Mea Culpa

"La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale."
Pierre Desproges (1939-1986)
 
 
 
"La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l'Amérique. "
Eça de Queirós, José Maria (1845-1900)
 

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Festival d'Avignon - 10 juillet 2010


Le fil conducteur peut paraître un prétexte fragile : prendre l'ouvrage Merce Cunningham, un siècle de danse et tourner les pages de ce livre d'images qui retrace l'oeuvre du maître pour créer un event : "la danse a lieu entre deux postures, deux positions. Je suppose ainsi qu'il est possible d'inventer une pièce à partir de cette partition d'images, performée du début à la fin.
D'un côté, il s'agirait d'une pièce purement « fake Cunningham », mais de l'autre, je pense que si nous y parvenons, c'est au contraire réellement d'une pièce de Cunningham qu'il s'agirait, un event méta-Cunninghamien avec un aperçu de toute sa vie et son œuvre...
Je considère que cette expérience est partie intégrante de notre recherche, de notre intérêt spécifique pour la question de l'archive, de l'histoire et des partitions, qui pourrait ici rencontrer sa dimension tumultueuse : l'histoire tout entière de l'œuvre d'une vie devenue livre, transformée à son tour en une pièce élaborée par une poignée de danseurs. » (Charmatz)


En réalité, il n'y a là aucun prétexte mais une intelligence fine, impertinente et non dépourvue d'humour. J'aime voir l'appropriation libre par un chorégraphe qui écrit le présent de la danse, d'une oeuvre qui appartient à l'histoire de cet art, la circulation entre le passé et le présent.

Le rapport aux images, sa mise en mouvements, se fait dans une grande jubilation. Un mouvement, performé, certes cultivé, mais un rien espiègle, comme une éternelle jeunesse pour ceux qui sont dedans, dans le vivant de notre temps, flux continu, contenant d'éphémère.


Aujourd'hui, des grands sont partis, dans le silence : Odile Duboc, Pina Bausch, Merce. Sans nostalgie, la danse a une mémoire vive, Charmatz m'a fait entrer dans son mouvement.

 

avec François Chaignaud, Boris Charmatz, Raphaëlle Delaunay, Olivia Grandville, Christophe Ives, Marlène Monteiro-Freitas

libre interprétation d'après les photos du livre Merce Cunningham, un demi-siècle de danse de Davis Vaughan, direction de l'ouvrage Mélissa Harris, Editions Plume, 1997

Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 14:09
- Publié dans : Danse - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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Théâtre Garonne Toulouse - Mars 2010


  welcome-to-nowhere C'est une pièce de théâtre, étonamment cinématographique. Les comédiens jouent le face à face au public, dans un clair-obscur qui les voile suffisamment pour en faire des présences énigmatiques, charismatiques. Ce sont d'ailleurs bien plus des présences que des comédiens en actions, narrateurs au verbe qui serpentine sur la route sinueuse d'un road movie. Nous sommes dans l'Amérique des grands espaces où les âmes prennent la fuite, les humains errent, où les monstres sont leur ombre, images crades de motel, huis clos, proximité des corps de sexe opposé dans l'ambiguité de relations à la violence sous-jacente.

Une bande-écran surplombe les narrateurs : projections des actions de ces êtres statiques? projections d'une fiction ? d'une réalité ? projections fantasmagoriques ?

Le film est un vrai film, avec une mise en scène qui participe pleinement à cette ambiance étrange, mâtinée de Lynch, ou de cette culture cinématographique américaine suffisamment intériorisée pour que nous en captions certains de ses codes.

De là la question : si le spectacle vivant se définit par la présence physique des interprètes, nous sommes devant un bien étrange objet. Les comédiens sont des présences, narrateurs d'une histoire qui se déroule sur l'écran plus que sur scène. Et pourtant, leur présence, la musique, le va et vient entre les deux espaces de fiction ; la scène/l'écran, amène le vivant sur le sentier de frontières troubles et nous envoûte tout autant qu'il mord la face noire de nos angoisses.

