Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
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"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
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Danse

TNT - 1er décembre

ErectionPhoto1bis.jpg

Un homme seul est allongé, fondu dans un sol découpé de bandes blanches ou noires, très tranchées. Ce solo s’avère d’ailleurs être un duo avec la lumière. C’est dans ce dialogue permanent que l’homme couché, l’horizontal, devient hommo erectus pour finalement fusionner avec cette dernière et devenir … quoi exactement ?

La progression est très habilement et subtilement menée, le dispositif scénique et sonore, avec lumière et vidéo est d’une grande intelligence faisant d’Erection une œuvre totale.
La gestuelle tend entre animalité et quelque chose de plus schématique à l’image de cet environnement fait de lignes, de quadrillages, de figures géométriques. 

Dès le départ, me semble-t-il, il y a cette double lecture : l’évolution de l’espèce humaine comme le présente la description de la pièce, avec cet intéressant échange avec la lumière qui peut renvoyer à une symbolique religieuse, spirituelle mais aussi cette étonnante modernité qui va au-delà des moyens de haute technologie utilisés pour les intégrer dans une mise en scène qui m’a renvoyée à des références plus contemporaines d’un monde informatisé, mis en réseau, à un imaginaire liant cybernétique et intelligence artificielle. Est-ce cela que Pierre Rigal et Aurélien Bory entendent par « homme social », est ce que c’est moi qui extrapole ?

Erection m’a paru très proche, sur beaucoup de points, visuels mais également sur le fond, du film de Kubrick : 2001 l’odyssée de l’espace, ici odyssée de l’espèce, du film à la danse, une lettre de différence, une même projection inquiète de l’humanité ? 
Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /2007 13:16
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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20 novembre - TNT Toulouse

heddy-maalem.jpg   Je viens de lire à l'instant la feuille de soirée et les paroles d'Heddy Maalem, la dernière phrase m'interpelle plus particulièrement : "Contempler le Monde-Terre, en comprendre le fruit avant que ne survienne ... la mort en ce jardin."

Tout le long du champ de forces, j'ai été prise d'images, de beauté, d'une sensation de réel et d'iréel.

L'entrée en matière est un fil conducteur qui va me tenir tout le long : une figure de face,  à peine perceptible, fugace, une présence fantomatique, entre réalité et irréalité, vie et mort.
La lumière est ainsi le médiateur des corps, le fil tendu entre deux mondes.
Dans cette figure de face, déjà l'idée d'une transmission ou captation, je ne sais pas trop : prendre au public, donner au public, apparaît, disparaît, un appel, un adieu.
Ainsi, dans le toucher, les contacts de corps, quelque chose se prend, se transmet, sur scène c'est réel, vers le public, déjà, on ne sait plus, vers quoi on tend.

Dans le premier tableau, les corps vivants, une masse de corporaités diverses, pointés vers une figure de proue qui tombe au sol. Les chutes amènent cet étonnant ancrage, la fragilité n'est pas dans la chute, dans ces présences, mais plutôt dans l'environnement qui leur donne réalité ou les emporte dans l'obscurité. 
Les corps ont un ancrage très fort, plantent racines profondes. Il y a avec le sol une prise d'assurance et de légèreté. Aucun désir d'envol chez ces danseurs, les sauts sont plus dans l'affirmation du sol, le tracé d'une bande horizontale qui circonscrit leur espace, comme la scénographie qui rapproche le ciel (et qui prendra encore plus figure dans le tracé lumineux de bandes vers la fin du spectacle). Toute disparition-apparition se fait sur notre Terre en quelque sorte, en fuite du public, ou en marges de la scène. Les corps vivent mais rarifient le mouvement, ils partent d'une impulsion, puis vont remplir le vide.

La beauté de ces corps, tout ce concentré de beauté, dont les mouvements, l'écriture chorégraphique met en valeur chaque articulation musculaire de ces interprètes aux différentes origines raciales (il manquerait juste le continent sud américain ;) ) amène un idéal d'universalité, une aspiration à la perfection, mais aussi, la conscience de la valeur allégorique de cette représentation et sa contamination par la présence diffuse de l'angoisse primordiale qu'est la mort.

C'est d'ailleurs ainsi que j'ai vu dans la troisième partie, la présence de l'élément liquide, de l'eau, avec des bras, un haut du corps qui s'échappe dans une fluidité tandis que le bas du corps s'harnache dans un grand plié seconde. L'eau, le styx, le passage. Vient la figure du vent, le dialogue des âmes, et des corps insectes, nature, anima animus, animisme.
Chez les chamanes, l'animal magique est imprévisible. Il y a bien transe mais pas imprévisibilité chez ces êtres. 

