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D'Aurélien Bory Pour Stéphanie Fuster
Théâtre Garonne - 17 janvier 2010


Stéphanie Fuster est une  belle interpète, loin des clichés du flamenco. Le flamenco, il en est bien question. Son apparât tout d'abord, un costume qui se met, s'enlève, donne forme et déforme. Aurélien Bory sait jouer des images, ludique. On sent bien que le flamenco, au-delà de ça, relève de l'intime. Espace confiné du petit algeco où nous pouvons voir ce qui se passe derrière la vitre. Une jeune femme qui vibre de tout son corps sur le son de la guitare et du chant. Tout cela reste très joli,  jusqu'à la fin, dans le petit carré d'eau, les vibrations, le rythme, le reflet. L'interpète y est prise de tout son corps.
Malheureusement dans la trame, quelques facilités, dans le déroulement quelques effets sans effets. L'instant peut nous charmer tout autant que nous ennuyer. Malgré cette jolie ambiance feutrée, questcequetudeviens souffre de paresse, de langueur et paradoxalement d'indolence.




Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 17:13
- Publié dans : Danse - Par Sarah - Ecrire un commentaire
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Festival Circa à Auch - Samedi 24 octobre 2009

La réunion de 18 porteurs techniquement exceptionnels dans une même pièce est un événement. Il est d'ailleurs accueilli comme tel par le public et à priori par les professionnels.

L'introduction est intéressante : musée mouvant des techniques de portés et voltiges, dans le silence, sans fioritures,  simple, bien déployé dans l'espace, techniquement déjà très marqué.

La suite m'a laissée dubitative. Dans un entre-deux indéfini, entre mise en scène et absence de mise en scène, choix et absence de choix, découpé par plusieurs tentatives de lignes artistiques distantes les unes des autres. Des moments de solidarités chantées, bien dans la ligne de ce qui constitue le risque solidaire des porteurs et voltigeurs, avec une certaine naïveté gentille et une séquence de courses 'pour se donner la main' un peu maladroite. Des moments parodiques,  tout aussi teintés de cette impression de tendresse un peu trop molle.
Toutefois le Grand C capte le spectateur par son effet de groupe et de virtuosité. Je regrette juste qu'il n'y ait pas derrrière ce collectif une identité moins éparpillée et du coup plus affirmée.
Je garde le plaisir de ces corps qui s'escaladent, se portent et s'envolent, s'inversent et s'ancrent terre. Je regrette qu'ils n'y aient pas vu l'émotion que la sensualité du toucher, des corps différenciés pouvaient véhiculer au-delà de tous tableaux péniblement construits.

De, par et avec : Abdeliazide Senhadji, Airelle Caen, Anne de Buck, Antoine Thirion, Aurore Liotard, Caroline Leroy, Denis Dulon, Eloïse Bouillat, Emilie Plouzennec, Eve Bigel, Frederico Placco, Guillaume Sendron, Maxime Pervakov, Michaël Pallandre, Mikis Minier-Matsakis, Romain Guimard, Thibault Berthias, Tomas Cardus
Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 17:41
- Publié dans : Cirque - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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 Ceci n'est pas un article mais l'extrait d'un échange de mails (donc pas écrit initialement pour être publié) à propos du très bon Milk de Gus Van Sant

"(...)
Sarah - Alors voilà ce qui me posait question : on voit Milk qui commence à sympathiser avec Dan White (il va au baptême) discute avec lui et commence à se le mettre dans la poche. Puis contrairement à toutes attentes il n'approuve pas son projet de loi sans qu'on sache vraiment si c'est par conviction ou pour l'emmerder. C'est assez soudain et inattendu dans le sens où même s'il voulait voter contre, la logique aurait été de le prévenir pour adoucir cette prise de position. Par la suite, on a vraiment l'impression qu'il fait tout pour durcir leurs relations. En  fait je ne comprends pas ce revirement, alors qu'il m'avait semblé qu'il avait bien cerné le personnage de Dan White qui est un peu brut de décoffrage mais pas foncièrement méchant au départ.
Je me suis dit qu'il y avait quand même une part sombre dans le personnage de Milk dans le sens où il trace et a un peu des oeillères, il ne prend pas trop en compte les affects de ceux qui l'entourent. Il ne s'agit pas de Dan White mais aussi de ses compagnons : on voit que son premier compagnon le quitte et le deuxième se suicide (et ce n'est pas le premier suicide puisqu'un de ses premiers compagnons s'est suicidé). Le passage où il veut forcer un de ses amis à faire son coming out à ses parents peut aussi être un autre exemple. 
 
Alors, je ne sais pas si c'est moi qui voit les choses plus noires qu'elles ne le sont réellement ?