 

Créé par Kenneth Collins et William Cusick

Texte et mise en scène Kenneth Collins

Vidéo William Cusick

Avec Nick Bixby, Stacey Collins, Brian Greer, Lorraine Mattox

Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /2010 11:51
- Publié dans : Théâtre - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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San Francisco - fin février

La mise en scène est relativement simple : salle des pas perdus, hall d'aéroport ou de transit ... des voyageurs de différentes nationalités attendent.

Prétexte à un questionnement sur l'identité, dans cette mise en scène, la danse souffle virtuose dans cet espace claustophobique. Tout en déliés, serpentins, casseurs d'espace, les danseurs se présentent dans leur diversité et parfois jouent des effets de masse dans des séquences de groupe plus formelles mais néanmoins chargées d'une grande force.

Petites pointes d'humour d'ici de là, d'autres moments plus tendus, ponctuent d'effets dramatiques l'ensemble de la pièce. Nous en retiendrons surtout la danse, son écriture métissée.
Les effets de mise en scène finalement importent peu, tout est là. Une danse riche, écrite, mouvante et nourrie, marquée de chaque individualité et histoire, techniquement vertigineuse. Dans cet art, une grande liberté, au lieu de frontières, des personnalités corporelles et par nos regards, finalement, une forme d'universalité qui s'exprime unanime dans les applaudissements
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 17:16
- Publié dans : Danse - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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D'Aurélien Bory Pour Stéphanie Fuster
Théâtre Garonne - 17 janvier 2010


Stéphanie Fuster est une  belle interpète, loin des clichés du flamenco. Le flamenco, il en est bien question. Son apparât tout d'abord, un costume qui se met, s'enlève, donne forme et déforme. Aurélien Bory sait jouer des images, ludique. On sent bien que le flamenco, au-delà de ça, relève de l'intime. Espace confiné du petit algeco où nous pouvons voir ce qui se passe derrière la vitre. Une jeune femme qui vibre de tout son corps sur le son de la guitare et du chant. Tout cela reste très joli,  jusqu'à la fin, dans le petit carré d'eau, les vibrations, le rythme, le reflet. L'interpète y est prise de tout son corps.
Malheureusement dans la trame, quelques facilités, dans le déroulement quelques effets sans effets. L'instant peut nous charmer tout autant que nous ennuyer. Malgré cette jolie ambiance feutrée, questcequetudeviens souffre de paresse, de langueur et paradoxalement d'indolence.




Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 17:13
- Publié dans : Danse - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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Festival Circa à Auch - Samedi 24 octobre 2009

La réunion de 18 porteurs techniquement exceptionnels dans une même pièce est un événement. Il est d'ailleurs accueilli comme tel par le public et à priori par les professionnels.

L'introduction est intéressante : musée mouvant des techniques de portés et voltiges, dans le silence, sans fioritures,  simple, bien déployé dans l'espace, techniquement déjà très marqué.

La suite m'a laissée dubitative. Dans un entre-deux indéfini, entre mise en scène et absence de mise en scène, choix et absence de choix, découpé par plusieurs tentatives de lignes artistiques distantes les unes des autres. Des moments de solidarités chantées, bien dans la ligne de ce qui constitue le risque solidaire des porteurs et voltigeurs, avec une certaine naïveté gentille et une séquence de courses 'pour se donner la main' un peu maladroite. Des moments parodiques,  tout aussi teintés de cette impression de tendresse un peu trop molle.
Toutefois le Grand C capte le spectateur par son effet de groupe et de virtuosité. Je regrette juste qu'il n'y ait pas derrrière ce collectif une identité moins éparpillée et du coup plus affirmée.
Je garde le plaisir de ces corps qui s'escaladent, se portent et s'envolent, s'inversent et s'ancrent terre. Je regrette qu'ils n'y aient pas vu l'émotion que la sensualité du toucher, des corps différenciés pouvaient véhiculer au-delà de tous tableaux péniblement construits.

De, par et avec : Abdeliazide Senhadji, Airelle Caen, Anne de Buck, Antoine Thirion, Aurore Liotard, Caroline Leroy, Denis Dulon, Eloïse Bouillat, Emilie Plouzennec, Eve Bigel, Frederico Placco, Guillaume Sendron, Maxime Pervakov, Michaël Pallandre, Mikis Minier-Matsakis, Romain Guimard, Thibault Berthias, Tomas Cardus
Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 17:41
- Publié dans : Cirque - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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