Dès lors on retourne aux hommes et femmes, on cherche une autre issue, une autre réponse. Les faces à faces féminins sont faits d'insolence, d'impertinence, quelque chose d'espiègle de complètement réel, humain. Vient des dialogues amoureux, une énergie qui se transmet dans la douceur de corps qui se rencontrent. 
La lumière s'éteint, les corps disparaissent, et une pensée me traverse : un champ de forces diffuses, avec paradoxalement des corps ancrés mais sans poids. Sans poids. Frissons.

☼ ☼ ☼ ☼ ☼
Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /2007 11:10
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 2 commentaires
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Projet Corpus Media - Villeneuve-Tolosane

Syntonie-Pulx.JPG  Mercredi 26 septembre

En mouvement et porteuse du projet : Elsa Decaudin, à l’image : Bastien Defives, au son et à la lumière : Jean Philippe  Lambert

C'était la toute première représentation de Syntonie, avec donc la fragilité d'une pièce qui se donne pour la première fois au public.
Syntonie est composé d'un trio : danseuse, musicien, photographe. Le public est conduit sur la scène, chaque séquence devant s'apprécier dans une grande promiscuité, proximité, certains passages jouant sur l'intimité. A chaque fois, le trio interroge de façon ludique, l'idée du cadre de scène et de l'image, du point de vue, de l'instantanéité de la photo et de la fluidité du mouvement, de la répétition et du déplacement de la perception.
Certains passages souffrent très furtivement d'un manque d'écriture mais l'importance de l'instant volé prime. Je retiens notamment, dans les loges, l'éclosion d'une main végétale, florale, cette évocation de l'éphémère dans la beauté d'une articulation tout en doigté.



Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /2007 15:32
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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Caserne des pompiers - Avignon off - juillet 07


clara-cornil.jpg  Claire Cornil s'est inspirée de Francis Bacon, du poême du même nom de Rainer Maria Rilke et des écrits de Deleuze.

Elle présente un duo féminin, un duo de présences qui parfois s'inscrivent dans la danse. Celle-ci est ténue, tantôt insecte, découpée au sol, presque une dissection. Elle se déplace et semble sans cesse souligner le vide entre ces deux corps, l'absence de liens, de contacts. Faudra attendre la fin de la pièce pourqu' ait enfin lieu la rencontre. 
Ces deux corps sont forts de présence mais presque désincarnés, seul le regard reste habité tandis que s'esquissent grimaces et déformations du visage. 
Elles jouent sur une certaine lenteur dans la composition, goûtent le vide tandis que la musique envahit l'espace.

Je n'ai pas retrouvé la force et la violence de Bacon. Le jeu sur ces présences habitées-désincarnées reste convenu malgré la qualité de l'interprétation. La danse est intéressante mais comme souvent dans ce type de démarche, souffre un peu d'engourdissement dans son ensemble.

C'était quand même un joli moment.

☼ ☼ ☼


(et pour le plaisir ...)
Le poême de Rainer Maria Rilke

Portrait intérieur

Ce ne sont pas des souvenirs
qui, en moi, t'entretiennent ;
tu n'es pas non plus mienne
par la force d'un beau désir.

Ce qui te rend présente,
c'est le détour ardent
qu'une tendresse lente
décrit dans mon propre sang.

Je suis sans besoin
de te voir apparaître ;
il m'a suffi de naître
pour te perdre un peu moins.
Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /2007 07:59
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 1 commentaires
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Caserne des pompiers - Avignon off 2007 herve-diasnas.jpg


Chorégraphie - interprétation : Hervé Diasnas
Musique - interprètes : Patricia Dallio et Yakari Bertocchi Hamada


Le dispositif scénique et sonore étaient tout à fait intéressants. Deux pans de scène de petites surfaces, de part et d'autre les deux musiciennes electroacousticiennes et au centre, le danseur. 

La danse d'Hervé Diasnas est composée de microtensions, dont la fuite se poursuit dans des chutes et des rebondis, un dos reptilien, des mains arachnéennes.

La musique en est son excroissance, sa matière, son enveloppe communicante.

La danse fait corps avec la musique, la musique donne corps à la danse.

Toutefois me semble-t-il, la richesse corporelle d'Hervé Diasnas se prend à son propre piège et s'écrit dans la répétition, dans un développement paradoxalement linéaire.

Il ne manque pas grand chose pourtant pour que le spectateur fasse partie de cet accord.


☼ ☼ ☼
Jeudi 26 juillet 2007 4 26 /07 /2007 07:38
- Par Sarah - Publié dans : Danse - Voir les 0 commentaires
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