Christel - Le truc, à mon avis, c'est que ce film idéalise Milk, que c'est un film militant. Il y a encore besoin d'être militant pour la cause gay (entre autres) aux E-U de nos jours (pas que là, bien sûr). Donc c'est difficile de faire la part entre les points positifs et négatifs de sa personnalité et de son action, je pense que c'est trop frais encore.
 
Or, dès qu'on parle de politique, et d'un militant devenant homme politique, on devrait parler de compromissions. Effectivement on a l'impression que Milk était prêt à faire des compromis, des marchés, mais qu'il a changé de tactique en mettant Dan White (l'assassin) au pied du mur.
 
Moi, j'ai compris que c'est la pression du milieu militant (stratégie agressive) dans lequel baigne Milk qui le fait changer de tactique. D'ailleurs, lors du conciliabule tendu que Dan et Harvey ont dans la salle du conseil municipal, Harvey lance à Dan: "Qu'est-ce que tu crois, moi aussi j'ai des pressions!"
Effectivement, il oublie son argument du début: ménageons White parce qu'il représente beaucoup d'électeurs. Il l'oublie parce que White est sur le déclin alors que ça décolle sacrément pour lui au niveau de l'opinion publique et des soutiens politiques. Du coup, il le zappe comme il zappe ses compagnons mais ça c'est le cas de tous les hommes politiques qui plus est militants (en tout cas, s'il on en croit les bio-pics assez nombreux que j'ai déjà vus, j'avoue c'est un peu mon péché mignon). Disons que c'est un topos (lieu commun) de ce genre cinématographique. Est-ce que ça recouvre la réalité? Certainement en partie.
 
Il fait fi de la possible mauvaise réaction de Dan White parce que, en quelque sorte, il ne touche plus terre. D'ailleurs, politiquement parlant, la stratégie s'est révélée bonne. Autre question: est-ce qu'elle recouvre des convictions? Oui, bien sûr, et en même temps, il a appliqué les conseils de son staff qui a des convictions très fortes qui se mêlent inéluctablement à l'intérêt. On ne peut démêler les deux, à ce niveau. Je crois que ce film nous fait un peu comprendre, à nous Européens, qui avons du mal avec cette notion, ce que c'est qu'un lobby: une organisation communautaire appuyée au départ sur des revendications liées aux droits de l'homme contraintes de se constituer en machine électorale et médiatique (d'ailleurs le mot "machine" en anglais est intéressant, traduit par "système"). Juste avant sa mort, Milk dit à Moscone (le maire): "Un homosexuel avec du pouvoir!" C'est d'ailleurs cet argument qui incite le maire à ne pas réintégrer Dan White: il se met du côté de celui qui pèse le plus.
 
Dernier point : il ne faut pas oublier que le film est de Gus Van Sant, qui a mis en image à de nombreuses reprises sa fascination pour le tueur, imprévisible auteur de massacre, dans le genre de Dan White. Celui-ci est à mon avis le point à partir duquel il faut regarder le personnage Milk, c'est un contrepoint. Maintenant, comment regarder Milk, à partir de White, la question demeure: il faut réfléchir et peut-être s'aider des autres films que je ne connais pas. La problématique, en tout cas, est là.
(...) "



Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /2009 17:02
- Publié dans : Cinéma - Par Sarah et Christel - Ecrire un commentaire
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Vendredi 6 février au TNT Toulouse - Festival C'est de la danse contemporaine

La scène est fracturée de deux pans obliques tandis qu'un troisième en fond de scène complète la mise en espace des volumes. Solos, duos, trios, quatuors se succèdent : les interprètes jouent avec le déséquilibre, se mêlent et s'entremêlent dans une danse, musicale et technique, esthétique et complètement anachronique. Les Impromptus auraient pu voir le jour dans les années quatre-vingt, dans le plaisir de la danse et de la musique, avant la vague plus conceptuelle et avant-gardiste. Les interprètes courrent et dansent.
Bien sûr, il y a l'intermède plus grave, où les danseurs se tachent de peinture rouge, barbouillent le sol. L'instant devenu plus grave, forcément les danseurs ne dansent plus.
Pourquoi anachronique ? Parce que l'heure n'est plus au simple plaisir de danser et bien que Sasha Waltz choisisse le parti pris des corps et de la beauté, finalement elle ne s'y tient pas, elle sent que cela ne peut plus être et se perd dans quelques effets de dramaturgie entre le chant à capella, la peinture, le bain. Comment occuper une scène et danser ces impromptus dans la liberté de ce titre ? Est-ce seulement encore possible ?
De là, je me surprends à me demander : où est la danse ? Depuis Bagouet et à part des compagnies néo-classiques comme Forsythe, Preljocaj qu'on ne saurait plus trop définir, l'écriture chorégraphique ne sait trop comment s'inscrire dans notre époque contemporaine. Comme si la danse avait une légèreté insupportable, difficile à faire entrer en terre quand l'époque est plus sombre, comme si le corps était trop vivant. Chopinot du coup, étouffe ces corps dans le carcan des costumes et les cache d'un pelle. Maguy Marin les rend fantasmagoriques et présences lancinantes dans des visions qui tiennent d'un onirisme angoissé. Où est la danse ? Où est partie l'envie de danser des auteurs qui sont initialement des danseurs et pourquoi la danse, ainsi choisit par Sasha Waltz me semble tellement anachronique ? Scénographie, dramaturgie et danse semblent se regarder en chien de faïence comme si cette dernière épuisait tout ressort créatif dans son propre jaillissement et rendait impossible toute parole sur le monde qui nous entoure.

