N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos
articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).
| Septembre 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | |||||||
|
||||||||||
N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'envoyer vos
articles, billets d'humeur et autres traces écrites de vos dernières découvertes à l'adresse e-mail de ce blog (nectar.safran@hotmail.fr).
Festival d'Avignon - 10 juillet 2010
Le fil conducteur peut paraître un prétexte fragile : prendre l'ouvrage Merce
Cunningham, un siècle de danse et tourner les pages de ce livre d'images qui retrace l'oeuvre du maître pour créer un event : "la danse a lieu entre deux postures, deux positions. Je suppose
ainsi qu'il est possible d'inventer une pièce à partir de cette partition d'images, performée du début à la fin.
D'un côté, il s'agirait d'une pièce purement « fake Cunningham », mais de l'autre, je pense que si nous y parvenons, c'est au contraire réellement d'une pièce de Cunningham qu'il s'agirait, un
event méta-Cunninghamien avec un aperçu de toute sa vie et son œuvre...
Je considère que cette expérience est partie intégrante de notre recherche, de notre intérêt spécifique pour la question de l'archive, de l'histoire et des partitions, qui pourrait ici rencontrer
sa dimension tumultueuse : l'histoire tout entière de l'œuvre d'une vie devenue livre, transformée à son tour en une pièce élaborée par une poignée de danseurs. » (Charmatz)
En réalité, il n'y a là aucun prétexte mais une intelligence fine, impertinente et non dépourvue d'humour. J'aime voir l'appropriation libre par un chorégraphe qui écrit le présent de la danse, d'une oeuvre qui appartient à l'histoire de cet art, la circulation entre le passé et le présent.
Le rapport aux images, sa mise en mouvements, se fait dans une grande jubilation.
Un mouvement, performé, certes cultivé, mais un rien espiègle, comme une éternelle jeunesse pour ceux qui sont dedans, dans le vivant de notre temps, flux continu, contenant
d'éphémère.
Aujourd'hui, des grands sont partis, dans le silence : Odile Duboc, Pina Bausch, Merce. Sans nostalgie, la danse a une mémoire vive, Charmatz m'a fait entrer dans son mouvement.
avec François Chaignaud, Boris Charmatz, Raphaëlle Delaunay, Olivia Grandville, Christophe Ives, Marlène Monteiro-Freitas
libre interprétation d'après les
photos du livre Merce Cunningham, un demi-siècle de danse de Davis Vaughan, direction de l'ouvrage Mélissa Harris, Editions Plume, 1997
Théâtre Garonne Toulouse - Mars 2010
C'est une pièce de théâtre, étonamment cinématographique. Les comédiens jouent le face à face
au public, dans un clair-obscur qui les voile suffisamment pour en faire des présences énigmatiques, charismatiques. Ce sont d'ailleurs bien plus des présences que des comédiens en actions,
narrateurs au verbe qui serpentine sur la route sinueuse d'un road movie. Nous sommes dans l'Amérique des grands espaces où les âmes prennent la fuite, les humains errent, où les monstres sont
leur ombre, images crades de motel, huis clos, proximité des corps de sexe opposé dans l'ambiguité de relations à la violence sous-jacente.
Une bande-écran surplombe les narrateurs : projections des actions de ces êtres statiques? projections d'une fiction ? d'une réalité ? projections fantasmagoriques ?
Le film est un vrai film, avec une mise en scène qui participe pleinement à cette ambiance étrange, mâtinée de Lynch, ou de cette culture cinématographique américaine suffisamment intériorisée pour que nous en captions certains de ses codes.
De là la question : si le spectacle vivant se définit par la présence physique des interprètes, nous sommes devant un bien étrange objet. Les comédiens sont des présences, narrateurs d'une histoire qui se déroule sur l'écran plus que sur scène. Et pourtant, leur présence, la musique, le va et vient entre les deux espaces de fiction ; la scène/l'écran, amène le vivant sur le sentier de frontières troubles et nous envoûte tout autant qu'il mord la face noire de nos angoisses.
Créé par Kenneth Collins et William Cusick
Texte et mise en scène Kenneth Collins
Vidéo William Cusick
Avec Nick Bixby, Stacey Collins, Brian Greer, Lorraine Mattox
* Commentaires *