleurs ainsi que j'ai vu dans la troisième partie, la présence de l'élément liquide, de l'eau, avec des bras, un haut du corps qui s'échappe dans une fluidité tandis que le bas du
corps s'harnache dans un grand plié seconde. L'eau, le styx, le passage. Vient la figure du vent, le dialogue des âmes, et des corps insectes, nature, anima animus, animisme.
Chez les chamanes, l'animal magique est imprévisible. Il y a bien transe mais pas imprévisibilité chez ces êtres.
Dès lors on retourne aux hommes et femmes, on cherche une autre issue, une autre réponse. Les faces à faces féminins sont faits d'insolence, d'impertinence, quelque chose d'espiègle de
complètement réel, humain. Vient des dialogues amoureux, une énergie qui se transmet dans la douceur de corps qui se rencontrent.
La lumière s'éteint, les corps disparaissent, et une pensée me traverse : un champ de forces diffuses, avec paradoxalement des corps ancrés mais sans poids. Sans poids. Frissons.
Claire Cornil s'est inspirée de Francis Bacon, du poême du même nom de Rainer Maria Rilke et des écrits de
Deleuze.
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