Où est la danse et que dire de l'humain ? Les créateurs ne peuvent plus exprimer l'humain par la danse, le silence se fait et il déplacent le corps du danseur  comme une entité plastique, un élément mobile et charismatique d'un dispositif. Est-il devenu douloureux de le regarder en face, de le sentir vivant, de le regarder bouger ? Pourquoi cette impression de vacuité ? Pourquoi quand cela est tenté, je ressens un tel anachronisme ?

Sasha Waltz évacue toutes ces questions dans une esthétique formelle d'un autre âge et je suis seule face à ces interrogations.

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Direction de la chorégraphie : Sasha Waltz ; Danse et chorégraphie : Maria Marta Colusi, Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola, Luc Dunberry, Michal Mualem, Yael Schnell, Claudia de Serpa Soares, Xuan Shi ; Scénographie : Thomas Schenk, Sasha Waltz ; Création costumes : Christine Birkle ; Création lumières : Martin Hauk ; Piano : Margaretha Heller ; Maquilleuse : Kati Heimann

Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /2009 17:17
- Publié dans : Danse - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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TNT - Festival C'est de la danse contemporaine - samedi 31 janvier 20h30

"La Nature est une somme infinie dont les éléments ne s'additionnent pas pour former un tout, une puissance au nom de laquelle les choses existent une à une, sans possibilité d'unification qui l'exprimerait toute entière, une affirmation du mutliple et du divers comme sources de joie".

Je n'ai pas vu Haha. Si je devais faire un bilan, dans l'ordre chronologique des créations, je citerai : May B, Cendrillon, Coppelia, Umwelt, Turba. Autant dire que c'est peu dans le répertoire de la dame que j'ai toujours considéré comme une visionnaire. Suffisant pour sentir qu'il y a une grande cohérence dans les oeuvres et une évolution, qui tend vers quoi ? Là, c'est plus difficile à dire.

Je ne sais pas si je cherche tant à comprendre Turba que Maguy Marin, comme un promeneur solitaire, qui face à une bouteille jetée en mer, se prête à de drôles de rêveries.
Je l'y vois telle une membrane qui vibre aux échos de ce monde, d'ici et d'ailleurs, saturée d'images. Le terme même d'images est un peu figée et trop statique, il y manque la qualité impressive et sa force presque incantatoire.
La qualité vibratoire et visuelle sont deux traits qui saisissent dans les pièces de Maguy Marin et notamment les plus récentes. Il y a un élan cyclique, continu et hypnotique. De suite, on se situe dans le le pressentiment, le fatum, l'inéluctabilité. Si le vent du nord rend fou, ici, le souffle est plein de sensations visuelles fantasmagoriques, brillamment orchestrées et impérieuses.

C'est une expérience. La scénographie est somptueuse. La richesse de ce qui se joue sur scène me perd le plus souvent. Et pourtant, au-delà de tout argument, j'ai l'intuition qu'il s'y joue quelque chose de majeur.
Je ne crois pas non plus, que les éléments de la nature ne s'additionnent pas pour former un tout et ne soient que la somme infinie d'éléments distincts : face à la mort, sûrement, pour le reste, il y a, comme devant une pièce de Maguy Marin, une conscience du vivant qui saisit l'ensemble, se saisit soi-même, et se perd dans les méandres de sa Nature avec tout ce bagage.

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Conception et réalisation : Maguy Marin, Denis Mariotte ;
En étroite collaboration avec : Ulises Alvarez, Yoann Bourgeois, Jordi Gali, Peggy Grelat Dupont, Sandra Iché, Matthieu Perpoint, Cathy Polo, Jeanne Vallauri, Vania Vaneau, Vincent Weber, Yasmine Youcef ;
Musique : Franz Schubert, Denis Mariotte;
Textes extraits de : Lucrèce, De rerum natura;
Lumières : Judicaël Montrobert;
Costumes et mannequins : Montserrat Casnova, assistée de Claudio Verdejo, Martin Peronard;
Eléments de décor : Louise et Michel Gros;
Son : Antoine de Garry

Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 16:38
- Publié dans : Productions artistiques Non Identifiées - Par Sarah Barreda - Ecrire un commentaire
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